Siegfried Mureșan, vice-président du Parti populaire européen (PPE), a averti Pedro Sánchez lundi (27 novembre) que l’Espagne pourrait être privée des fonds de l’UE en raison de sa loi d’amnistie pour les indépendantistes catalans, que le Premier ministre nouvellement reconduit a acceptée en échange du soutien des partis catalans à son investiture.
Le président du groupe de centre droit, Manfred Weber, et le président du Partido Popular (PP), Alberto Núñez Feijóo, ainsi que d’autres représentants du parti espagnol, ont participé lundi à une conférence du PPE à Barcelone intitulée « L’État de droit en danger en Espagne ».
Durant cet évènement, M. Mureșan a prévenu M. Sánchez (PSOE, Socialistes et Démocrates européens) que l’Espagne pourrait perdre l’accès aux fonds de relance de l’UE (Next Generation EU) en raison de l’« attaque contre l’État de droit » que représente la loi d’amnistie.
Le PP — de même que le parti d’extrême droite Vox (Conservateurs et Réformistes européens), troisième force au parlement espagnol — juge cette loi inconstitutionnelle, et la qualifie d’« attaque contre les règles européennes », rapporte EFE, média partenaire d’Euractiv.
« Les fonds européens ne peuvent arriver en Espagne que si l’État de droit est respecté. La loi d’amnistie est une attaque claire contre les normes et les valeurs européennes. Nous sommes venus pour protéger l’État de droit », a déclaré le vice-président du PPE, qui est le plus grand groupe au Parlement européen.
« Nous sommes préoccupés par la violation de l’État de droit. Nous sommes avec les Espagnols. Nous ne voulons pas rester silencieux », a-t-il ajouté.
Selon M. Mureșan, « l’Espagne a besoin d’un Premier ministre qui ait la confiance de l’Europe, des citoyens et des entreprises espagnols ».
Le maire de Madrid, José Luis Martínez Almeida (PP), et le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani (Forza Italia, PPE), ont également également participé à la conférence.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


