Bruxelles dément les rumeurs de démission de Juncker

La chancelière allemande, Angela Merkel, et le président français, François Hollande, veulent tous deux que le régime syrien prenne ses responsabilités. [European Council]

La Commission européenne a démenti les déclarations de La Repubblica, selon lesquelles Jean-Claude Juncker pourrait donner sa démission en mars prochain.

Le 20 février, le quotidien italien La Repubblica a indiqué, en citant des sources européennes, que le président Juncker décidera au cours des semaines à venir s’il souhaite rester à Bruxelles ou démissionner.

Le porte-parole de la Commission européenne, Margaritis Schinas, a rejeté ces propos et déclaré à la RAI que Jean-Claude Juncker « ne démissionnera pas ». Une autre porte-parole, Mina Andreeva, a quant à elle expliqué que « Jean-Claude Juncker est là pour rester et lutter contre la crise qui touche actuellement l’Europe, du Grexit au Brexit en passant par la crise migratoire. Il est aussi motivé par son travail qu’au premier jour ».

Au début du mois de février, Jean-Claude Juncker a déclaré à la chaîne de radio publique allemande, Deutschlandfunk, qu’il ne briguerait cependant pas de deuxième mandat en 2019.

>> Lire : Juncker ne briguera pas de deuxième mandat à la tête de la Commission européenne

Les règles en vigueur prévoient l’élection du président de la Commission européenne par le Parlement européen. Jean-Claude Juncker a été le premier dirigeant à être élu en vertu du système des « Spitzenkandidat », qui permet à chaque groupe politique représenté au Parlement européen de proposer un candidat pour le poste.

Pas de nouveau mandat

Il a pris ses fonctions en 2014, après avoir remporté l’élection face à l’ancien président du Parlement européen, Martin Schulz, à présent en lice pour prendre la place de la chancelière allemande, Angela Merkel, aux élections du 24 septembre prochain.

Jean-Claude Juncker est membre du Parti populaire européen (PPE), de centre-droit, et a été Premier ministre du Luxembourg de 1995 à 2013. Le PPE domine à nouveau sur la scène politique bruxelloise depuis le mois dernier, date à laquelle le mandat de Martin Shulz à la tête du Parlement européen a pris fin.

Le nouveau président du Parlement européen, Antonio Tajani, ainsi que le président du Conseil européen, Donald Tusk, font également parti du même groupe politique. Au PPE, la rumeur selon laquelle d’autres partis pourraient faire pression pour évincer Donald Tusk est largement répandue.

Certains des vice-présidents de l’exécutif pourraient reprendre le mandat présidentiel si nécessaire. Le Finlandais Jyrki Katainen, ainsi que le Letton Valdis Dombrovskis concourraient tous deux face à Jean-Claude Juncker au sein du PPE en 2014. Un autre candidat potentiel pour succéder au président luxembourgeois est le premier vice-président de la Commission européenne, le socialiste néerlandais Frans Timmermans.

Europe post-Brexit

D’après les sources citées par le journal italien, Jean-Claude Juncker semble se trouver à la croisée des chemins: il peut soit marquer l’histoire de l’UE en ouvrant la voie à une Europe post-Brexit, soit démissionner et laisser sa place à l’un de ses vice-présidents.

Dans sa dernière interview avec les médias allemands, Jean-claude Juncker a déclaré craindre que le Brexit n’entraîne les 27 États membres restants à se liguer les uns contre les autres « sans trop d’efforts ».

Les États membres de l’UE sont de plus en plus partagés et affichent des opinions « pas nécessairement compatibles », a-t-il ajouté en faisant référence à la Hongrie et à la Pologne. « Les Hongrois ou les Polonais veulent-ils la même chose que les Allemands ou les Français? J’en doute fortement. Il est fondamental de remettre tout le monde d’accord. C’est la mission qui nous attend dans les deux ou trois prochaines années », a-t-il conclut.

Relance du projet européen

Le 8 mars prochain, la Commission européenne devrait publier un livre blanc pour la relance du projet européen après le Brexit. Ce sera la contribution de Bruxelles au 60e anniversaire du traité de Rome. Cependant, plusieurs dirigeants européens devant affronter des élections cruciales auraient demandé à Jean-Claude Juncker de garder son livre et ses idées pour lui. Des élections générales auront en effet lieu aux Pays-Bas, en France et en Allemagne cette année, des pays dans lesquels les partis populistes anti-UE pourraient obtenir de bons résultats.

Le Premier ministre néerlandais, Mark Rutte, et la chancelière allemande, Angela Merkel, se seraient tous deux exprimés en faveur de festivités discrètes afin de ne pas alimenter les débats nationaux sur l’Europe et diviser davantage les 27 États membres.

En novembre, Euractiv avait annoncé la décision de l’ancien président du Parlement européen, Martin Schulz, de se relancer dans la politique allemande, décision qui avait soulevé un certain nombre de questions quant à l’avenir politique de Jean-Claude Juncker.

>> Lire : Martin Schulz candidat à la chancellerie face à Merkel

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