L’UE n’envisage pas de s’aligner sur les États-Unis pour sanctionner les Balkans occidentaux

L’annonce des États-Unis d’Amérique intervient une semaine après que l’Office of Foreign Assets Control (OFAC) du département américain du Trésor a sanctionné trois Bulgares pour corruption en Bulgarie, ainsi que leurs réseaux englobant 64 entités. [Shutterstock/Zwiebackesser/okili77]

L’UE n’envisage pas de s’aligner sur les États-Unis pour sanctionner les Balkans occidentaux, a indiqué la Commission européenne mercredi (9 juin). Une déclaration faisant suite à la signature par Joe Biden d’un décret visant à suspendre l’entrée aux États-Unis pour ceux qui contribuent au déséquilibre de la situation dans les Balkans.

Les États-Unis ont annoncé des sanctions très vastes contre ceux qui participent à des actes de corruption ; transgressent les droits humains ; menacent « la paix, la sécurité, la stabilité et l’intégrité territoriale » de certaines régions des Balkans occidentaux ; ou « sapent leurs processus et institutions démocratiques ».

Ceux qui violent les traités régionaux, comme l’accord de Prespa ou l’accord de Dayton, pourraient également être sujets au gel de leurs avoirs et se voir refuser l’entrée aux États-Unis.

L’accord de Dayton, également connu sous le nom d’accord-cadre général pour la paix en Bosnie-Herzégovine, a d’ailleurs refait surface il y a peu. En avril, la publication de divers documents fantômes aux auteurs incertains avait provoqué une véritable tempête politique tout autour de l’orbite européenne et à Bruxelles.

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Parmi les dossiers de discorde figurait une proposition de dissolution de la Bosnie-Herzégovine en redessinant ses frontières selon des critères ethniques. Certaines sources affirment que l’auteur n’est nul autre que le Premier ministre slovène Janez Janša, dont le pays reprendra la présidence tournante du Conseil de l’UE à partir de juillet. Des allégations que Ljubljana a vigoureusement réfutées.

Sans s’exprimer sur le décret américain susmentionné, le porte-parole du Service européen de l’action extérieure (SEAE) Peter Stano a déclaré que l’UE « n’envisageait pas de sanctions » à l’heure actuelle.

« Toute sanction éventuelle doit être décidée à l’unanimité entre les États membres. Si une nation trouve un accord sur un régime de sanctions, alors nous nous pencherons sur la question. Néanmoins, pour le moment, le sujet ne figure pas parmi les points abordés avec nos partenaires dans les Balkans occidentaux », a-t-il ajouté.

L’annonce de la Maison Blanche intervient une semaine après que le Bureau du contrôle des avoirs étrangers du Département du Trésor des États-Unis a sanctionné trois Bulgares pour corruption en Bulgarie, ainsi que leurs réseaux englobant 64 entités.

L’administration estime que la corruption dégrade l’État de droit, affaiblit les économies et la croissance économique, sape les institutions démocratiques, perpétue les conflits et prive des civils innocents des droits humains. L’action du 2 juin – la plus importante action ciblant la corruption à ce jour – démontre l’effort continu du département du Trésor dans le but de tenir pour responsables les personnes impliquées dans la corruption.

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