Les socialistes lorgnent le poste de Tusk

Sergei Stanishev [PES]

Après avoir perdu la présidence du Parlement européen, les dirigeants socialistes espèrent récupérer le poste de président du Conseil européen. Ils en discuteront la semaine prochaine, avant le sommet européen à Malte.

Les responsables de centre gauche sont furieux d’avoir perdu la présidence du Parlement européen face au groupe de centre-droit qui préside déjà les autres grandes institutions de l’UE : le Conseil européen et la Commission européenne.

En effet, l’Italien Antonio Tajani (PPE), a remplacé le social-démocrate allemand Martin Schulz à la tête du Parlement suite à un vote la semaine dernière. Le Luxembourgeois Jean-Claude Juncker est quant à lui président de la Commission.

>> Lire : Un vote historique porte Tajani à la présidence du Parlement

« Il n’est pas logique qu’un parti politique qui a obtenu moins d’un tiers des votes au Parlement européen possède les trois postes clés », a souligné Sergei Stanishev, chef de file du Parti socialiste européen (PSE), à Reuters lors d’une interview le 24 janvier.

« Je pense qu’une conversation sur la candidature d’un progressiste à la présidence du Conseil européen devrait entre initiée entre les Premiers ministres et les chefs d’État », a déclaré cet ancien Premier ministre bulgare.

Il a affirmé qu’il proposerait de lancer ce débat lors d’une réunion des responsables socialistes qui devrait avoir lieu à Malte la semaine prochaine, juste avant le sommet européen du 3 février.

Le Conseil européen, qui regroupe les 28 chefs d’États et de gouvernement, doit décider d’ici mai s’ils accordent à Donald Tusk un second mandat de 30 mois. Ils préfèreront un choix par consensus, mais, au besoin, le choix se fera par un vote à la majorité. Actuellement, neuf pays sont dirigés par le centre gauche.

Défi du Brexit

Donald Tusk, ancien Premier ministre polonais de centre droit, ne s’est pas prononcé sur sa volonté de briguer un second mandat.

Les diplomates s’accordent à dire que ce dernier a fait du bon travail en temps de crise, et préfèreraient la continuité, surtout maintenant qu’il est prêt à superviser les négociations sur la sortie du Royaume-Uni de l’UE. La question de l’affiliation du groupe politique a rarement été une priorité pour les dirigeants européens au moment de choisir un président du Conseil européen.

Sergei Stanishev a refusé de commenter une rumeur, démentie par les assistants de François Hollande, selon laquelle le Président français pourrait prendre ce rôle après les élections présidentielles de mai. En effet, François Hollande ne brigue pas un second mandat.

« Ce n’est pas une question de personnalité, c’est une question d’équilibre politique », a insisté Sergei Stanishev, tout en ajoutant que la mainmise du centre droit sur les hauts postes de l’EU pourrait entraîner la montée des partis eurosceptiques et d’extrême droite à travers le continent.

Donald Tusk, qui a été Premier ministre de la Pologne de 2007 à 2014, a récemment violemment critiqué le parti polonais Droit et Justice (PiS).

>> Lire : Tusk met en garde la Pologne après des mesures privatives de libertés

En effet, l’actuelle politique populiste du gouvernement de Jarosław Kaczyński ne plaît pas à Donald Tusk, fondateur de Plateforme civique (PO), parti affilié au PPE et désormais parti d’opposition.

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