Budget européen : la Pologne « ne peut accepter » un mécanisme lié à l’Etat de droit

Les gouvernements polonais et hongrois refusent leur feu vert à une décision permettant à l'UE de s'endetter pour financer le plan de relance, retardant le processus de ratification par les parlements nationaux. [EPA-EFE/Pawel Supernak POLAND OUT]

Le Premier ministre polonais Mateusz Morawiecki a envoyé une lettre aux dirigeants européens leur signifiant que son pays « ne pouvait accepter » la mise en place d’un mécanisme permettant de priver de fonds européens les pays membres accusés de violer l’Etat de droit.

« J’ai récemment envoyé une lettre aux dirigeants européens afin de souligner notre position en ce qui concerne un mécanisme conditionnant le budget de l’UE », a écrit le chef du gouvernement sur facebook.

Un tel mécanisme serait « basé sur des critères arbitraires et politiquement motivés », a-t-il fait valoir, ajoutant que l’accepter reviendrait à « légitimer une politique de deux poids deux mesures » parmi les pays membres.

« C’est pourquoi la Pologne ne peut accepter ce mécanisme », a-t-il poursuivi.

Cette lettre de la Pologne intervient après une autre missive similaire de la Hongrie réitérant sa farouche hostilité à ce mécanisme, menaçant d’opposer son veto au budget européen de plus de 1.000 milliards d’euros, par la voix de sa ministre de la Justice.

Ce nouveau mécanisme doit désormais être formellement adopté par le Parlement européen, dont le feu vert est indispensable pour valider le budget pluriannuel de l’UE, et les gouvernements des 27.

Après avoir établi l’existence d’une violation par un Etat avec un impact direct et « suffisant » sur le budget, ou même un « risque «  de violation, la Commission européenne pourrait proposer de déclencher le mécanisme et le Conseil disposera d’un mois pour adopter des sanctions à la majorité qualifiée.

Les gouvernements polonais et hongrois refusent leur feu vert à une décision permettant à l’UE de s’endetter pour financer le plan de relance, retardant le processus de ratification par les parlements nationaux.

L’Allemagne avait fait voter fin septembre par une majorité de pays membres un compromis sur l’Etat de droit. Mais neuf d’entre eux avaient voté contre, dont la Hongrie et la Pologne, dans le collimateur de Bruxelles pour des réformes accusées de saper l’indépendance de la justice.

https://www.facebook.com/MorawieckiPL/posts/388421415835727

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