La modernisation des transports en commun berlinois va bon train

Berlin devient mobile. La ville prévoit de moderniser son réseau de transports en commun du tout au tout, et ce à coût de milliards d’euros. Pour ce faire, elle entend faire appel aux fonds structurels européens. Un article d’Euractiv Allemagne.

Berlin devient mobile. La ville prévoit des milliards d’euros pour moderniser son réseau de transports en commun du tout au tout. Pour ce faire, elle entend faire appel aux fonds structurels européens. Un article d’Euractiv Allemagne.

Les villes sont en mouvement continu : chaque jour les citadins s’activent pour se rendre au travail, à l’école ou chez l’un et l’autre. Prendre la voiture ? La question ne se pose pas vraiment : non seulement les véhicules polluent, mais les grandes villes manquent également très souvent de places pour se garer.

Un constat que le sénat de Berlin a bien compris. C’est pourquoi il entend révolutionner le réseau des transports en communs de la ville, l’ÖPNV. D’ici à 2035, les autorités devraient y injecter 28 milliards d’euros, par l’intermédiaire du Fonds européen de développement régional (FEDER).

« La taille même de la ville constitue le plus grand défi auquel nous sommes confrontés », a fait savoir Jan Thomsen, porte-parole du département environnement, transports et climat au sénat lors d’un entretien avec Euractiv Allemagne. Ce dernier déplore en outre un manque d’actions à cet effet.

La capitale allemande a débuté les travaux de construction de ses transports en commun relativement tôt. En effet, déjà au XIXe siècle, les citadins pouvaient profiter du Schnellbahn (train urbain express). Néanmoins, l’élan semble s’être fortement ralenti après les années 1990 jusque dans les années 2010.

La politique régionale pour lutter contre la mutation démographique

Les régions européennes se transforment. La population vieillit et quitte la campagne. Les villes s’agrandissent, les villages périssent. Ces changements démographiques entraînent plusieurs difficultés, tant et si bien que les infrastructures peinent à les résorber.

Ces dernières années, grâce à une économie et des recettes fiscales favorables, le secteur a pu bénéficier d’une attention particulière sur le plan des investissements. « Il était impératif [d’investir dans les transports en commun] », a indiqué M. Thomsen. Souhaitant tirer parti de ces conditions, la coalition gouvernementale berlinoise a présenté un plan concernant la modernisation du réseau à hauteur de 28 milliards d’euros jusqu’à 2035. De surcroît, les infrastructures pour les citoyens pendulaires devraient être modernisées grâce à 6 milliards d’euros supplémentaires.

Une partie de ces fonds provient du Feder, qui finance le programme « BENE » (Programme berlinois pour le développement durable). Ainsi, pour la période 2021-2027, 32 millions d’euros sont prévus pour la mobilité durable, autrement dit pour l’ÖPNV, le vélo et la marche. Maître mot de cette transition : la protection du climat. La quasi-totalité de l’ÖPNV a désormais été électrifiée. Les bus de la capitale devraient suivre le pas à l’horizon 2030.

Parmi les initiatives lancées, la construction d’une ligne de tram entre Adlershof et Schöneweide figure parmi les projets phares. Il s’agit des premiers travaux pour un nouveau trajet ferroviaire depuis des années. Ici, la moitié des coûts engendrés sera couvert par le FEDER. « Voici des fonds européens utilisés à bon escient », a déclaré M. Thomsen.

La nouvelle liaison viendra combler un trou dans le réseau de l’ÖPNV. Ces travaux sont primordiaux, car le quartier est en plein boom, d’après Nils Kremmin, représentant de la Berliner Verkehrsbetriebe (compagnie des transports berlinois, BVG). Des immeubles résidentiels y seront bientôt construits pour alléger la pression sur le marché du logement dans les quartiers de Berlin intra-muros. De plus, l’arrondissement concerné accueille pas moins de 25 000 étudiants et travailleurs dans plusieurs facultés et laboratoires scientifiques, dont les bâtiments devraient aussi être rénovés.

Il est crucial que la construction de la ligne soit terminée avant que les personnes n’affluent en masse pour que celles-ci ne s’habituent pas à parcourir les trajets en voiture, selon M. Thomsen. Souvent la construction de bâtiments est priorisée à la modernisation des moyens de transports afin de répondre aux changements démographiques, argue-t-il.

Pacte vert pour l'Europe, quel rôle pour les villes et les régions ?

La stratégie climatique devient une réalité à travers l’UE. Toutefois les modifications structurelles coûtent de l’argent. C’est là qu’entrent en jeu les fonds structurels européens ; des aides financières actuellement au centre des discussions à Bruxelles. Un article d’Euractiv Allemagne.

Toutefois, tel n’est pas le cas ici. « Nous avons anticipé cette situation », a expliqué M. Kremmin. Le premier coup de pioche pour le projet susmentionné a été donné le 18 mai, et tout se déroule comme prévu. La nouvelle liaison devrait entrer en activité au cours du deuxième semestre 2021. Le quartier accueille certes ses nouveaux arrivants, mais « nous sommes parfaitement dans les temps », s’est réjouit le chargé de presse.

D’après le plan de rénovation établi, le réseau de trams berlinois devrait augmenter de 40 % d’ici à 2035, afin de combler les écarts persistants et de répondre à la demande d’une ville en pleine croissance. Les initiatives s’étendant sur plusieurs législatures, elles n’ont pas encore toutes été financées – mais le contrat avec la BVG est en place et doit être respecté. Il est déjà clair qu’une partie sera financée par le Feder.

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