Hier 15 octobre lors du sommet européen à Bruxelles, le Premier ministre irlandais Brian Cowen a déclaré à ses homologues que la crise financière et la récente guerre en Géorgie a montré l’importance cruciale de la participation à l’UE et à la zone euro.
Le Premier ministre irlandais a laissé entendre que son pays pourrait revoir sa position par rapport au traité de Lisbonne. Comme l’eurodéputé français Alain Lamassoure l’avait récemment indiqué, sans l’euro, la crise financière aurait pu mettre l’Irlande – qui entretient d’importantes relations économiques avec les Etats-Unis, dans une situation très similaire à celle de l’Islande, qui est en faillite.
M. Cowen a promis à ses collègues de présenter un plan d’action lors du sommet des 11 et 12 décembre en vue d’apporter des solutions à l’impasse ayant fait suite au « non » irlandais lors du référendum de juin.
Les dirigeants européens se sont mis d’accord pour donner plus de temps aux Irlandais, même s’il s’agit apparemment d’un pas en arrière par rapport à la décision que l’Irlande avait prise lors du dernier sommet de juin, s’engageant à envisager la suite à adopter en octobre.
Mercredi dans la soirée, le président français Nicolas Sarkozy, dont le pays occupe actuellement la présidence de l’UE, a déclaré à la presse qu’il comptait se rendre à nouveau en Irlande entre-temps.
Le président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering a confié aux journalistes qu’il espérait encore que le traité de Lisbonne entre en vigueur avant les élections européennes de juin 2009. Il a invité les Irlandais à faire part de leurs requêtes, ajoutant que la désignation d’un commissaire par pays, y compris l’Irlande, ne devrait pas poser de problème.
Une solution surgit régulièrement depuis quelques temps. Elle donnerait à l’Irlande des garanties écrites sur des points problématiques tels que la neutralité, les valeurs religieuses et l’avortement tout en revoyant la décision du traité de Lisbonne de réduire le nombre de commissaires (EURACTIV 09/09/08). Plus récemment, des eurodéputés ont déclaré que si l’UE conservait le système actuel d’un commissaire par pays, il ne faudrait pas nécessairement rouvrir les négociations sur le traité de Lisbonne (EURACTIV 09/10/08)
Des diplomates ont affirmé qu’il faudrait que les 26 autres pays ratifient le traité de Lisbonne avant le sommet de décembre afin d’intensifier la pression sur l’Irlande. La Suède et la République tchèque n’ont pas encore procédé à la ratification du texte, le président polonais Lech Kaczynski déclarant qu’il ne signerait qu’à condition qu’on lui donne des assurances sur son entrée en vigueur effective (EURACTIV 01/07/08).
Le président polonais fait des vagues
M. Kaczynski a une fois de plus volé la vedette aux autres responsables lors du sommet, auquel il est apparu sans invitation et sans badge d’accès. Son apparition était le point fort de la lutte qui a duré une semaine entre le président polonais et son Premier ministre Donald Tusk, qui était catégorique sur le fait que du point de vue constitutionnel, M. Kaczynski n’a rien à voir avec le sommet.
Finalement, M. Kaczynski aurait, selon certaines sources, loué un avion pour 40 000 euros à ses propres frais pour se rendre à Bruxelles. Son objectif aurait été d’empêcher l’élection de l’ancien leader du mouvement anti-communiste polonais Solidarnosc et ancien président du pays Lech Walesa en tant que membre du groupe de réflexion chargé d’anticiper les défis à long terme de l’UE (EURACTIV 14/10/08).
M. Kaczynski et M. Walesa sont en conflit depuis que le leader syndical historique avait renvoyé les frères Kaczynski de leur fonction consultative lors de son élection à la présidence.
Les médias polonais déplorent le conflit, affirmant qu’il jette une ombre sur l’image de la Pologne. Une chronique du Financial Times titrait : « Achetez Brown et Sarkozy. Vendez la Pologne. »

