La Bulgarie vole au secours d’Orbán

epa05542572 Boyko Borissov (à gauche) et le Premier ministre hongrois Viktor Orban (à droite) font une blague alors que le Président de la Commission européenne Jean-Claude Juncker (à droite) marche après une photo de groupe prise au château de Bratislava pendant le sommet européen de Bratislava, une réunion informelle des 27 chefs d'État ou de gouvernement, à Bratislava, Slovaquie, 16 septembre 2016. EPA/YVES HERMAN / POOL [Pool/EPA/EFE]

Le gouvernement bulgare s’est positionné sans surprise contre l’éventuelle procédure de l’article 7 demandée par le Parlement européen à l’encontre de la Hongrie de Viktor Orbán.

Au nom de la coalition des « Patriotes unis », le vice-Premier ministre bulgare Krassimir Karakachanov, a annoncé ne pas soutenir la motion du Parlement européen visant à déclencher une procédure contre la Hongrie au titre de l’article 7. Les eurodéputés ont voté en faveur de cette action le 12 septembre.

Krassimir Karakatchanov, qui est également ministre de la Défense, a expliqué que la prise de position des Patriotes unis sur la Hongrie a été unanimement acceptée lors d’une réunion du gouvernement. Pour lui, l’invocation de l’article 7 revient à violer la souveraineté d’un État membre.

« Aujourd’hui c’est la Hongrie, des tentatives ont été faites contre la Pologne, un jour ce sera peut-être au tour de la Bulgarie », a-t-il assuré. Sofia est en effet régulièrement critiquée par Bruxelles pour son inefficacité face à la corruption.

En réalité, la Hongrie est déjà soumise à une procédure au titre de l’article 7, ce qui pourrait lui faire perdre son droit de vote au Conseil des ministres. La présidence bulgare du Conseil européen a d’ailleurs fait de son mieux pour faire oublier ce dossier durant son mandat, qui a pris fin le 1er juillet.

Les eurodéputés veulent déclencher l’article 7 contre la Hongrie

Les eurodéputés ont voté en masse pour déclencher l’article 7 du traité de Lisbonne contre la Hongrie. A l’inverse, Jean-Claude Juncker n’avait envoyé aucun message clair contre les violations de l’état de droit de Budapest.

Valeri Simeonov, n’a pas hésité à clamer que l’UE avait déclenché une « répression » « justifiée par aucun fait » contre la Hongrie.

Krassimir Karakachanov est allé plus loin, ajoutant que la procédure de l’article 7 équivalait à l’invasion de la Tchécoslovaquie par le Pacte de Varsovie en 1968.

Le ministre de l’Écologie Neno Dimov, négationniste du changement climatique, a pour sa part déclaré que les pays d’Europe centrale et orientale étaient ciblés par ces mesures injustes et devaient s’organiser pour mieux se défendre.

La majorité du parti GERB de Boyko Borissov dépend de sa coalition avec les Patriotes unis, un groupe composé d’Ataka, l’extrême droite de Volen Nikolov Siderov, le Front national pour le salut de la Bulgarie de Valeri Simeonov, et le VMRO, un parti politique qui prétend être le successeur de l’Organisation révolutionnaire macédonienne interne historique. Krassimir Karakachanov, chef de file du VMRO, et Valeri Simeonov sont devenus vice-Premiers ministres, tandis que Volen Nikolov Siderov est chef du groupe du Patriote uni à l’assemblée nationale.

Le 12 septembre, les eurodéputés du GERB (affiliés au PPE) ont voté contre la motion du Parlement européen. Il n’est pas surprenant que deux eurodéputés affiliés au CRE, et un membre bulgare du S&D aient fait de même. Au total, huit élus bulgares ont rejeté la proposition, cinq ont voté pour, un s’est abstenu et trois n’ont pas voté du tout.

Bien que Viktor Orbán fasse partie de la famille politique du PPE, il a de nombreux admirateurs parmi les socialistes bulgares, qui partagent son opposition à la politique migratoire européenne et sa proximité avec Vladimir Poutine.

Les rapports de presse ne font aucune mention de la position de Boyko Borissov, admirateur reconnu de Viktor Orbán. Les deux hommes se côtoient depuis de nombreuses années et sont, après Angela Merkel, les deux dirigeants ayant assisté au plus grand nombre de sommets européens

Timmermans accuse le Premier ministre hongrois de «lâcheté»

Le débat incendiaire qui s’est déroulé autour de la Hongrie illustre les divisions profondes du Parti populaire européen, dont est membre le Fidesz, le parti de Viktor Orbán.

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