Des journalistes bélarusses lauréats d’un prix Canada-Royaume-Uni

Un homme tient un livre intitulé "La guerre n'a pas un visage de femme" de l'écrivain, journaliste et prix Nobel de littérature biélorusse Svetlana Alexievich, alors qu'elle arrive au comité d'enquête biélorusse pour être interrogée sur les manifestations de l'opposition après les élections présidentielles, à Minsk, le 26 août 2020. [EPA-EFE/TATYANA ZENKOVICH]

L’Association bélarusse des journalistes est la lauréate d’un prix de la liberté de la presse créé par le Canada et le Royaume-Uni, ont annoncé lundi (16 novembre) leurs ministres des Affaires étrangères.

Ce prix vise à stimuler l’action internationale pour accroître la sécurité des journalistes dans le monde, ont indiqué les chefs de la diplomatie canadienne et britannique, François-Philippe Champagne et Dominic Raab.

Il a été remis à l’Association bélarusse, seul syndicat indépendant de journalistes du Bélarus, à l’issue lundi de la deuxième conférence mondiale sur la liberté de la presse, tenue virtuellement sous l’égide des gouvernements du Canada et du Botswana.

Ce prix récompense l’« engagement constant pour l’éthique et les principes journalistiques » de l’association ainsi que « sa persévérance et son dévouement » face « à la multiplication des mesures de répression ciblées contre les médias au Bélarus », selon un communiqué du gouvernement canadien.

« À l’heure où la liberté de la presse est de plus en plus menacée, nous félicitons l’Association bélarussienne des journalistes qui se bat pour protéger les droits et libertés, ainsi que la vie et les moyens de subsistance des représentants de la presse au Bélarus, a indiqué M. Champagne. Ses efforts constants pour contrer la répression et la désinformation garantissent que la voix des journalistes et des citoyens est entendue, et qu’elle compte, au moment où cela est le plus important. »

Forte de 1 300 membres à Minsk, l’Association bélarusse des journalistes avait notamment déjà reçu le Prix Sakharov pour la liberté de l’esprit du Parlement européen en 2004.

« Aujourd’hui, les journalistes du Bélarus doivent travailler sous la menace des balles, littéralement », a déclaré le président de l’association, Andrei Bastunets. « Ils sont victimes de violences policières et condamnés à des détentions de longue durée pour leur travail », a-t-il souligné en recevant ce prix.

Depuis le début de la contestation en août visant le président bélarusse Alexandre Loukachenko, 66 ans et au pouvoir depuis 1994, des milliers de personnes ont été arrêtées, au moins quatre sont mortes et des dizaines d’autres ont dénoncé des tortures et violences durant leur détention.

Fin septembre, le Canada et le Royaume-Uni avaient annoncé des sanctions coordonnées contre des responsables bélarusses, dont le président Loukachenko, en raison de la répression du mouvement de contestation.

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