La fraude au vaccin inquiète la Commission européenne

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a averti les États membres du fait que l’achat de vaccins contre la Covid-19 sur le marché posait des risques majeurs à la santé humaine. [EPA-EFE/OIKONOMOU]

La présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen a averti les États membres du fait que l’achat de vaccins contre la Covid-19 sur le marché noir posait des risques majeurs à la santé de chacun.

« J’ai été tenue informée d’incidents au cours desquels [plusieurs États membres] se sont vu offrir des doses de vaccin supplémentaires », a déclaré la cheffe de l’exécutif européen lors d’une conférence de presse mercredi 17 février, ajoutant qu’il y avait de plus en plus de cas de fraude et de tentatives de fraude au vaccin.

La Commission tente d’endiguer cette tendance en soutenant les efforts de l’Office européen de lutte antifraude (OLAF), qui enquête actuellement à cet égard et donne aux États membres des recommandations pour mieux identifier la fraude au vaccin.

« Notre objectif est de traduire en justice [les fraudeurs] et de nous atteler à ces sujets en profondeur », a fait savoir Mme von der Leyen.

Lundi 15 février, l’OLAF a indiqué dans un communiqué que plusieurs cas de fraude avaient été signalés : des gouvernements à la traîne dans le processus de vaccination de leur population se seraient vu offrir des vaccins.

« Dans une crise comme celle que nous traversons actuellement, il y aura toujours des personnes qui tenteront de tirer profit du malheur des autres », a déploré la présidente de la Commission européenne.

D’après l’Office, les fraudeurs offrent aux gouvernements de grandes quantités de vaccins, ils leur en montrent une partie afin de percevoir la première avance de paiement puis se volatilisent avec l’argent versé.

Aux yeux de Mme von der Leyen, l’offre de tels produits proposés par des commerçants inconnus ne garantit en rien que le vaccin se trouve réellement dans le flacon.

L’Office européen de la lutte antifraude a également fait savoir que les fraudeurs pouvaient livrer des lots de faux vaccins ou qu’ils pouvaient se faire passer pour des entreprises dignes de confiance prétendant être en possession de vaccins.

« Si vous achetez des vaccins sur le marché noir, vous prenez énormément de risques » a signalé la cheffe de l’exécutif aux gouvernements, ajoutant qu’il n’y avait dès lors aucune garantie de respect de la chaîne du froid nécessaire lors de la distribution de ces vaccins complexes.

Elle a également rappelé que la vaccination consistait à injecter une substance biologiquement active dans le corps humain. De ce fait, introduire une autre substance présenterait énormément de risques à divers niveaux.

La République tchèque reconnaît les négociations parallèles avec AstraZeneca

Insatisfait du nombre de vaccins COVID-19 livrés dans le cadre de l’UE jusqu’à présent, le gouvernement tchèque a lancé des négociations parallèles avec la société pharmaceutique suédo-britannique AstraZeneca tout en envisageant l’achat du vaccin russe Spoutnik V, a déclaré le …

La semaine dernière, le Premier ministre de la République tchèque Andrej Babis a indiqué que le gouvernement tchèque, conjointement avec trois autres leaders européens, s’était vu offrir des contrats de vaccins contre la Covid-19 sortant du cadre de l’accord européen en la matière.

« Alors qu’AstraZeneca refusait de livrer 80 millions de doses à l’UE, nous avons reçu des offres répétées de ce vaccin – non seulement moi, mais aussi trois autres Premiers ministres en Europe – avant même le début des livraisons [au bloc] », a-t-il déclaré aux législateurs grecs, faisant référence à une offre formulée par une tierce partie à Dubaï.

 AstraZeneca a expliqué vendredi (12 février) à EURACTIV qu’elle ne fournissait des vaccins qu’aux gouvernements.

« Nous nous concentrons actuellement sur le respect de nos engagements mondiaux substantiels envers les gouvernements et les organisations internationales de la santé, aussi rapidement que possible pour aider à mettre fin à la pandémie ; en tant que tel, il n’y a actuellement aucune fourniture, vente ou distribution du vaccin par le secteur privé », a commenté AstraZeneca à EURACTIV.

« Si quelqu’un propose des vaccins privés, il s’agit probablement d’une contrefaçon, il faut donc la refuser et la signaler aux autorités sanitaires locales », a ajouté la société.

En Italie, des intermédiaires ont offert 27 millions de doses de vaccin supplémentaires à la Vénétie. « Notre espoir est d’avoir découvert une nouvelle voie d’approvisionnement, dont toute l’Italie peut bénéficier », a fait savoir Luca Zaia, membre de la Ligue du Nord et président de la Vénétie.

Le quotidien italien La Stampa a révélé qu’un million de doses ont été offertes par une société brésilienne au commissaire italien chargé du dossier Covid-19, Domenico Arcuri, ainsi qu’à la Lombardie.

AstraZeneca et Pfizer ont toutes deux réfuté les allégations selon lesquelles elles fournissaient le marché privé en vaccin, appuyant que lors de la pandémie, elles n’avaient conclu des contrats qu’avec les gouvernements.

Lors d’une conférence de presse mercredi (17 février), la commissaire européenne à la santé Stella Kyriakides a confirmé une nouvelle fois que l’Agence européenne du médicament (EMA) n’avait toujours pas reçu de demande d’autorisation de mise sur le marché pour le vaccin russe Spoutnik V.

« Nous nous demandons toujours à l’heure actuellement pourquoi la Russie continue d’offrir, en théorie, des millions et des millions de vaccins, alors qu’elle peine à vacciner sa propre population », s’est interrogée la présidente de la Commission européenne.

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