Les eurodéputés appliquent le cordon sanitaire à Beata Szydło

Le groupe des conservateurs et réformistes européens (CRE) souhaitait  présenter l’ancienne Première ministre de la Pologne, Beata Szydło, comme candidate à la présidence de la commission des Affaires sociales du Parlement européen. Les eurodéputés n’étaient pas du même avis.

Hier, Strasbourg n’est pas parvenue à remplir la dernière haute fonction européenne à pourvoir au Parlement, car les groupes politiques considèrent toujours que la candidate polonaise, Beata Szydło (PiS), n’est pas faite pour ce poste.

Avant le vote, certaines rumeurs, non confirmées par le groupe CRE, portaient à croire que Beata Szydło se retirerait de la course, laissant la présidence de la commission des affaires sociales à la députée européenne Elżbieta Rafalska, ministre polonaise de la Famille, du Travail et de la Politique sociale il y a encore un mois.

Le coordinateur du groupe PPE, Raffaele Fitto, a néanmoins surpris les eurodéputés lorsqu’il a une nouvelle fois proposé Beata Szydło, dont la candidature avait déjà été rejetée à Bruxelles la semaine dernière.

Raffaele Fitto a sommé ses collègues de respecter les principes démocratiques et l’application de la méthode d’Hondt pour la nomination des hauts postes au Parlement.

« Nous respectons le CRE et les autres groupes politiques, mais pour nous, les valeurs européennes sont non-négociables », a déclaré l’eurodéputé roumain Dragoș Pîslaru, coordinateur de groupe Renew Europe pour la commission des affaires sociales, après le vote.

Beata Szydło a directement réagi en affirmant qu’elle faisait partie des quelques personnes dans la salle pour qui les valeurs européennes étaient primordiales. « C’est très triste, en effet, parce que la personne qui a tenu ces propos ne me connait pas », a-t-elle dit, avant d’ajouter qu’elle avait toujours tenu au respect des valeurs européennes lors de son mandat en tant que Première ministre de la Pologne.

Les libéraux ont clairement indiqué qu’ils ne soutiendraient pas d’autres candidats du CRE, et d’autres groupes ont également laissé entendre leur désaccord.

L’autre candidate possible, Elżbieta Rafalska, a cependant chanté les louanges de sa collègue, déplorant que « nous rejetions l’une des meilleures candidates ». D’après cette dernière, « notre groupe devrait pouvoir décider de la personne qui sera à la tête de la commission ».

En marge de la réunion, une source du groupe CRE a affirmé qu’à ce stade, sa candidature devenait une « question de principe », ajoutant que la délégation polonaise  pouvait maintenant montrer les dents.

En guise de représailles, PiS pourrait décider de retirer son soutien à Ursula von der Leyen, dont la nomination au poste de présidence de la commission est soumise à un vote ce 16 juillet.

Ursula von der Leyen tente d’amadouer les socialistes

La candidate à la présidence de la Commission a répondu aux questions du groupe des socialistes et démocrates au Parlement européen. Le vote des eurodéputés sur sa candidature s’annonce serré notamment en raison des divisions au sein des socialistes.

Le parti PiS, fort de 26 eurodéputés, est la troisième délégation la plus importante du Parlement, après les chrétiens-démocrates allemands (CDU) et la Ligue, le parti de droite en Italie.

Le rejet de Beata Szydło « ne nous encourage guère à soutenir un consensus multipartite pour l’élection Ursula von der Leyen », a indiqué le coprésident du CRE, Ryszard Legutko, la semaine dernière.

L’échec concernant la présidence de la commission des affaires sociales a aussi eu un impact sur le travail du Parlement, ce qui a compliqué l’ensemble du programme institutionnel.

La Conférence des présidents des commissions ne sera pas constituée tant que les présidents des 20 commissions permanentes et des deux sous-commissions ne sont pas tous élus.

Une réunion de cette Conférence est nécessaire pour interroger et nommer officiellement Kadri Simson et Ioan Pascu, les deux nouveaux commissionnaires de l’Estonie et de la Roumaine.

Ils vont remplacer pendant quelques mois les anciens commissaires Andrus Ansip et Corina Crețu, tous deux ayant décidé de prendre leur siège au Parlement européen.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.