À la veille du Conseil européen, le Président de la République française a réaffirmé, mercredi (13 décembre), en compagnie de son homologue slovène, son soutien à l’intégration de l’Ukraine dans l’Union, et a appelé les Européens à être « au rendez-vous du soutien entier et durable à l’Ukraine ».
Lors de la visite du Premier ministre slovène Robert Golob à Paris, Emmanuel Macron a souligné que les deux pays étaient « déterminés à soutenir l’Ukraine aussi longtemps qu’il le faudra en matières militaire, économique, humanitaire et diplomatique ».
Un soutien nécessaire, car « il en va de notre sécurité collective et du respect de l’ordre international fondé sur le droit et nos valeurs communes », a expliqué M. Macron.
Cette prise de position intervient alors que les négociations au Conseil européen du 14 et 15 décembre s’annoncent tendues sur les sujets d’aides financières à l’Ukraine, d’élargissement de l’UE et de réformes de son fonctionnement.
Concernant l’aide à l’Ukraine, la Commission a proposé en juin un plan de soutien financier dans la durée. La Présidente de la Commission Ursula von der Leyen et le vice-président Valdis Dombrovskis ont ainsi proposé de sécuriser 50 milliards d’aides communes à l’Ukraine, pour une période courant de 2024 à 2027.
Il appartient désormais aux chefs d’États et de gouvernements des 27, réunis en Conseil européen de trouver, à l’unanimité, un accord politique sur le montant et la durée de l’aide commune de soutien à l’Ukraine.
Les positions des Premiers ministres hongrois et slovaques, Viktor Orbán et Robert Fico, qui soutiennent la rhétorique pro-russe dans l’UE, risquent également de compliquer la prise d’une décision commune.
Pour le moment, seul Viktor Orbán a annoncé s’opposer à toute aide financière à l’Ukraine. La semaine dernière, lors d’un dîner à l’Élysée, Emmanuel Macron a tenté de le dissuader d’apposer son veto lors du Conseil européen.
Musclant son discours la veille de l’ouverture des négociations, M. Macron a appelé mercredi l’Union européenne à être « au rendez-vous du soutien entier et durable à l’Ukraine », alors que de nouvelles frappes de missiles russes ont blessé cette nuit une cinquantaine de personnes à Kiev et Odessa.
Élargissements
Autre sujet de tensions : la proposition par la Commission européenne d’ouvrir les négociations d’intégration de l’Union européenne à l’Ukraine et à la Moldavie et d’accorder le statut de candidat à la Géorgie.
Ce mercredi, M. Orbán a réaffirmé que l’ouverture de ces négociations d’adhésion serait « une terrible erreur », et qu’il s’opposerait à « l’adhésion rapide de l’Ukraine à l’UE ». Cela alors même que la Commission a débloqué plus de 10 milliards de fonds européens destinés à la Hongrie et jusqu’à présent gelés à cause des infractions à l’État de droit.
La Commission a expliqué que ce déblocage était dû à l’amélioration de l’indépendance du système judiciaire du pays. Certains eurodéputés, à l’image d’Alin Mituța, co-rapporteur en charge du « parlementarisme, démocratie et citoyenneté européenne » a dénoncé sur X la faiblesse de l’exécutif européen. 21 milliards de fonds européens destinés à la Hongrie sont encore bloqués.
« Nous partageons la position avec la France concernant l’importance du début des négociations d’adhésion de l’Europe avec l’Ukraine et la Moldavie ainsi que de l’octroi du statut de candidat à la Géorgie », a insisté Robert Golob sur X en fin de journée.
Réformes des traités
MM. Macron et Golob ont enfin rappelé que leur soutien à l’élargissement de l’UE était conditionné aux réformes du fonctionnement de l’UE.
Cependant, d’après une source européenne, le Conseil européen ne devrait pas parvenir à une position commune sur ce sujet, notamment poussé par le Parlement européen en novembre dans un rapport d’initiative.
« Les discussions que nous aurons demain sont déterminantes », a conclu le chef de l’État français, avec l’approbation de M. Golob.


