A l’Est, l’Église catholique ferraille contre la communauté LGBT

L’Église catholique au sein du groupe de Visegràd se montre davantage critique à l’égard de la communauté LGBT. Les prêtres qualifient les LGBT de « peste arc-en-ciel » et d’idéologie marquée par des caractéristiques totalitaires.

Ces dernières semaines, le sujet des LGBT était sur toutes les lèvres en Pologne, où sont prévues des élections parlementaires le 13 octobre prochain. Les LGBT sont aussi rapidement devenu un sujet phare dans les autres pays du groupe de Visegràd (V4) — la Hongrie, la Slovaquie et la République tchèque.

La politique familiale et les valeurs traditionnelles ont toujours été des sujets essentiels pour le gouvernement polonais et le sérail politique tchèque s’est désormais rallié à cette conception.

Deux mois avant les élections parlementaires, le parti nationaliste Droit et Justice (PiS) au pouvoir en Pologne, les politiques et les prêtres catholiques ont lancé une campagne marquée par d’innombrables accusations et nourrissant les craintes de l’électorat polonais.

En Pologne, les membres de la communauté LGBT sont vilipendés dans les discours publics, des zones « anti-LGBT » ont été mises en place et des attaques ont été recensées lors de manifestations LGBT.

Jarosław Kaczyński, le leader du PiS, est persuadé que la communauté LGBT est protégée par les règles européennes, et propose donc une autre stratégie. « Il faut agir différemment et la limiter le plus calmement possible, sans détruire la culture polonaise et sans endommager le pouvoir de l’Église polonaise catholique. Rien ne nous arrêtera », a-t-il affirmé ce dimanche 11 août 2019.

L’archevêque Marek Jędraszewskide à Cracovie a exprimé de vives critiques contre la communauté LGBT dans son homélie à l’occasion du 75e anniversaire de l’insurrection de Varsovie, évoquant une « peste arc-en-ciel » après la « peste rouge ». Bien qu’il soit reconnaissant que la Pologne ne soit plus sous l’emprise du communisme, à ses yeux, une nouvelle épidémie néomarxiste se propage et tente de contaminer nos esprits, nos cœurs et nos âmes.

D’après l’archevêque Stanisław Gądecki, « le respect de l’autre ne peut toutefois pas conduire à l’acceptation d’une idéologie visant à révolutionner les coutumes sociales et les relations interpersonnelles ».

Le cardinal et archevêque de Prague, Dominik Duka, a apporté son soutien au clergé polonais.

« J’abonde dans le sens de l’archevêque Gądecki, qui se défend contre le totalitarisme soutenu dans les propos agressifs de plusieurs partisans LGBT », a-t-il déclaré.

Un porte-parole de président tchèque, Jiří Ovčáček, s’est aussi exprimé au sujet du totalitarisme. Selon lui, les partisans de la lutte contre le changement climatique, de la communauté LGBT et de l’égalité des genres sont totalitaires. Ces idéologies mépriseraient l’homme, cibleraient les masses et leur dicteraient ce qu’elles doivent dire, ce qui aboutit à l’anéantissement de la liberté de pensée dans une société, avance le politique.

Dominik Duka a réclamé des autres églises qu’elles expriment leur soutien à la Pologne. La Conférence des évêques de Hongrie s’est jointe à celle de Slovaquie et a rejoint le V4 dans cette offensive anti-LGBT.

« Cette communauté veut que ses croyances soient acceptées, mais elle refuse en même temps que les autres expriment des opinions différentes de la sienne », déplore-t-il.

Selon le site Onet.pl, l’archevêque Jędraszewski campe sur ses positions et a qualifié la communauté de « système anti-chrétien sans valeur ». Il a aussi appelé le peuple polonais à refuser « une erreur anthropologique dangereuse qui se traduit par deux grandes idéologies : l’égalité des genres et les droits des LGBT », dont l’objectif est de pourrir la nation.

Les déclarations et les actions de l’Église catholique ont été critiquées par les ONG et les politiques occidentau

« Le maintien de l’idée selon laquelle l’égalité des genres et les droits LGBT menacent la société polonaise ne protège personne et ne fait qu’alimenter l’intolérance, l’homophobie et la misogynie », a conclu l’ONG Human Rights Watch.

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