Devant le Comité des Régions, Emmanuel Macron s’engage pour la défense de l’État de droit et la liberté des médias

Prenant la parole devant le Comité européen des régions ce mercredi (1er décembre), Emmanuel Macron a reconnu que la démocratie et l’État de droit « ne sont jamais un acquis ». [Alexandros Michailidis/Shutterstock]

Répondant à l’invitation du président du Comité européen des Régions, Apostolos Tzitzikostas, le chef de l’État français a participé ce mercredi (1er décembre) à un débat sur la démocratie et les valeurs européennes. 

Emmanuel Macron y a affirmé que la défense du modèle démocratique européen était un « combat existentiel » face à la montée des contestations, des discours de haine, de la désinformation et des menaces hybrides qui pèseraient aujourd’hui sur l’Union européenne.

« On ne peut pas avoir de démocratie sans sécurité » : à un mois de la présidence française du Conseil de l’UE (PFUE), de janvier à juin 2022, le président du Comité européen des Régions (CdR), Apostolos Tzitzikostas, a rappelé les menaces qui pèsent aujourd’hui sur la démocratie européenne, lors de la dernière session plénière du CdR ce mercredi (1er décembre).

« Nous assistons aujourd’hui à une recrudescence des violences dont les élus locaux sont parfois les victimes », a-t-il souligné, rappelant notamment l’assassinat du maire de Gdanks (Pologne), Pawel Adamowicz, en 2019. Face à cette menace, « l’Europe doit apporter une réponse qui garantit l’avenir de notre modèle démocratique », a affirmé M. Tzitzikostas, appelant Emmanuel Macron à soutenir l’éducation et la promotion des valeurs européennes dans le cadre de la PFUE en 2022, l’année européenne de la jeunesse.

Répondant aux préoccupations de M. Tzitzikostas, le président français a reconnu que la démocratie et l’État de droit « ne sont jamais un acquis » et promis aux membres du CdR qu’ils pouvaient « compter sur la détermination » du gouvernement français de les défendre pendant la PFUE.

Défense de l’État de droit, « combat existentiel » pour Emmanuel Macron

La défense de l’État de droit serait l’un des grands défis à relever pendant cette présidence, a-t-il affirmé, rappelant que celui-ci nécessitait « une justice indépendante et impartiale, des pouvoirs non-corrompus et des médias libres et pluralistes ».

Allusion cachée à l’adresse de pays comme notamment la Pologne et la Hongrie, il a ajouté que ces règles et valeurs « sont remis en cause dans plusieurs États membres de l’UE ». Il serait « de notre devoir de mettre en place tous les dispositifs pour que ces règles et les contre-pouvoirs démocratiques soient respectés », soulignant que c’était là un « combat existentiel ».

Les États-Unis et l’OTAN mettent en garde la Russie contre une nouvelle agression en Ukraine

La Russie paiera un prix élevé pour toute nouvelle agression militaire contre l’Ukraine, ont averti l’OTAN et les États-Unis ce mardi (30 novembre), lors d’un sommet à Riga, tenu afin d’examiner les intentions de Moscou à la frontière avec l’Ukraine.

Lutte contre la désinformation et pour la liberté des médias

Autre défi de taille, la « protection de notre démocratie contre toute forme de manipulation » serait une des préoccupations de la PFUE, a fait savoir M. Macron. La désinformation et les cybermenaces notamment constitueraient aujourd’hui « un spectre utilisé par les ennemis de l’Europe et de la démocratie libérale ».

Face à ces menaces, le président a reconnu que « nous devons agir pour mieux défendre nos journalistes ». Il a également évoqué la nécessité de mieux encadrer le financement des partis politiques en vue de le rendre plus transparent et de réguler les publicités politiques en ligne pour lutter contre la désinformation et la manipulation.

M. Macron a également souligné l’importance de protéger les médias indépendants qui seraient fondamentales pour la « vitalité » de la démocratie. « Les lignes éditoriales ne peuvent pas être dictés par les financements », a-t-il rappelé. Le chef de l’État a en outre promis des « initiatives fortes » pour la liberté des médias en 2022.

Recréer un « sentiment d’appartenance au projet commun »

Rappelant enfin la persistance de nombreuses discriminations – fondées notamment sur l’origine, le genre et les croyances – ainsi que la « montée d’un conservatisme profondément antilibéral » au sein même de l’Union européenne, M. Macron a affirmé la nécessité de « bâtir un démos européen » et de créer à nouveau un « sentiment d’appartenance au projet commun ».

Le rôle des villes et régions européennes serait essentiel dans ce projet en tant que relais entre les niveaux local et européen, selon M. Macron. Les régions seraient aujourd’hui également « au cœur de la reprise » après la crise sanitaire. Crise qui aurait en outre démontré que « sans nos élus locaux, nous aurions été incapable de faire face au choc subi ».

La CoFoE risque de devenir un exercice de relations publiques

La Conférence sur l’avenir de l’Europe est bien engagée. Pourtant, des inquiétudes ont été soulevées dès son commencement quant au fait que les propositions des citoyens pourraient ne pas être prises au sérieux ou mises en œuvre.

Le Comité des régions, « partenaire stratégique » pour la PFUE

De leur part, les membres du CdR ont assuré à M. Macron qu’il trouvera dans le Comité un « partenaire stratégique » pour la PFUE – à condition de bien vouloir le prendre au sérieux. « Nous comptons sur la PFUE pour marquer une vraie rupture » dans la prise en compte et l’association du CdR aux décisions européennes, a ainsi déclaré François Decoster, président du groupe Renew Europe au sein du CdR.

« La PFUE devra relever deux défis : absorber le choc de la transition écologique et faire face à la crise démocratique », a de son côté affirme Christophe Rouillon, président du PSE au sein du Comité. « Les élus locaux peuvent contribuer à redonner confiance dans la politique européenne », a-t-il poursuivi, appelant Emmanuel Macron à « ose[r] nous faire confiance ».

Une meilleure protection des frontières communes

Côté droite populiste, cependant, le président du groupe ECR, le polonais Władysław Ortyl, a exprimé une préoccupation toute autre : la « nécessité de garantir la sécurité énergétique et alimentaire de l’Union européenne » ainsi qu’une meilleure « résistance » à la « pression migratoire » et aux « attaques hybrides » aux frontières de l’Union. M. Ortyl a ainsi demandé au président français de garantir « que la politique européenne continuera à se reposer sur des frontières extérieures sûres ».

Répondant à cette préoccupation, le chef de l’État a reconnu que « nous avons besoin d’améliorer la protection de nos frontières communes ». Toutefois, il fallait s’engager dans une « approche complète sur la migration », impliquant notamment l’aide au développement et une meilleure coopération avec les pays tiers.

Si, en outre, une « protection effective » des frontières était important, il fallait également « éviter les comportements non-solidaires à l’intérieur de l’UE » et assumer une responsabilité commune pour la « gestion des femmes et des hommes » qui se retrouvaient sur le sol européen.

La France demande un accord UE – Royaume-Uni sur l'immigration illégale

La France souhaite un accord entre l’Union européenne et le Royaume-Uni sur l’immigration illégale dans la Manche, après le naufrage qui a coûté la vie à 27 migrants, a annoncé lundi (29 novembre) le ministre de l’Intérieur Gérald Darmanin.

Supporter

Measure co-financed by the European Union

Ce projet a été financé avec le soutien de la Commission européenne. La présente publication [communication] reflète uniquement l’avis de l’auteur et la Commission ne peut être tenue responsable de l’usage qui pourrait être fait des informations qu’elle contient.

Subscribe to our newsletters

Subscribe