Boyko Borissov tacle l’organisation du sommet européen

Boyko Borissov

Le Premier ministre bulgare a accusé les chefs d’Etat et de gouvernement d’avoir renégocié inutilement lors du sommet européen des décisions déjà actées sur la crise migratoire.

Le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov, a dénoncé la méthode de travail du dernier conseil européen, consacré à la crise de l’immigration.

Pour Boyko Borissov, dont la pays a assuré la présidence tournante de l’UE au premier semestre 2018,  le travail préparatoire réalisé à Sofia sous la forme de réunions ministérielles, de rencontres entre ambassadeurs et groupes de travail, n’a pas été pris en compte par les chefs d’Etat et de gouvernement, qui ont tout pris de zéro.

Selon lui, le travail de préparation doit être réalisé à un niveau approprié et présenté lors du sommet pour validation. « Pourtant, tout ce qui a été fait avant a été mis de côté et les Premiers ministres ont recommencé depuis le début pour proposer des choses que la Bulgarie avait déjà proposé au Coreper [Comité des représentants permanents] il y a longtemps », a expliqué Boyko Borissov.

« Je suis content, mais je ne comprends pas pourquoi, en l’absence d’une crise réelle, et avec tant de psychodrame, nous restons jusqu’à 5h du matin pour adopter des décisions, pour que chaque Premier ministre rentre dans son pays vainqueur. C’est ça la tendance », a-t-il commenté.

Boyko Borissov s’est lui-même plié à la tradition puisque tout ce que la Bulgarie a proposé est inclus dans les conclusions du sommet, mais il a toutefois exprimé une certaine frustration.

« Ça m’énerve que tout le monde parle de l’Espagne, de l’Italie et de la Grèce, parce que la Bulgarie a fait sa part du travail. Le pays a d’ailleurs été cité en tant que bon exemple, mais j’ai demandé plusieurs fois à mes collègues de revoir leur géographie. Ils devraient lire et découvrir que nous avons une frontière maritime et terrestre avec la Turquie. »

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Boyko Borissov s’est montré beaucoup plus positif sur la décision de débloquer la seconde tranche de 3 milliards d’euros pour Ankara, dans le cadre de l’accord UE-Turquie, signé en 2016.

Il a rappelé que les dirigeants européens avaient accepté d’accueillir les migrants « sur une base volontaire », comme demandé par les pays de Visegrad, ce qu’il approuve également.

Quant aux « plateformes de débarquement », l’ancien pompier bulgare a déclaré que certains pays européens avaient « des relations historiques » avec les pays du nord de l’Afrique et que c’était à eux de négocier, sans oublier que ces pays « ont aussi leur fierté, tout comme nous ».

Il a ajouté que les chefs d’État s’étaient mis d’accord sur les « mouvements secondaires » des réfugiés, qui seront également traités de manière volontaire. Il a tenu à préciser que la Bulgarie ne conclurait pas d’accord bilatéral avec l’Allemagne pour accueillir les réfugiés qui ont d’abord été enregistrés en Bulgarie.

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Interrogé sur le traitement inhumain des migrants par la police bulgare et les garde-frontières, récemment dénoncé par des avocats français, Boyko Borissov a déclaré qu’il n’était pas au courant de telles accusations.

« Franchement, je n’en ai pas entendu parler. La seule chose dont je me soucie, ce sont des droits du peuple bulgare. Les citoyens bulgares ont le droit de dormir sur leurs deux oreilles. »

Il a déclaré qu’il continuerait à offrir l’asile aux réfugiés ayant besoin de protection, pour une certaine durée, avant qu’ils retournent dans leur pays d’origine, mais que les migrants économiques devaient être accueillis par les pays qui en ont besoin.

« L’Irlandais, Leo Varadkar, a dit qu’ils en avaient besoin, alors ils en ont pris certains depuis Malte et depuis d’autres pays. Mais nous, nous n’avons pas besoin de migrants économiques », a martelé le Premier ministre bulgare.

En réalité, la Bulgarie a bel et bien besoin de ressources humaines et importe de la main-d’œuvre de plusieurs pays.

« Peut-être que les avocats français devraient d’abord s’en prendre à Donald Trump, avec sa nouvelle loi qui repousse tout le monde à la frontière américaine, avant de s’en prendre à moi. Ou peut-être est-il trop imposant pour eux et c’est pour cela qu’ils critiquent la Bulgarie », a-t-il déclaré.

Concernant l’accord visant à débloquer 500 millions d’euros pour le Fonds fiduciaire d’urgence pour l’Afrique, il a assuré que la Bulgarie payait déjà son dû et qu’elle ne donnerait pas plus puisque le pays dépense déjà beaucoup pour la protection de la frontière extérieure.

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