Un grand nombre de Français feront leur choix en
fonction de la position adoptée officiellement par le
parti socialiste le 1er décembre prochain, à
l’issue d’un référendum interne ouvert aux
militants de la formation.
Jacques Chirac l’a clairement indiqué à
Tony Blair lors de sa récente visite à Londres
: s’il devait avoir lieu aujourd’hui, le
référendum français sur la
Constitution européenne serait sans doute
marqué par une défaite des partisans du
« oui ».
Les militants du Parti socialiste doivent, le 1er
décembre prochain, déterminer par un vote
interne la position officielle de leur formation
avant le référendum sur la Constitution. Le
résultat de ce vote pèsera largement
sur l’issue du référendum
français, qui pourrait être organisé
dès le mois de mai 2005 (voir EURACTIV,
18 oct. 2004
).
Selon
Le Monde
, Jacques Chirac considère que ce vote est
« décisif », dans la mesure où le
parti socialiste est, selon le
président, « potentiellement le premier
parti de France », notamment après sa victoire
lors des élections régionales du printemps
dernier.
Côté socialiste, le camp
du « oui » est mené par le
secrétaire général du parti, François
Hollande, les tenants du « non » s’étant
quant à eux rangés derrière l’ancien
ministre et actuel numéro 2 du parti, Laurent
Fabius. Ce dernier avait fait connaître sa position
au mois de septembre dernier, se déclarant
alors disposé à n’accorder son soutien
au texte que si Jacques Chirac parvenait à
convaincre ses partenaires de jeter les bases
d’une nouvelle politique européenne de
l’emploi, susceptible de fournir un rempart contre
les délocalisations (voir EURACTIV,
10 sept. 2004
).
Cette confrontation entre les deux
dirigeants socialistes s’inscrit dans le
contexte de féroces luttes d’influence ayant
pour enjeu l’identité du
candidat socialiste à l’élection
présidentielle de 2007.
L’ensemble des 25 Etats membres de l’UE
doivent ratifier la Constitution pour que celle-ci
puisse entrer en application. Un rejet par l’un
des « grands » de l’UE, tels que la
France, l’Allemagne ou le Royaume-Uni,
pourrait, de l’avis même de plusieurs
responsables européens, porter un coup fatal au
texte.
