Exportations de vaccins vers le Royaume-Uni : l’UE pourrait serrer la vis

epa09079837 European Commission President Ursula von der Leyen during a press conference following a college meeting to introduce draft legislation on a common EU Covid-19 vaccination certificate, in Brussels, Belgium, 17 March 2021. The European Commission announced the introduction of vaccination certificates, so-called 'Digital Green Certificate', for people vacinnated against Covid-19 in which the holder will provide informations on COVID-19 vaccination, recovery and test results by the end of summer. The certificate shall facilitate free travel within the EU under coronavirus pandemic restrictions. EPA-EFE/JOHN THYS / POOL [EPA-EFE]

« Si la situation ne change pas, nous allons devoir réfléchir au moyen de conditionner les exportations à destination des pays producteurs de vaccins à leur niveau d’ouverture », a déclaré Ursula von der Leyen mercredi (17 mars).

« L’Europe a volonté de faire fonctionner la coopération internationale, que ce soit par des financements au COVAX – dont nous sommes le premier bailleur de fonds – ou par des exportations vers d’autres pays. Mais, l’ouverture doit aller dans les deux sens. Et c’est pourquoi nous devons veiller à garantir la “réciprocité” et la “proportionnalité” », a indiqué la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen au cours d’une conférence de presse, soulignant que l’UE avait exporté 41 millions de doses dans 33 pays différents jusqu’à présent.

Pour l'EMA, les bienfaits du vaccin AstraZeneca contrebalancent ses risques

Il n’y a actuellement aucun lien direct entre le vaccin AstraZeneca et les cas rares de thrombose, a déclaré l’Agence européenne des médicaments (EMA), indiquant qu’elle publierait ses conclusions sur le sujet jeudi (18 mars).

Nous devons être en mesure d’expliquer aux citoyens européens comment nous parvenons à livrer des vaccins au monde entier, mais peinons à opérer au sein de l’Union. Nous exportons vers 30 pays, mais rien ne revient aux pays producteurs. C’est un point sur lequel nous devons nous attarder, a-t-elle renchéri.

« En d’autres termes, nous voulons des livraisons fiables de vaccins, nous voulons voir des augmentations dans les contrats, nous voulons la réciprocité et la proportionnalité dans les exportations. Et nous sommes prêts à user de tous les instruments nécessaires pour l’obtenir. Il s’agit de faire en sorte que l’Europe obtienne sa juste part. »

Évoquant que « toutes les options » étaient envisagées, Mme von der Leyen a soutenu qu’il était primordial de sortir de cette crise le plus rapidement possible.

« En ce qui concerne la réciprocité, je veux être claire : si la situation ne change pas, nous allons devoir réfléchir au moyen de conditionner les exportations à destination des pays producteurs de vaccins à leur niveau d’ouverture », a-t-elle renchéri.

Ces déclarations ont été perçues comme une menace voilée à l’encontre du Royaume-Uni, tandis que les relations de part et d’autre de la Manche se sont détériorées au fil des derniers mois sur fond d’accusation de nationalisme vaccinal.

Les propos du président du Conseil de l’UE Charles Michel à ce sujet avaient d’ailleurs exacerbé les tensions entre les deux partis, accusant Londres d’imposer « une interdiction pure et simple d’exportation de vaccins ou de composants produits sur leur territoire ».

L’incident avait alors entraîné la tenue d’une réunion de crise entre Londres et Bruxelles, alors que les législateurs européens continuaient d’incriminer l’égoïsme du Royaume-Uni.

Interrogée sur ce point, Mme von der Leyen a répondu que « le Royaume-Uni était le plus grand tributaire des exportations européennes », recevant de la part du bloc pas moins de 10 millions de doses.

À l’inverse, bien que le pays produise des vaccins AstraZeneca, l’UE « attend toujours ces doses », a fait savoir la présidente de l’exécutif.

« Et nous estimons que c’est là une invitation à l’ouverture, pour voir également des exportations de ces pays revenir vers l’Union européenne. »

Refusant de répondre aux questions des médias britanniques lors de la conférence de presse, Mme von der Leyen n’a pas apaisé les tensions entre l’UE et Londres. Certains journalistes l’ont d’ailleurs accusée de délaisser délibérément les médias britanniques au cours de la discussion.

« Avec tout mon respect, sachant que la présidente menace d’enclencher une guerre vaccinale avec le Royaume-Uni, il serait peut-être judicieux de prendre une question d’un média britannique », a maintenu une journaliste britannique.

Virus : l’Europe attend le verdict sur l’AstraZeneca, la France celui sur le confinement

L’Agence européenne du médicament (EMA) rend jeudi après-midi son verdict sur le vaccin anti-coronavius AstraZeneca, suspendu par plusieurs pays de l’UE, le jour où le gouvernement français annoncera sa décision de reconfiner ou non les 12 millions d’habitants de Paris et sa région.

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