Le Parti socialiste-ouvrier espagnol (PSOE) du Premier ministre Pedro Sánchez, qui dirige une coalition minoritaire de gauche avec la plateforme progressiste Sumar, a conclu un accord avec les partis indépendantistes catalans sur une loi d’amnistie pour les séparatistes en échange de leur soutien au parlement.
Le président du gouvernement régional de Catalogne, Pere Aragonès, s’est félicité jeudi (7 mars) de l’approbation de la nouvelle loi d’amnistie par la commission parlementaire de la justice le même jour.
« C’est un grand jour parce que la loi d’amnistie met un terme à la répression et marque le début de la fin d’un cauchemar qui a entraîné l’emprisonnement, l’exil et la menace pesant sur plusieurs centaines de personnes » pour avoir défendu « la cause de l’indépendance de la Catalogne », a-t-il déclaré.
Dans le cadre de l’accord, qui a été conclu après des semaines de discussions tendues, le gouvernement graciera les séparatistes catalans qui ont été accusés de sédition et de terrorisme pour leur rôle dans un référendum d’indépendance non approuvé tenu en 2017 et les manifestations qui ont suivi.
En échange de l’amnistie, les deux principaux partis séparatistes de Catalogne, le parti de droite Ensemble pour la Catalogne (JxCat) et la Gauche républicaine de Catalogne (ERC), ont soutenu la candidature de M. Sánchez pour un nouveau mandat de quatre ans et donneront au PSOE les voix nécessaires pour obtenir une majorité au parlement.
L’ancien président catalan et leader du parti JxCat, Carles Puigdemont, qui vit en exil en Belgique avait refusé de soutenir M. Sánchez sans une loi d’« amnistie complète ».
JxCat avait rejeté une première proposition en janvier, qui, selon le parti, n’offrait pas suffisamment de garanties que les séparatistes ne seraient pas poursuivis.
L’accord d’amnistie final couvre « toutes les personnes liées au processus d’indépendance » et est « pleinement conforme à la Constitution, au droit et à la jurisprudence de l’UE et aux meilleures normes européennes et internationales », ont déclaré les partis dans un communiqué commun jeudi.
Pedro Sánchez a également longtemps insisté sur le fait que la grâce aux séparatistes était le seul moyen de faire avancer le pays.
Sánchez, « marionnette de Puigdemont »
Le leader du Partido Popular (PP), Alberto Nuñez Feijóo, a qualifié l’accord de « scandale » jeudi.
Dans un discours prononcé lors du congrès du Parti populaire européen (PPE) à Bucarest cette semaine, il a accusé le gouvernement espagnol de permettre que des « crimes très graves » restent impunis.
« Aujourd’hui, un gouvernement européen va laisser impunis des crimes très graves contre les fondements de l’UE », a déclaré M. Núñez Feijóo.
Le président du PPE, Manfred Weber, a vivement critiqué le Premier ministre socialiste espagnol.
« En Espagne, M. Sánchez est en train de devenir ua marionnette de M. Puigdemont […]. Honte à M. Sánchez, honte aux socialistes », a déclaré M. Weber à Bucarest.
La loi d’amnistie controversée pourrait être approuvée par le parlement espagnol d’ici la fin du mois de mai ou le début du mois de juin.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]




