Les responsables politiques se présentant aux élections européennes l’année prochaine auront plus à gagner à faire le bonheur de leur parti national qu’à faire campagne sur des thèmes européens communs, affirme Sebastian Kurpas, analyste au Centre for European Policy Studies (CEPS) à Bruxelles.
« Les listes sont déterminées par les partis nationaux et régionaux. Aussi, pour ceux qui veulent être bien placés sur la liste, il y a une incitation à être en bons termes avec les partis nationaux et c’est naturel », a déclaré M. Kurpas dans un entretien à EURACTIV.
Selon M. Kurpas, le problème est que les eurodéputés élus sont peu incités à bien travailler dès lors qu’ils ont pris leurs fonctions. « Vous pouvez être un eurodéputé couronné de succès qui travaille très dur au niveau européen mais au final, ce n’est pas déterminant pour être en bonne place sur la liste. A terme, il sera plus important d’entretenir de bonnes relations avec les partis nationaux plutôt que de dresser une liste. »
L’absence d’une réelle « sphère publique européenne » avec une identité, une culture et des médias communs a souvent été la raison choisie pour expliquer l’absence d’un esprit européen lors dans campagnes électorales de l’UE. Selon le professeur Cees Van der Eijk de l’Université de Nottingham, ce phénomène a transformé les élections européennes en « élections nationales de second ordre » (EURACTIV 14/04/08).
Par conséquent, il est toujours difficile de prévoir le résultat des élections européennes. « Vous avez 27 opinions publiques nationales qui peuvent changer et des personnes qui ont tendance à baser davantage leurs choix sur des questions nationales que sur des questions européennes », explique M. Kurpas. « Il est donc très difficile de prévoir […] Vous devez vraiment observer les 27 débats nationaux ».
Selon M. Kurpas, une des solutions pour sortir de l’impasse serait d’introduire un système par lequel un certain nombre d’eurodéputés sont directement élus, sans passer par les listes dressées par les partis au niveau national. Un tel système, affirme-t-il, « stimulerait des campagnes portant sur vos réalisations et sur votre programmes au niveau européen ».
M. Kurpas explique qu’ « il ne reviendrait pas aux partis européens de décider du mandat mais au candidat lui-même, avec une certain part des voix dans une circonscription électorale donnée ».
Cependant, il reconnaît que cette approche « n’est pas réaliste à court terme » et recommande d’ouvrir cette procédure à un nombre limité de sièges uniquement.
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