Donald Tusk ne veut pas prolonger la politique commerciale entre l’UE et l’Ukraine

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La libéralisation du commerce avec l’Ukraine est l’une des questions sur lesquelles le gouvernement de Donald Tusk (PPE/S&D/Renew/la Gauche), arrivé au pouvoir le mois dernier, suit la ligne du précédent gouvernement conservateur Droit et Justice (PiS, CRE). [EPA-EFE/JULIEN WARNAND]

La Pologne ne donnera pas son accord pour que la Commission européenne prolonge la politique commerciale spéciale envers l’Ukraine, a déclaré le vice-ministre de l’Agriculture Michał KołodziejczakM. Malgré des points de vue différents, le gouvernement de Donald Tusk s’en tiendrait à la ligne établie par ses prédécesseurs du PiS.

La Commission européenne va renouveler la suspension de tous les droits de douane, quotas et mesures de défense commerciale sur les exportations ukrainiennes vers l’UE pour une année supplémentaire, jusqu’en 2025, selon la radio polonaise RMF FM.

« Le projet de règlement de l’UE prolongeant le commerce détaxé avec l’Ukraine jusqu’en 2025 doit être adopté par le collège des commissaires mardi  [16 janvier]», a rapporté la radio.

Ceci malgré les efforts du commissaire à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, qui s’oppose à la prolongation de règles commerciales libéralisées pour l’Ukraine, soulignant les résultats dévastateurs de cette solution pour la production alimentaire nationale dans les pays voisins, y compris dans son pays natal, la Pologne.

La suspension des barrières commerciales avec l’Ukraine, introduite dans le cadre des « corridors de solidarité », a provoqué l’afflux incontrôlé de certains produits agroalimentaires, notamment de céréales, de volaille, d’œufs, de framboises congelées et même de jus de pomme dans les pays limitrophes de l’Ukraine. Cette situation a entraîné une baisse des prix et de la demande pour la production des pays de l’UE.

La position ferme de M. Wojciechowski n’a pas suffi à bloquer le renouvellement de la libéralisation temporaire des échanges avec l’Ukraine, car la plupart des autres commissaires soutiennent cette solution.

Donald Tusk rejoint la politique du PiS

La libéralisation du commerce avec l’Ukraine est l’une des questions sur lesquelles le gouvernement de Donald Tusk (PPE/S&D/Renew/la Gauche), arrivé au pouvoir le mois dernier, suit la ligne du précédent gouvernement conservateur Droit et Justice (PiS, CRE), même si M. Tusk et le PiS sont des adversaires particulièrement féroces sur le plan de la politique intérieure.

Avant d’occuper le poste de Premier ministre, M. Tusk a promis que son gouvernement « ramènerait la Pologne en Europe » après huit ans de conflits entre le gouvernement PiS et les institutions européennes, et qu’il rétablirait l’état de droit en Pologne, que M. Tusk considère comme ayant été abimé par le PiS.

Mais la Pologne de M. Tusk pourrait ne pas être l’allié rêvé de Bruxelles, étant donné que le nouveau gouvernement partage avec ses prédécesseurs des positions qui vont à l’encontre du courant dominant en Europe dans de nombreux domaines clés, comme l’immigration.

Au cours de la campagne précédant les élections générales d’octobre dernier, M. Tusk et sa Coalition civique (KO, PPE) ont accusé le PiS d’avoir répondu trop tard aux préoccupations des agriculteurs polonais concernant les conséquences de la libéralisation des règles commerciales avec l’Ukraine et d’être incapable de défendre la position de la Pologne sur cette question à Bruxelles.

La « question des céréales » a poussé la Coalition civique à joindre ses forces à celles d’AgroUnia, le principal mouvement d’agriculteurs polonais. Son dirigeant, l’agriculteur Michał Kołodziejczak, est devenu vice-ministre de l’Agriculture dans le gouvernement de M. Tusk.

« La Pologne ne donnera pas son accord à l’idée poussée par la Commission européenne d’étendre la libéralisation du commerce avec l’Ukraine dans les conditions actuelles, car cela représente une menace pour les agriculteurs polonais », a-t-il écrit sur la plateforme X, en commentant les derniers rapports.

Le ministre polonais s’entretiendra avec M. Dombrovskis

Le ministre de l’Agriculture Czesław Siekierski doit s’entretenir avec le commissaire européen au Commerce Valdis Dombrovskis sur l’avenir du commerce UE-Ukraine, a rapporté RMF FM.

De nouvelles règles commerciales pourraient inclure une « clause de sécurité renforcée », a déclaré un représentant de l’UE, cité par la radio.

Cette solution pourrait s’avérer insuffisante pour la Pologne, car M. Siekierski et M. Wojciechowski s’attendaient à ce que la Commission introduise des restrictions quantitatives sur les importations de sucre et de volaille ukrainiens.

« Le ministre polonais entendra M. Dombrovskis dire qu’il n’y aura pas de telles restrictions », a déclaré la radio RMF FM.

Pour son premier voyage officiel, Stéphane Séjourné rend visite au triangle de Weimar

Le nouveau ministre des Affaires étrangères Stéphane Séjourné était à Kiev samedi 13 janvier pour son premier déplacement officiel. Il s’est ensuite rendu en Allemagne et en Pologne, qui forment avec la France le bloc géopolitique, crée dans les années 90, du triangle de Weimar.

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