Face aux pressions russes, l’Ukraine devra compter sur la solidarité de l’UE

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Dans une interview accordée à Euractiv, Jacek Saryusz-Wolski,  le vice-président du Parti populaire européen (PPE) fait le point sur les la négociation de l’accord d’association entre l’UE et l’Ukraine. Cet ancien négociateur de l'accord d'association entre la Pologne et l’UE appelle également l’Union à soutenir le pays face aux pressions exercées par Moscou. Lire l'intégralité de l'interview ici

Pour signer son accord d’association avec l’Union européenne, l'Ukraine doit s’adapter aux exigences de l'UE exposées dans la position du 10 décembre 2012. Si les réformes du système électoral et du système judiciaire sont en bonne voie, l’évolution de l'affaire Timochenko reste la grande inconnue. Les négociations « vont bon train, mais le temps presse. Sans résultat, l'accord d'association ne sera pas signé » rappelle Jacek Saryusz-Wolski.

>>Retrouvez l'intégralité de l'interview de Jacek Saryusz-Wolski

Le Partenariat oriental mis en place par l’Union européenne pour approfondir ses relations avec les pays d’Europe orientale et du Caucase du Sud (Arménie, Azerbaïdjan, Géorgie, Moldavie, Ukraine et Biélorussie) avance. Mais les négociations se divisent entre «  ceux sur la voie de l'association et ceux qui ne le sont pas » explique Jacek Saryusz-Wolski. « Trois sont dans le premier cas : la Géorgie, la Moldavie et l'Ukraine. Le doute plane au-dessus du premier. Trois autres pays ne sont pas sur la voie de l'adhésion : l'Azerbaïdjanl'Arménie (qui a choisi l’union douanière avec la Russie) et la Biélorussie ».

Pressions russes

De son côté la Moldavie avance à grand pas dans sa progression vers l’UE. « La Moldavie est clairement le meilleur élève de la classe. Elle doit continuer de la sorte et ne pas céder à la pression des Russes, qui menacent de couper les approvisionnements en gaz en hiver, de s'approprier la région de la Transnistrie et interdissent les importations moldaves sur les marchés russes, à commencer par le vin » détaille Jacek Saryusz-Wolski.

Un accord donnant-donnant

Pour faire face à ces pressions exercées sur l’ensemble des pays du Partenariat oriental Jacek Saryusz-Wolski appelle l’UE à soutenir l’Ukraine avec qui elle devrait finaliser l’accord d’association au sommet de Vilnius en novembre. « L'UE devrait être préparée. Dans ma résolution, j'appelle au dégel des programmes et des prêts en faveur de l'Ukraine dès la signature de l'accord, si les conditions sont remplies […]. Les Ukrainiens doivent ressentir notre solidarité. […] S'ils s'engagent avec nous dans un accord d'association, nous sommes obligés de les défendre sur le plan moral et politique » réclame l’eurodéputé.

En contrepartie, l’Ukraine doit  « honorer [ses] engagements. Mais si l’Ukraine pense qu’elle peut signer et ne pas mettre en œuvre [les réformes], elle se trompe. Cela pourrait compromettre toute l'idée du Partenariat oriental » rappelle-t-il.

Un accord d'association entre l'UE et l'Ukraine a été paraphé il y a plus d'un an et les deux parties ont accepté le principe d’un accord de libre-échange approfondi et complet (ALE approfondi et complet).

L'UE a fait toutefois dépendre sa signature de progrès réalisés entre autres dans les réformes démocratiques et judiciaires, dont la libération de l'ancienne première ministre Ioulia Timochenko.

L'Ukraine espère signer cet accord lors du sommet consacré au Partenariat oriental les 28 et 29 novembre à Vilnius sous la présidence lituanienne du Conseil de l'UE.

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