Le Comité des Régions propose une vignette pour les denrées du régime méditerranéen

Une vignette ad hoc pour les produits du régime méditerranéen. Telle est la dernière proposition du Comité des Régions (CdR) pour contrer les effets néfastes engendrés par le Nutri-score, ce système de code couleur alimentaire répandu au sein du bloc. [SHUTTERSTOCK/WEYO]

Une vignette ad hoc pour les produits du régime méditerranéen. Telle est la dernière proposition du Comité des Régions (CdR) pour contrer les effets néfastes engendrés par le Nutri-score, ce système de code couleur alimentaire répandu au sein du bloc.

Cette idée a été évoquée par le Comité des Régions (CdR), organe consultatif de l’UE, lors de la séance plénière de l’Assemblée régionale et locale euro-méditerranéenne (ARLEM), coprésidée par la figure de proue du CdR, Apostolos Tzitzikostas, et le commissaire à l’élargissement et à la politique de voisinage, Olivér Várhelyi.

Dans un rapport abordant la sécurité alimentaire pour la population méditerranéenne, l’adjointe au Maire de Nice, Agnès Rampal, a proposé « l’élaboration d’une vignette pour les produits méditerranéens ou du régime méditerranéen ainsi qu’une série de critères spécifiques et un plan de communication à grande échelle ».

Ce modèle suivrait le système des Signes officiels de qualité et de l’origine (SIQO), utilisé en France pour indiquer sur l’emballage d’un produit si celui-ci provient de l’agriculture biologique ou s’il est assorti d’une « indication géographique protégée » (IGP).

D’après les partisans de ce projet, la nouvelle étiquette garantirait également que les produits méditerranéens soient bons pour la santé et hautement nutritifs.

Le régime méditerranéen est en partie inspiré des habitudes alimentaires de la Grèce, de l’Italie du Sud et de l’Espagne. Il a récemment été salué par l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et de l’agriculture (FAO).

Celui-ci consiste en la consommation de grandes quantités d’huile d’olive, de légumes, de céréales non transformées et de fruits ; de quantités modérées de poisson, de produits laitiers et de vin ; et de quantité limitée de viande rouge et de volaille.

Conformément à la politique agroalimentaire de l’Union européenne, connue sous le nom de stratégie « De la ferme à la fourchette » (F2F), la Commission européenne devrait présenter une proposition pour un système harmonisé d’étiquetage qui prendrait également en compte les aspects nutritionnels des denrées alimentaires.

Toutefois, le cadre d’étiquetage qui devrait recevoir l’approbation de l’exécutif, le Nutri-score inventé et porté par la France, sanctionne certains des produits fondamentaux du régime méditerranéen.

L’Italie avance d’ailleurs qu’il sape le régime méditerranéen, étant donné qu’il octroie des scores peu élevés aux aliments à forte teneur en énergie, graisses saturées, sucre et sel.

D’après Mme Rampal, qui a proposé la nouvelle vignette, « le régime méditerranéen est à la fois le garant de notre santé et une richesse pour notre identité commune en Méditerranée. Le Nutri-score devrait refléter pleinement l’importance de ces enjeux ».

Le Nutri-score fait son entrée en Allemagne

Longtemps contesté en Allemagne, le Nutri-score a désormais été instauré dans le paysage alimentaire d’outre-Rhin. Il pourra être utilisé par le secteur concerné à partir du vendredi 6 novembre. Un article d’Euractiv Allemagne.

 

Le système Nutri-score utilise un code couleur combiné à l’ordre alphabétique, allant du vert « A » au rouge « E ».

L’étiquette punit les aliments avec une teneur forte en énergie, graisses saturées, sucre et sel ; et récompense les denrées riches en fibres et protéines.

Rome se veut particulièrement critique quant au fait que l’huile extra-vierge, produit phare du régime méditerranéen, soit classée sous la lettre « D » et la couleur orange.

« Le Nutri-Score évalue chaque produit sans analyse réelle sur la qualité de production et sans tenir compte de la quantité consommée, alors que la règle de consommer avec modération est d’or », a fait savoir Mme Rampal.

« Je ne remets pas en cause l’existence du système de classification Nutri-score, qui a déjà manifesté sa pertinence en termes d’assise scientifique, ses bénéfices d’un point de vue de la santé publique ainsi que l’efficacité de son format graphique. »

Mais, si le Nutri-Score est adopté en l’état au niveau européen, certains des aliments du régime méditerranéen les plus appréciés dans le monde seront notés moins bons pour la santé que le Coca zéro, a-t-elle fait remarquer, ajoutant que le système « introduit une discrimination négative contre les aliments sains, mais qui présentent un taux élevé de graisses saturées ».

La Commission européenne n’a pas souhaité se prononcer sur la place des indications régionales dans le cadre envisagé, et sur le risque de fragmentation du marché unique posé par un tel système d’étiquetage.

Néanmoins, Bruxelles a toujours condamné toute tentative nationale visant à réglementer les étiquettes d’origine apposées sur les denrées.

S’adressant au ministre de l’Agriculture en septembre dernier, le commissaire européen chargé du même portefeuille, Janusz Wojciechowski, a indiqué que l’introduction de mesures nationales n’était pas un moyen adéquat pour répondre à la demande croissante des consommateurs liée à l’origine des produits qu’ils achètent.

Sept pays de l'UE s'opposent au système d’étiquetage des aliments Nutri-Score

Le système d’étiquetage des denrées alimentaires continue à diviser les États européens. La fronde est menée par l’Italie, qui s’oppose à un dispositif qui attribuerait la vignette rouge à de nombreux produits du régime méditerranéen. Un article d’Euractiv Italie.

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