La semaine dernière, l’eurodéputé Andrew Duff, rapporteur parlementaire sur la réforme électorale, a proposé une révision radicale des élections au Parlement européen.
Le rapport Duff recommande la création de listes transnationales semi-ouvertes où les électeurs pourraient choisir entre différents candidats sur les listes des partis, et pas simplement des candidats de différents partis. Les listes semi-ouvertes existent déjà dans les systèmes électoraux de Belgique et de Finlande notamment.
En réalité, ce système signifierait que n’importe quel candidat, quel que soit son pays d’origine, pourrait être élu par l’ensemble des électeurs européens.
Si M. Duff a admis que sa proposition était plutôt fédéraliste et susciterait la controverse, il a toutefois estimé que dans le contexte d’une crise démocratique assez aiguë, il faut des propositions audacieuses afin de connecter les citoyens à la démocratie parlementaire post-nationale que l’UE s’efforce de construire.
Outre la création d’élections transnationales, le rapport Duff placerait l’âge minimal pour voter à 16 ans et pour être élu à 18. Il renforcerait également le pouvoir du Parlement en matière d’évaluation de l’éligibilité et des qualifications des candidats.
A l’heure actuelle, nous sommes contraints d’accepter les décisions des Etats membres à propos des candidats éligibles pour les élections européennes, a affirmé M. Duff. Mais le Parlement détient suffisamment d’autorité et d’expérience pour pouvoir décider de façon autonome des candidats autorisés à participer, a-t-il estimé.
M. Duff a accepté le fait que son système nécessiterait l’unanimité au Conseil européen ainsi que des modifications au traité avant d’être adopté. Par le passé, les Etats membres ont bloqué des initiatives similaires, et l’accueil que les capitales européennes réserveront au rapport Duff reste encore incertain.
En attendant, le rapport a reçu un accueil mitigé par le professeur Cees Van der Eijk, expert de la recherche électorale européenne. Si M. Van der Eijk a salué l’audace des réformes proposées, il s’est déclaré moins enthousiaste par rapport à l’idée de M. Duff de baser davantage les élections sur les candidats. Selon lui, les systèmes de ce type tendent à devenir en quelque sorte des concours de beauté où les électeurs sont moins bien documentés sur les questions politiques pertinentes.
M. Duff espère que son rapport sera approuvé par le Parlement avant les élections de 2009 en attirant l’attention du Conseil durant la présidence suédoise de l’UE qui débutera en juillet prochain. Il souhaite que le nouveau système soit en place à temps pour les élections de 2014.

