Viktor Orbán s’agace de la décision du PPE de suspendre son parti

[EPA-EFE/MAURIZIO BRAMBATTI]

Dans une note de service adressée au chef du Parti populaire européen (PPE), le Premier ministre hongrois appelle à un « débat interne sur la future mission du PPE », qui depuis les élections européennes a perdu du terrain.

Le torchon brûle toujours entre Viktor Orbán et le Parti populaire européen. Alors que le président du PPE, Donald Tusk, a décidé il y a un mois de prolonger la suspension du Fidesz, le parti au pouvoir en Hongrie et dirigé par Viktor Orbán, ce dernier d’user d’un  droit de réponse à sa famille politique.

Le Premier ministre hongrois appelle le PPE à élever davantage la voix contre les socialistes qui aident « l’extrême gauche anarchiste et communiste à [accéder au] gouvernement ».

« Au lieu de redoubler d’efforts contre le communisme et le marxisme, nous félicitons Fidel Castro et Karl Marx », déplore Viktor Orbán dans sa note.

Il critique par ailleurs les membres du PPE pour avoir élu Donald Tusk, ancien président du Conseil européen, à la tête du parti en novembre 2019.« Nous avons élu un président qui a importé les conflits et intérêts polonais dans le PPE », écrit Viktor Orbán. « N’importe quelle personne présente à la dernière assemblée politique aurait pu s’en rendre compte ».

Afin de préserver l’unité politique lors de l’assemblée de février du PPE, Donald Tusk a annoncé que la suspension du Fidesz serait prolongée indéfiniment. Cette sanction avait été imposée en mars 2019 après qu’il a été présumé que la Hongrie enfreignait le principe de l’État de droit.

Viktor Orban brocarde encore la droite européenne du PPE

Le dirigeant souverainiste hongrois Viktor Orban a brocardé jeudi le PPE qu’il juge en perte de vitesse, trop centriste, et qu’il n’exclut pas de quitter alors que son parti, le Fidesz, est actuellement suspendu de ce groupe politiqu

D’après un membre du PPE, Donald Tusk s’est montré agressif lors de son discours, déclarant que la situation s’était détériorée en Hongrie depuis la suspension du Fidesz. Presque toute la réunion portait sur l’avenir de Viktor Orbán au sein du groupe, indique la source.

Le président du PPE a annoncé qu’il présenterait des propositions spécifiques concernant l’affaire Fidesz lors de la prochaine assemblée du parti en avril. Il a également suggéré d’organiser un congrès extraordinaire au début de l’année prochaine pour prendre les dernières décisions.

« Nous pensons qu’il est naturel, démocratique et légitime qu’un parti membre de notre famille politique pousse à changer nos lignes directrices », a écrit Viktor Orbán aux chefs du PPE, suggérant aux partis membres de redéfinir « l’orientation stratégique du PPE ».

« Nous recommandons aux partis membres de coopérer et de former des coalitions, non seulement avec la gauche, mais aussi avec la droite dans leurs pays », déclare le Premier ministre. « Outre les représentants des partis centristes, les représentants de la droite chrétienne » doivent aussi être représentés au sein du PPE, a-t-il insisté.

Cette suspension risque d’accentuer le clivage au sein de la famille politique. Les conservateurs intransigeants affirment en effet qu’il est peu judicieux de saliéner le Fidesz.

« Cela n’a  aucun sens de punir le parti le plus victorieux du groupe », avait affirmé Janez Janša, ancien Premier ministre slovène, à l’occasion du congrès du PPE en novembre dernier.

Lors d’une conférence de presse le 9 janvier, Viktor Orbán a annoncé que le futur de l’EPP intéressait son parti, mais qu’il quitterait la famille politique s’il « ne parvenait pas à changer ». Il a en outre ajouté qu’il « était peut-être justifié » d’ajouter une nouvelle initiative démocrate-chrétienne à l’Union européenne.

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