Épicerie fine ou app, l’entrepreneuriat des quartiers se conjugue au féminin

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Promouvoir l’entrepreneuriat des femmes représente une des réponses au problème du chômage que l’Europe encourage. En France, HEC soutient les femmes issues de quartiers défavorisés, dans la logique du plan « Entreprendre au féminin ».

Des femmes issues des banlieues françaises ont passé le mois de janvier à potasser leur business model avec des élèves d’HEC. Le projet Stand-up, qui s’effectuait auparavant sur une semaine,  s’est transformé depuis deux ans en accompagnement au long cours : une semaine de sélection, trois semaines en janvier puis deux sessions durant l’été. L’école de commerce s’est fixé l’objectif de 380 bénéficiaires du programme pour 2018.

Pour Stéphanie, participante à l’édition de 2016, Stand-up permet de voir au-delà de la formation.  « On est dans l’optique de « qu’est-ce qui se passe après ». Un accélérateur ? Des formations diplomantes ? » souligne la jeune femme qui a fondé avec Paulina et Nathalie, deux autres participantes, la société Jo & Avrel d’épicerie fine à base de produits africains. Son projet a notamment intégré Station F, le plus grand incubateur de France, un débouché  qui attend une dizaine dix projets du programme.

L’entrepreneuriat féminin laissé pour compte dans les quartiers populaires 

Présentées comme des modèles, les participantes de Stand-up restent des exceptions. Selon une étude publiée par le CREDOC en 2015, seulement 2 % des femmes sont entrepreneurs dans les zones urbaines sensibles (ZUS), contre 6 % en dehors. Les quartiers populaires sont aussi plus touchés par les inégalités de genre : les hommes sont trois fois plus souvent entrepreneurs que les femmes dans les ZUS, contre deux fois en général. Une situation que relativise Séverine Le Loarne, membre de la chaire Femmes et Renouveau économique à l’École de management de Grenoble.

«L’idée qu’il n’y a pas d’entrepreneuriat féminin dans les quartiers dits « difficiles » est fausse. En général, l’entrepreneuriat y est moins présent tout court, pour les femmes comme pour les hommes. En ce qui concerne les femmes, on y trouve un entrepreneuriat différent, plus coopératif et solidaire, basé sur des collectifs, et avec une logique plus créative. »

Car les idées ne manquent pas. Hafida Guebli, originaire de Seine Saint-Denis et ancienne participante de Stand-up, a commencé à entreprendre à 13 ans. « Je louais d’abord des robes à mes copines de classe. J’ai continué cette activité pendant longtemps, je lui ai même créé une page Facebook à mes 18 ans. » La jeune femme est aujourd’hui à la tête de Neybs, une application de remontée d’informations au locataire (panne, dégât des eaux par exemple) qui s’adapte aux populations spécifiques (illettrés, malvoyants, etc.).

« La principale difficulté que j’ai rencontrée a concerné l’aspect financier. Pour être crédible face à la banque, j’ai dû vendre ma voiture et emprunter à mon entourage », raconte la jeune femme, qui souligne également la pression née du fait de  « représenter son quartier » après la réussite de son projet.

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Des initiatives nationales et européennes pour l’entrepreneuriat féminin

La question du financement est au coeur du dispositif « Entreprendre au féminin » lancé par la France, complété par un plan interministériel à l’égalité professionnelle. Un fonds de garantie pouvant couvrir jusqu’à 45 000 euros du prêt contracté par une entrepreneure a aussi été mis en oeuvre.

Des solutions peu adaptées, selon Sévérine Le Loarne. « La question est celle de la posture des femmes, de comment elles se présentent, en particulier aux banques. Les femmes pensent en termes de qualité de leur produit, plutôt que de modèle économique. Les banques ont donc plus de mal à les suivre. »

Au niveau européen, les femmes représentent 52 % de la population mais seulement 30 % des entreprises nouvellement créées. Pour tenter d’y remédier, la Commission propose programmes de coaching et d’information, relayés sur la plateforme WeGate. Là aussi, l’initiative est balbutiante. Un exemple de ces programmes est la « Communauté européenne des business angels et femmes entrepreneures », qui propose à des femmes actuellement à la tête d’entreprises de coacher des aspirantes à l’entrepreneuriat notamment dans la recherche de fonds pour leur projet. Lancé en 2017, le programme concerne pour l’instant quatre projets répartis sur 14 États membres…Les petits ruisseaux font les grandes rivières.

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