Oettinger promet des coupes minimes dans les fonds de cohésion

Gunther Oettinger [European Commission]

Les fonds de cohésion subiront des coupes dans le prochain budget, mais elles seront limitées à « moins de 10 %, et probablement plus proches des 5 % », selon Günther Oettinger.

« La politique de cohésion est traditionnelle, mais pas démodée », a jugé Günther Oettinger lors d’une rencontre avec les associations européennes de représentations des villes et régions, qui ont formé l’Alliance pour la cohésion.

Le commissaire au budget a souligné que son objectif était de stabiliser la politique de cohésion, l’une des plus larges enveloppes du budget européen, et non de la réduire.

Il a rappelé l’efficacité du soutien apporté à la réunification allemande via les fonds structurels, mais a indiqué que deux grandes erreurs avaient été faites lors de la négociation du cadre financier pluriannuel précédent (CFP), pour la période 2014-2020.

La première a été de laisser David Cameron, alors Premier ministre du Royaume-Uni, réduire le budget européen, pour la toute première fois. La seconde a été de faire durer les négociations, ce qui a mené à une période d’application limitée et à différents problèmes.

Les budgets PAC et fonds de cohésion en danger après 2020

La plupart des dirigeants européens se sont engagés à augmenter leur contribution nationale au budget européen après 2020. Mais les fonds dédiés aux agriculteurs et à la politique de cohésion seront néanmoins réduits.

 

 

Le Brexit représente un énorme manque à gagner pour les caisses de l’UE, et toutes les agences, de l’agriculture à la recherche, tentent actuellement d’assurer la pérennité de leur budget.

C’est pourquoi la Commission devra convaincre les États membres « de payer un peu plus », a-t-il ajouté, demandant aux villes et régions de passer le message aux capitales les plus opposées à une augmentation du budget : « La Hague, Helsinki, Vienne et Stockholm ». La Commission présentera sa proposition de CFP le 2 mai.

Une division simpliste

Pour Corina Crețu, la commissaire aux politiques régionales, il est surtout important de s’assurer que le nouveau budget permette aux systèmes de recherche et d’innovation de continuer à fonctionner et que toutes les régions reçoivent un soutien du fonds de cohésion.

« Je n’aime pas la division entre contributeurs et bénéficiaires [des aides européennes], c’est une approche très simpliste », indique-t-elle. « En Belgique, par exemple, il existe des zones pauvres, nous devons nous doter d’une politique qui s’attaque à ces questions. »

« Les coupes auront des conséquences sérieuses pour la prospérité et l’unité de l’Union future », a confirmé Karl-Heinz Lambertz, président du Comité des régions.

Vasco Alves Cordeiro, président de la Conférence des régions périphériques maritimes (CRPM) estime que la Commission doit convaincre les États membres de hausser leur contribution. « C’est son rôle », ajoute-t-il, indiquant que le Portugal avait déjà promis de le faire.

« Le succès des nouvelles priorités de l’UE dépend de la capacité des gouvernements locaux d’investir dans leurs territoires. Or, ces investissements ne peuvent avoir lieu dans une politique de cohésion solide », conclut Ilmar Reepalu, porte-parole du Conseil des communes et régions d’Europe.

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