En Lorraine, le fonds social européen encourage le maraîchage bio

6,1% des légumes frais produits en France sont issus de l'agriculture biologique. [George Groutas/Flickr]

Des demandeurs d’emploi se lançent dans les légumes bio à Courcelles-Chaussy dans l’Est de la France.

Ils sont 12 tous les ans. Douze chômeurs qui décident de changer radicalement de vie pour se lancer dans le maraichage bio, encouragés par la région et le fonds social européen.

Rarement issus du milieu agricole, ce sont d’anciens ouvriers ou employés, femmes et hommes dont l’aspiration commune est de retrouver une vie plus saine, proche de la terre. Une démarche qui répond aussi à une demande croissante de produits bio en France. Pour une offre insuffisante, puisque seules 6 % des exploitations agricoles sont agrées agricultures biologique aujourd’hui, et leur répartition géographique est inégale. Les régions du sud de la France, et notamment la région Provence Alpes Cotes d’Azur, ainsi que le Languedoc Roussillon ont une offre abondante, mais certaines régions comme l’Est de la France en ont nettement moins selon les chiffres de l’agence bio.

Problème de terrain

« C’est un métier valorisant : on plante, ça pousse, les gens sont contents ! » assure Violette, qui a débuté sa formation à l’établissement de formation professionnelle agricole de la Ferme des Mesnils en janvier 2018.

Pour être sélectionnés, les futurs stagiaires doivent être porteurs d’un projet en maraîchage bio de sa mise en oeuvre à son installation et à la commercialisation. La plupart n’ont pas de terrain pour lancer l’exploitation. La cohérence du projet et la motivation sont des facteurs clés du choix des candidats. « L’ambition de ces futurs maraîchers ne peut être uniquement d’ordre financier. L’approche écologique et sociale, avec notamment les circuits courts, est indissociable » précise Philippe Meyer, en charge de la formation.

Un programme de formation est chargé : 1400 heures de cours, de février à novembre, pendant laquelle les stagiaires étudient les principes de l’ « agro-écologie » et la manière dont ils pourront en vivre. La formation est à la fois théorique et pratique et aborde l’ensemble des domaines nécessaires à un futur maraîcher : la conduite technique des cultures, la mise en oeuvre de leur projet mais aussi les aspects commerciaux.

Engrais chimiques, pesticides, OGM sont interdits. Les stagiaires sont sensibilisés à composer avec les faunes auxiliaires (par exemple utiliser les coccinelles pour manger les pucerons). De plus toute la production de la ferme est vendue sur place aux particuliers afin de familiariser les stagiaires à la vente.

Outre le financement de la formation par le FSE à hauteur de 40.000€ par an, le dossier peut être réutilisé pour obtenir une aide à l’installation des jeunes agriculteurs. Cette aide vise à soutenir des personnes en reconversion dans le cadre d’une première installation et favoriser la viabilité économique de leur projet. Elle est financée par les crédits européens sur le fonds européen agricole pour le développent rural (FEADER) en complément de crédits nationaux. 

Cette formation fête ses 10 années d’existence. Les résultats sont parlants : 80% des stagiaires restent dans la filière dont 40% qui ont créé leur propre exploitation comme Violette, alors qu’elle était toujours en formation. Elle a pu racheter 2 hectares de prairie à un fermier et s’est installée avec son mari. « J’ai privilégié ce qui fonctionne pour démarrer: salades, courgettes, tomates, poivrons, carottes. L’originalité viendra avec la pratique! » assure-t-elle. Partenaire d’une AMAP (Association pour le maintien d’une agriculture paysanne), cette année elle assure le ravitaillement de 25 paniers à ses membres. D’ici 5 ans, elle espère en fournir 60.

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