Victoire inattendue du HDZ aux législatives croates

Le Premier ministre croate, Andrej Plenković, qui préside également le parti HDZ. [EPA-EFE/DANIEL KASAP]

Le HDZ, le parti conservateur au pouvoir en Croatie, a déjoué les prévisions et nettement remporté les élections législatives qui ont eu lieu dimanche 5 juillet dans le pays, malgré une recrudescence des infections de coronavirus. Un article d’Euractiv Croatie.

Selon les résultats préliminaires des élections législatives qui se sont déroulées dimanche 5 juillet dans le plus jeune membre de l’UE, l’Union démocratique croate (HDZ, affilié au Parti populaire européen) a remporté 63+3 sièges (3 de la diaspora) au parlement, constitué de 151 sièges. La coalition d’opposition Restart, emmenée par le SDP (S&D), a pour sa part remporté 41 sièges, enregistrant ainsi son plus mauvais score depuis 1995.

Le parti de droite « Mouvement de la patrie », dirigé par l’ancien chanteur folk Miroslav Škoro, a remporté 16 sièges, tandis que le parti conservateur Most (le pont) en a obtenu huit et la plateforme de gauche verte, Možemo (nous pouvons), sept. La plateforme libérale pro-business STRIP a décroché trois sièges et le HNS un.

En raison de la hausse soudaine du nombre de cas de COVID-19, le taux de participation n’a été que de 45,7 %, l’un des plus bas depuis les premières élections démocratiques en Croatie en 1990.

Les sondages avaient prédit que les élections de dimanche seraient une course au coude à coude entre le HDZ et Restart, accordant même un léger avantage à la plateforme de centre gauche.

Les résultats, qui se sont révélés très surprenants pratiquement pour toutes les parties concernées, ont constitué un soulagement pour le Premier ministre Andrej Plenković. Il sera probablement en mesure de former rapidement un gouvernement, avec des minorités ethniques et un parti plus petit, sans avoir à faire de concessions majeures.

« Ce qui s’annonçait comme une longue nuit incertaine » s’est transformé en un bref laps de temps aux résultats incontestables, a relevé l’analyste politique Dragan Bagic. « Il existe divers scénarios mais cette majorité sera contrôlée par le HDZ et il s’agira pour l’essentiel d’un gouvernement HDZ dirigé par Andrej Plenković », a-t-il poursuivi.

Plus important encore, selon l’analyste Damir Jugo, le nouveau gouvernement sera probablement stable, « ce qui constitue une bonne chose en ce moment ».

La priorité du gouvernement sera de relancer une économie en phase de contraction – qui doit faire face aux pertes attendues dans le secteur du tourisme cet été -, de préparer des projets permettant de recourir à l’argent du fonds de relance de l’UE, dont près de 10 milliards d’euros sont réservés à la Croatie, et de finaliser le projet d’adhésion au MCE II, la « salle d’attente » de la zone euro.

La Croatie veut une adhésion rapide à l'espace Schengen et à la zone euro

Le Premier ministre croate, Andrej Plenković, a clairement indiqué que la Croatie, dernière arrivée au sein de l’UE, souhaitait intégrer le plus rapidement possible les cercles internes de l’Union : l’espace sans frontières de Schengen et la zone euro.

Andrej Plenković, dont la campagne a été soutenue par d’éminents dirigeants du PPE, dont la présidente de la Commission Ursula von der Leyen et plusieurs Premiers ministres de l’UE, a réussi à repousser l’offensive de la droite, menée par le « Mouvement de la patrie ». Il pourrait désormais chercher à positionner le HDZ comme un parti démocrate-chrétien plus traditionnel.

Dans l’autre grand camp, des membres éminents du SDP, dont la députée européenne Biljana Borzan (S&D), demandent que le chef du parti, Davor Bernardić, démissionne en raison des mauvais résultats obtenus, car ceux-ci maintiendront les sociaux-démocrates dans l’opposition pour un deuxième mandat consécutif.

La coalition de gauche verte Možemo (nous pouvons) a réservé l’une des surprises du scrutin. Elle s’est révélée être la plus grande gagnante à Zagreb, signant l’échec définitif du maire de longue date de la ville, Milan Bandić, personnage controversé dont le parti, BM365, n’a pas réussi à atteindre le seuil électoral. Il s’agit de la plus grande défaite de Milan Bandić depuis qu’il a pris le contrôle de la capitale croate en 2000.

Outre les allégations de corruption – et une mise en accusation qui a échoué, mais pas de procès en cours – qui pèsent sur lui, Milan Bandić doit essentiellement sa défaite au tremblement de terre du 22 mars qui a dévasté une grande partie de la capitale, et à la faible réaction du conseil municipal qui a suivi.

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