Le Comité européen des régions s’inquiète de la centralisation de la politique structurelle

Le CdR se réunit depuis lundi (12 octobre) en séance plénière, et ce, pour la 140e fois depuis sa création. Dans les résolutions adoptées mardi (13 octobre), les politiques locaux ont soulevé des inquiétudes relatives à la centralisation de la politique structurelle et de cohésion à Bruxelles. [EPA-EFE | Francois Walschaerts/Pool]

Les membres du Comité européen des régions (CdR) se rencontrent au fil de cette semaine, afin de formuler leurs demandes auprès de l’UE. Un article d’Euractiv Allemagne.

Le CdR se réunit depuis lundi (12 octobre) en séance plénière, et ce, pour la 140e fois depuis sa création. Dans les résolutions adoptées mardi (13 octobre), les politiques locaux ont soulevé des inquiétudes relatives à la centralisation de la politique structurelle et de cohésion à Bruxelles.

« Nous avons toujours retiré de bonnes choses en prenant en compte l’avis des autorités locales et régionales, et les laissant agir dans les processus décisionnels », a déclaré le député européen polonais Mieczysław Struk (PPE). « Nous devons donc nous garder d’utiliser la crise pour transférer les fonds hors de la politique européenne de cohésion – fruit d’accords entre les régions et les villes – vers des instruments plus centralisés ».

Autrement dit, dans ses résolutions, le Comité demande que le surplus des fonds du soutien européen « React-EU » ne soit pas versé directement, comme l’a fait la Commission européenne, mais plutôt réparti de manière équitable entre 2021 et 2022. Il convient de trouver le bon équilibre entre les versements rapides et les fautes à éviter. Il faudrait également œuvrer pour davantage de souplesse dans ces procédures afin d’endiguer efficacement la crise actuelle, sans que cette flexibilité ne laisse place à une centralisation de la politique structurelle, a averti M. Struk.

L’UE veut insuffler un nouvel élan au socle européen des droits sociaux

Le plan d’action de Bruxelles visant à mettre en place le socle social européen aura pour but de renforcer la protection des droits sociaux. Par la sorte, il prendra en compte les leçons tirées de la pandémie de Covid-19.

Il ne faut pas sacrifier les principes de la politique régionale

Parallèlement, Michiel Rijsberman (Renew Europe), ministre régional de la province du Flevoland aux Pays-Bas, a indiqué que « les principes de la politique régionale ne devraient jamais être sacrifiés », arguant que la Commission ne devait pas retirer aux régions leur pouvoir décisionnel. En tant que l’un des rapporteurs, il souhaite que les critères régionaux des plans de relance nationaux soient pris en compte dans la mise en œuvre du « React-EU » et de la Facilité pour la relance et la résilience.

La lutte contre la centralisation de la politique structurelle européenne est une priorité pour Apostolos Tzitzikostas (PPE), président du CdR.

En juillet de cette année, à la suite du compromis trouvé entre les chefs d’État et de gouvernement sur le budget de l’UE et le plan de relance, celui-ci avait déclaré que le Comité « s’opposait clairement à toute forme de centralisation ». Toutefois, personne ne sait avec certitude s’il avait perçu un danger lors de la conclusion du compromis. En effet, il avait alors qualifié les conclusions tirées pendant le sommet d’« exceptionnelles […] Un exemple historique de solidarité qui allait dans la bonne direction ».

Angela Merkel : il ne faut pas jouer avec les objectifs

La chancelière allemande Angela Merkel a également adressé un message au Comité, remerciant les décideurs pour leur travail dans la lutte contre le SARS-CoV-2 à l’échelle locale et régionale. En outre elle s’est dite « préoccupée » au vu de la hausse des cas de contamination, ajoutant que « la situation demeurait très sérieuse ».

Elle a par ailleurs appelé les politiques locaux à ne pas jouer avec les objectifs à atteindre, répétant que les États membres, y compris l’Allemagne, s’étaient repliés sur eux-mêmes au début de la pandémie au lieu d’agir ensemble.

"Comme si le virus s'arrêtait à la frontière"

Le Conseil de l’UE devrait se pencher ce mardi 13 octobre sur la question de la gestion des frontières entre les pays membres pendant la pandémie. Un sujet brulant pour les habitants frontaliers qui ont souffert de leur fermeture pendant le confinement. Reportage en Moselle, à la frontière franco-allemande.

La politique migratoire a également été abordée lors de son discours, un thème essentiel en Allemagne, par exemple en ce qui concerne la répartition des réfugiés dans les Länder du pays. Tandis que le camp de Moria, sur l’île de Lesbos, était ravagé par les flammes, ce sont les autorités régionales qui se sont déclarées prêtes à accueillir les habitants sinistrés.

L’absence de politique migratoire commune constitue en « véritable fardeau », d’après Mme Merkel. La proposition de la Commission européenne mérite d’être discutée, mais il faudra trouver des compromis, a-t-elle renchéri. Alors que la proposition européenne en la matière s’axe davantage sur le rapatriement des réfugiés et ne prévoit aucun quota de répartition, la chancelière allemande chante-elle encore les louanges du travail accompli par Ursula von der Leyen ? Le doute plane.

Après l’incendie de Moria, l’UE propose seulement un camp de réfugiés plus moderne

Après l’incendie qui a détruit le camp de Moria, sur l’île de Lesbos, la seule proposition de l’UE semble être de reconstruire un camp plus moderne, ce qui met en évidence la faiblesse des politiques d’immigration des États européens. Un article d’Euractiv Italie.

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