Covid-19 et Brexit : le Comité européen des régions appelle à la création d’une macro-région atlantique pour faire face à la crise

« Il est temps de créer et de développer une stratégie macrorégionale pour le bassin atlantique », estime le Comité européen des régions. [Johan Holmdahl/Shutterstock]

Le Comité européen des régions (CdR) appelle à la création d’une macro-région atlantique afin de mieux affronter les répercussions du Brexit et de la crise sanitaire sur la pêche, le tourisme, les liaisons maritimes et les chaînes logistiques.

« Les régions atlantiques sont confrontées à une double crise », affirme le CdR dans un avis adopté à l’unanimité, lors de sa dernière session plénière en mi-mars. « Aux conséquences engendrées par la crise de la Covid-19 s’ajouteront celles, encore non quantifiées, du Brexit, dans les domaines de la pêche, du tourisme, du commerce et des transports. »

Raison pour laquelle le Comité souhaiterait voir des « mesures d’atténuation […] spécifiquement conçues pour les régions côtières et maritimes de l’Atlantique » qui se situent en France, au Portugal, en Espagne et en Irlande. Concrètement, les membres du CdR appellent à la création d’une macro-région atlantique, présentée dans un communiqué commun comme « la formule appropriée pour relever les défis maritimes parallèlement aux défis territoriaux ».

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L’Union européenne compte actuellement quatre stratégies macro-régionales, créées entre 2009 et 2015 : la région de la Mer Baltique, la région du Danube, la région adriatique et ionienne et la région alpine. Ces régimes spéciaux permettent aux États membres (et non-membres) de l’UE de « répondre à des défis communs » dans une même zone géographique, selon la Commission européenne. Les macro-régions – qui concernent aujourd’hui 19 États membres et 8 pays voisins – reçoivent notamment le soutien des fonds européens structurels et d’investissement pour améliorer la cohésion économique, sociale et territoriale dans leur zone.

Pour le CdR, « il est temps de créer et de développer une telle stratégie macro-régionale pour le bassin atlantique ». Cette macro-région devrait être « dotée d’un cadre budgétaire et de mise en œuvre spécifique adapté à sa réalité et à son potentiel ».

Si la macro-région voit le jour, elle devrait notamment se concentrer sur des « secteurs qui présentent une véritable capacité transnationale », tels que l’énergie maritime, la pêche, la protection de l’environnement, le changement climatique, les transports et la recherche scientifique et technologique.

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Pour un « rôle actif » des régions dans la gouvernance de l’Atlantique

« La création d’une macro-région atlantique renforcerait considérablement l’alliance entre les régions atlantiques afin de mieux faire face aux défis posés par la COVID-19 et le Brexit », estime la rapporteuse de l’avis Paula Fernández Viaña (Renew Europe). Pour la ministre régionale pour l’intérieur, la justice et l’action extérieure du gouvernement de Cantabrie, la macro-région serait un « outil essentiel pour concourir pour les fonds du nouveau cadre financier pluriannuel de l’UE et pour développer des projets stratégiques communs dans l’économie bleue ».

« Si je mets cette proposition sur la table, c’est parce que nous, régions atlantiques, considérons que nous nous trouvons à un moment opportun pour le faire, vu les préoccupations qui s’expriment quant aux répercussions du Brexit pour la façade atlantique », explique Mme Fernández Viaña. Le dispositif pourrait ainsi « jouer le rôle d’une plate-forme pour la coopération avec les entités territoriales du Royaume-Uni qui manifesteront un intérêt à cet égard ».

Charles Michel souhaite lier davantage les régions aux plans de relance nationaux

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Mais c’est également dans toute une série d’autres secteurs que la macro-région pourrait créer de la valeur ajoutée, estime la rapporteuse. Comme celui des énergies marines, « qui a vocation à jouer un rôle essentiel dans le système énergétique de demain, contribuant à réduire les émissions de carbone et à atteindre les objectifs du pacte vert pour l’Europe », rappelle Mme Fernández Viaña. « Nous sommes convaincus qu’une stratégie marcro-régionale pourrait aider à enclencher des actions bien ciblées pour encourager l’émergence d’un marché unique de l’énergie. »

A une condition : « Les régions doivent jouer un rôle actif dans la gouvernance de l’Atlantique », selon Mme Fernández Viaña.

Avis partagé par Vanessa Charbonneau (PPE), vice-présidente du Conseil régional des Pays de la Loire : la macro-région « apparaît comme un levier pertinent pour mener des actions concertées avec les régions voisines de l’arc atlantique », estime-t-elle – « à la condition que les Régions soient impliquées dans la gouvernance ».

Bien que jugée « prioritaire », la Stratégie maritime atlantique adoptée par la Commission en 2011 montrerait des « limites en termes de gouvernance », affirme aussi Isabelle Boudineau, présidente de la commission COTER du CdR et vice-présidente de la région Nouvelle-Aquitaine. « Pilotée jusqu’à ce jour par les Etats », cette stratégie serait également limitée en termes de financements « car elle n’a pas de budget dédié ». Situation qui « nous pousse aujourd’hui à réfléchir aux évolutions possibles, comme celle de la création d’une macro-région atlantique ».

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