En Espagne, Pedro Sanchez plus proche que jamais de l’investiture

Pedro Sanchez.

La troisième tentative sera-t-elle la bonne ? Le leader socialiste a encore quelques obstacles à surmonter, liés notamment aux indépendantistes catalans d’ERC, mais il n’a jamais été aussi proche d’être nommé à la tête du gouvernement espagnol. Un article d’Euroefe.

Le roi Felipe VI a proposé Pedro Sanchez comme candidat à l’investiture à l’issue des deux jour de consultations menées à marche forcée. Mais les problèmes que le secrétaire général du Parti socialiste ouvrier espagnol (PSOE) doit encore régler ne sont pas des moindres.

Question épineuse

La question la plus délicate demeure celle du nécessaire dialogue sur le conflit catalan, exigé par la Gauche républicaine de Catalogne (ERC) pour donner son accord à l’investiture.

Espagne. La gauche catalane en position de faiseuse de Premier ministre

Le Premier ministre socialiste espagnol Pedro Sanchez négocie l’abstention au Parlement d’ERC, la gauche catalane. Pour enfin former un gouvernement. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Pour l’heure, Pedro Sánchez n’a pas précisé les contours de ce dialogue. Et ni le PSOE ni l’ERC ne donnent d’indices sur ce qui pourrait faire l’objet d’un accord.

Le 11 décembre au soir, à La Moncloa, Pedro Sánchez a voulu rester discret sur l’avancement des négociations avec l’ERC afin qu’elles puissent porter leurs fruits et a remercié les indépendantistes pour leur bonne volonté.

Plus loquace, son principal partenaire et probable futur vice-président, Pablo Iglesias, a assuré que les conversations entre les socialistes et l’ERC allaient « dans la bonne direction ».

Mais l’ERC n’est pas la seule à mériter l’attention de Pedro Sànchez, car il a également besoin du soutien d’autres partis pour pouvoir être nommé à la présidence du gouvernement.

Ces derniers exigent des engagements spécifiques des socialistes, et ils n’ont pas l’intention de faire cadeau de leur vote, aussi minoritaire soit-il, comme l’ont fait savoir certains de leurs porte-paroles pendant le cycle de consultations.

D’un bout à l’autre de l’hémicycle

Quoi qu’il en soit, les conditions posées ne sont pas impossibles à satisfaire et les partis pourront les exposer au PSOE, car Pedro Sánchez a annoncé que la porte-parole de sa formation, Adriana Lastra, allait rencontrer des parlementaires de tout l’hémicycle. Sans exclure personne, ni même Vox (extrême droite) et Bildu (coalition politique basque), avec qui les socialistes ne parlaient pas jusqu’à présent.

L'Espagne encore plus bloquée politiquement après les élections

Bond de l’extrême droite, recul des socialistes, effondrement des libéraux: l’échiquier politique espagnol était encore plus chaotique lundi au lendemain de nouvelles législatives, compliquant à l’extrême la formation d’un nouveau gouvernement.

Mais le leader socialiste a aussi annoncé une autre série de contacts qui pourraient se révéler utiles pour calmer les esprits au sein de son parti.

Il s’adressera à tous les présidents régionaux, y compris les socialistes Javier Lambán et Emiliano García Page, qui ont ouvertement critiqué les pourparlers avec les séparatistes.

Plus symbolique encore et plus délicat, l’appel que Pedro Sanchez adressera au président de la généralité de Catalogne, Quim Torra, alors qu’il refusait jusqu’à maintenant toute conversation téléphonique avec lui. Un autre geste de conciliation à l’égard des indépendantistes.

Quand l’investiture aura-t-elle lieu ?

Il faudra voir comment les négociations évoluent pour pouvoir trouver une réponse à l’autre grande inconnue : la date de l’investiture.

Là aussi, Pedro Sánchez insiste sur le fait que le « quoi » est plus important que le « quand », tout en répétant sa volonté de parvenir à un consensus, de parler à tout le monde et de voir son gouvernement progressiste avec Podemos entrer en fonction le plus tôt possible.

Mais, indépendamment de la date qui sera choisie pour l’événement, ce sera la troisième fois que Pedro Sanchez se soumettra à la confiance du Congrès pour être désigné comme président du gouvernement. Les deux tentatives précédentes se sont soldées par des échecs.

La première avait eu lieu en mars 2016, lorsque le roi l’avait proposé comme candidat après que le vainqueur des élections, Mariano Rajoy, avait refusé d’être désigné parce qu’il ne disposait pas du soutien nécessaire.

Le deuxième essai remonte à juillet dernier, lorsque Pedro Sànchez a vu le Congrès rejeter son investiture après l’échec des négociations avec Podemos.

Un scénario très différent de l’actuel, où Podemos et son chef sont sur le point d’entrer au Conseil des ministres, pour autant que cette fois, l’investiture de Pedro Sanchez ait bien lieu.

Car si tout se passe bien, la troisième fois sera la bonne et Pedro Sanchez, le seul président élu sur la base d’une motion de censure, aura enfin accès au pouvoir par des moyens ordinaires.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.