Le budget 2018 de l’UE adopté in extremis

Antonio Tajani signe le budget 2018. [European Parliament]

Le Conseil et le Parlement européen ont approuvé l’accord conclu le 18 novembre par la commission de conciliation. Le budget 2018 est donc finalement adopté, malgré l’abstention du groupe S&D.

Märt Kivine, vice-ministre des Finances estonien et négociateur en chef du Conseil pour le budget 2018, a déclaré que le Parlement et le Conseil partageaient les deux mêmes priorités principales pour l’exercice 2018 : s’attaquer à la migration et à la sécurité, et stimuler l’innovation, la croissance et l’emploi en Europe.

« Je suis convaincu que nous sommes parvenus à un résultat positif et équilibré, qui permettra à l’Union d’agir et de réagir aux différents besoins », a-t-il déclaré.

Pour le budget de l’année prochaine, les eurodéputés ont obtenu un soutien accru en faveur des jeunes chômeurs et un financement supplémentaire pour les PME, les programmes de recherche et Erasmus+.

Les crédits d’engagement pour 2018 représentent au total 160,1 milliards d’euros et les crédits de paiement 144,7 milliards d’euros.

Suite à l’approbation formelle par le Conseil de l’accord de conciliation avec le Parlement sur le budget 2018, le Parlement a approuvé le budget par 295 voix contre 154, avec 197 abstentions. Il a ensuite été signé par le président du Parlement, Antonio Tajani.

Le rapporteur principal pour le budget 2018, Siegfried Muresan (PPE, Roumanie), a assuré que le budget répondait à ce que les citoyens européens attendent de l’Europe : emplois et croissance d’une part, sécurité d’autre part.

« En investissant dans la recherche, les infrastructures, l’éducation et les PME, nous deviendrons plus compétitifs et tournés vers l’avenir. En ce qui concerne la sécurité, nous sommes parvenus à renforcer Europol et Eurojust, afin qu’ils mettent en place une meilleure coopération et une meilleure coordination dans la lutte contre le terrorisme et la criminalité organisée à travers l’UE », a-t-il poursuivi.

Le rapporteur a également souligné que la Turquie recevra moins du budget de l’UE : « le soutien de l’UE aux pays tiers n’est pas sans condition. La Turquie s’éloigne des valeurs de l’UE et nous avons décidé de réduire l’aide de 105 millions d’euros par rapport à la proposition de la Commission ».

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Abstention socialiste

Le groupe S&D s’est abstenu de voter sur le budget. C’était la première fois que le groupe ne soutenait pas un budget annuel de l’UE.

Eider Gardiazabal Rubial, porte-parole du groupe S&D pour le budget de l’UE, a déclaré qu’elle ne croyait pas qu’un budget sérieux pour l’UE ne puisse être négocié en tout juste 16 heures.

« Nous n’avons même pas discuté de la nécessité de financer l’aide humanitaire ou de gérer la crise des réfugiés. En nous abstenant, nous espérons envoyer un message au Conseil. Nous avons besoin d’un budget sérieux, capable de relever les nombreux défis auxquels l’Europe est confrontée », estime-t-elle.

« Nous ne pouvons accepter un budget qui coupe les infrastructures énergétiques, les paiements aux agriculteurs et refuse d’augmenter l’aide humanitaire. C’est pourquoi nous avons refusé pour la première fois de soutenir un budget de l’UE », a ajouté Isabelle Thomas, vice-présidente du groupe S&D et responsable du budget.

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Les États membres de l’UE ont décidé de réduire la proposition de budget de l’UE pour 2018 de 1,2 milliard d’euros. Une partie de cette baisse affecterait l’aide au développement, au grand dam des ONG.  

Le groupe de gauche GUE/NGL a voté contre l’accord également. Liadh Ní Riada, coordinatrice du groupe pour le budget, a en effet déclaré que le budget voté était déséquilibré et que ses priorités faussées.

Elle a insisté sur le fait que son groupe s’oppose aux « mouvements dangereux en cours dans les grands États membres d’Europe pour la construction d’une armée européenne ».

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