À Davos, la facture écologique de la croissance économique fait débat

epa07317773 La militante suédoise du climat Greta Thunberg, 16 ans, s'exprime lors d'une conférence de presse en marge de la dernière journée de la 49e réunion annuelle du Forum économique mondial (WEF) à Davos, Suisse, le 25 janvier 2019. [EPA-EFE/LAURENT GILLIERON]

La jeune activiste écologiste Greta Thunberg a adressé à Davos un avertissement musclé aux dirigeants mondiaux : le prix écologique de leurs succès économiques est injustifiable.

« À Davos, les intervenants aiment raconter leurs histoires de réussites, mais leurs succès financiers ont un prix inimaginable, notamment en termes de changement climatique. Nous devons reconnaitre que nous avons échoué », a martelé Greta Thunberg, activiste suédoise de 16 ans lors d’une conférence de presse au Forum économique mondial de Davos, qui réunit tous les puissants de ce monde.

« Les adultes disent tout le temps qu’il faut donner de l’espoir aux jeunes, mais je ne veux pas de votre espoir, je ne veux pas que vous espériez. Je veux que vous commenciez à paniquer, je veux que vous ressentiez la peur que je ressens tous les jours, puis je veux que vous agissiez comme si notre maison était en feu, parce que c’est le cas », a-t-elle déclaré.

La jeune écologiste était invitée au Forum par un groupe de scientifiques et spécialistes de l’Arctique, Arctic Basecamp, qui ont installé un camp à Davos afin de rappeler l’urgence climatique à l’élite économique mondiale.

Depuis qu’elle a lancé les grèves scolaires pour le climat à Stockholm en août, Greta Thunberg est devenue la voix des jeunes appelants à une vraie action climatique. Elle a même pris la parole lors de la conférence de l’ONU sur le climat, la COP 24, en Pologne, en décembre.

Elle y avait critiqué des dirigeants politiques se comportant » comme des enfants » et forçant les jeunes à prendre les choses en mains.

« Ici à Davos, comme partout ailleurs, tout le monde parle d’argent. On dirait que l’argent et la croissance sont nos seules préoccupations », a-t-elle regretté à Davos. « Tous les mouvements politiques dans leurs formes actuelles ont failli, et les médias n’ont pas réussi à conscientiser la population, mais l’homo sapiens n’a pas encore tout à fait échoué. »

Les jeunes belges de plus en plus mobilisés pour le climat

Ils étaient plus de 35 000 élèves et étudiants belges à défiler dans les rues de Bruxelles, ce 24 janvier, pour réclamer de meilleures politiques climatiques. Ce rendez-vous devenu hebdomadaire commence à faire des vagues.

« Nous sommes face à un désastre, à des souffrances indicibles pour une part énorme de la population. Il n’est plus temps de parler poliment ou de se concentrer sur ce que nous pouvons ou ne pouvons pas dire. Il s’agit à présent de parler clairement », a-t-elle poursuivi. « Nous sommes en train d’échouer, mais il est encore temps d’inverser la tendance et de nous en sortir. »

La solution principale à la crise climatique « est si simple que même un enfant peut le comprendre » : réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pourtant, il n’y a aucune volonté politique de changer la manière dont nous vivons et commerçons.

« Que pouvons-nous faire face à cette absence de volonté politique ? Que faisons-nous quand les politiques nécessaires n’apparaissent pas à l’horizon ? »

Pour sa part, elle organise des grèves scolaires et appelle d’autres jeunes à se rallier à la cause climatique. Un appel qui a déjà trouvé un sol fertile en Europe, où des jeunes de tout le continent ont manifesté pour exhorter les leaders mondiaux à agir contre le réchauffement climatique.

À Berlin, des milliers d’entre eux ont pris la rue en scandant « We are here, we are loud because you are stealing our future » (« Nous sommes là, nous crions fort parce que vous volez notre avenir »).

Tweet de Julian Wettengel : Pas sûr que faire face à la foule des étudiants était la meilleure idée du ministre de l’Éco allemand@peteraltmaier ; il n’a pas pu placer un mot et a été hué jusqu’à ce qu’il quitte la manifestation. ‘Nous sommes ici, nous sommes bruyants, parce que vous volez notre avenir », scandait la foule. #Kohlekommission #KeepItInTheGround #CO2

À Bruxelles, le jeudi 24 janvier, près de 3 5000 jeunes étaient descendus dans la rue. Selon la police, il s’agit de la plus grande manifestation d’étudiants survenue récemment dans la capitale belge.

 

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