En Lituanie, Emmanuel Macron attendu sur la crise au Bélarus

Un manifestant marche lors d'un rassemblement pour protester contre les résultats de l'élection présidentielle à Minsk, au Belarus, le 27 septembre 2020. [EPA-EFE/STR]

Les dirigeants lituaniens attendent d’Emmanuel Macron qu’il affiche un soutien clair contre le régime du Belarus voisin et les pressions russes, lors de sa visite à Vilnius. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Le président français Emmanuel Macron arrive lundi à Vilnius, où les dirigeants lituaniens attendent son soutien clair contre le régime du Belarus voisin et les pressions russes, au lendemain de nouvelles manifestations massives à Minsk.

Dimanche, à la veille de d’une tournée de deux jours en Lituanie puis en Lettonie, Emmanuel Macron a pris position haut et fort contre le président bélarusse Alexandre Loukachenko, soutenu par Vladimir Poutine.

« Ce qui se passe en Biélorussie, c’est une crise de pouvoir, un pouvoir autoritaire qui n’arrive pas à accepter la logique de la démocratie et qui s’accroche par la force. Il est clair que Loukachenko doit partir », a-t-il déclaré au Journal du Dimanche.

200 personnes arrêtées dimanche

L’Union européenne comme les États-Unis refusent de reconnaître l’élection de M. Loukachenko, jugée frauduleuse, et condamnent la répression contre les opposants. La police bélarusse a encore arrêté quelque 200 personnes dimanche.

Le président français n’a d’ailleurs « pas exclu » de rencontrer à Vilnius la cheffe de file de l’opposition bélarusse, Svetlana Tikhanovskaïa, exilée en Lituanie.

Des écrivains, artistes et scientifiques lituaniens ont appelé dimanche le président français à soutenir les manifestants au Bélarus. « Hommes et femmes » du Bélarus « sont soumis à des tortures inhumaines. Et cela se passe dans l’Europe du XXIe siècle ! », soulignent ces artistes et scientifiques, dont certains déjeuneront mardi avec Emmanuel Macron.

Cette crise devrait dominer les discussions du président français lundi avec son homologue lituanien Gitanas Nauseda.

Beaucoup d’attente

Svetlana Tikhanovskaïa a déclaré pour sa part au journal français Le Figaro qu’elle « attend beaucoup » du président français, qui doit « parler plus fort » et « s’engager pour nous aider à sortir de l’impasse ».

La France demande pour le Bélarus une transition pacifique prenant en compte la volonté de la population, « en évitant le risque d’une plus grande répression, voire d’une intervention de la Russie », selon l’Elysée.

Les États baltes attendent aussi du président français un appui ferme contre les pressions de Vladimir Poutine, la crise du Bélarus tournant au bras de fer entre les pays occidentaux et la Russie. Et ce au moment où l’empoisonnement de l’opposant russe Alexeï Navalny accroît encore les tensions entre Moscou et l’Occident.

Plus de bravoure pour la diplomatie européenne

Lors de son discours sur l’état de l’Union, Ursula von der Leyen a appelé le bloc à être plus courageux sur le plan diplomatique. Au menu : les lacunes de la politique étrangère et les détracteurs des droits de l’homme.

« Les dirigeants lituaniens attendent une réaction ferme de Macron face à la Russie, mais son dialogue avec Vladimir Poutine peut susciter des questions », a averti le professeur de l’Université de Vilnius Ramunas Vilpisauskas.

Bras de fer avec Moscou

« J’ai parlé à Vladimir Poutine le 14 septembre, le jour où il recevait Loukachenko à Sotchi. Je lui ai dit que la Russie a un rôle à jouer, et ce rôle peut être positif s’il pousse Loukachenko à respecter la vérité des urnes et à libérer les prisonniers politiques. C’était il y a quinze jours, nous n’y sommes pas », a commenté le président français.

Au cours de sa visite, « Emmanuel Macron pourrait jouer un rôle de médiateur entre Loukachenko et l’opposition », suggère le politologue letton Marcis Krastiņs.

En avril 2018, Emmanuel Macron avait reçu à Paris les présidents des trois États baltes à l’occasion du centième anniversaire de leur indépendance. Il avait alors réaffirmé que la France était à leurs « côtés », notamment « dans le cadre de l’Otan ».

Le Français profitera d’ailleurs de sa visite pour rencontrer les troupes de l’Otan dans la région, en se rendant sur la base lituanienne de Rukla où sont stationnés 300 soldats français intégrés à un bataillon international de l’Otan. Une présence symbolique face aux forces russes.

L’Alliance atlantique a déployé des rotations permanentes de troupes en Pologne et dans les États baltes face à la politique jugée agressive de Moscou depuis l’annexion en 2014 de la Crimée ukrainienne.

L'appel à l'aide d'Alexandre Loukachenko à Moscou, un signe de faiblesse ?

La seule cheffe biélorusse de l’opposition à ne pas être allée en exil, Maria Kolesnikova, se montre optimiste quant à l’avenir du mouvement prodémocratie qui traverse le pays. Un article d’Euroefe.

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