La démocratie italienne en déshérence

epa07240448 Matteo Salvini accueille la presse avant ses vœux de Noël au Palazzo delle Stelline, à Milan, Italie, le 19 décembre 2018. EPA-EFE/FLAVIO LO SCALZO [Flavio Lo Scalzo/EPA/EFE]

Aux mains de populistes antisystème et anti-immigration depuis juin, l’Italie a plongé dans un classement annuel des démocraties. La Hongrie, la Croatie et la Hongrie font aussi pâle figure.

De la 21e place l’an dernier, l’Italie a perdu 12 place pour chuter à la 33e place du classement 2018 établi par The Economist Intelligence Unit. Une chute liée aux mesures portées par la Ligue (extrême droite) de Matteo Salvini, homme fort du gouvernement.

Les cinq premiers du classement sont, dans l’ordre, la Norvège, l’Islande, la Suède, la Nouvelle Zélande et le Danemark. Suivent, à égalité, l’Irlande et le Canada. Pour l’UE, on peut noter la Finlande à la 8e place, les Pays-Bas et le Luxembourg à la 11e et 12e, l’Allemagne et le Royaume-Uni à la 13e et 14e, l’Espagne à la 19e, la France à la 29e et la Belgique à la 31e place.

Au sein de l’UE, les pays les moins bien classés sont la République tchèque 34e, Chypre 35e, la Slovénie et la Lituanie 36e, la Lettonie 38e, la Grèce 39e, la Slovaquie 44e, la Bulgarie 46e, la Pologne 54e, la Hongrie 57e, la Croatie 60e et la Roumanie 66e.

Les dix premiers pays de l’UE, Jusqu’à l’Espagne (incluse) sont considérés comme  de « pleines démocraties », alors que les autres sont appelées « démocraties partielles ».

L’Italie dégringole

« La profonde désillusion à l’égard des institutions politiques, y compris le parlement et les partis politiques, s’est traduite par un soutien croissant aux ‘hommes forts’ qui contournent les institutions politiques », estime l’EIU dans son rapport sur l’Italie.

Bien que la coalition au pouvoir comprenne également le Mouvement 5 étoiles (M5S), un mouvement antisystème, le rapport met surtout en cause le vice-premier ministre et ministre de l’Intérieur de la Ligue, Matteo Salvini.

Une nouvelle loi anti-immigration controversée adoptée en Italie

Le parlement italien a adopté une loi introduisant des restrictions pour les demandeurs d’asile, mais aussi des mesures pour la sécurité publique et contre les mafias. Un article d’Euroefe.

 

Celui-ci « a souvent utilisé une rhétorique anti-étrangers » et la nouvelle Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, rappelle le rapport.

Michelle Bachelet, la nouvelle Haut-Commissaire de l’ONU aux droits de l’Homme, a critiqué le traitement réservé par l’Italie aux migrants et aux minorités lors de son premier discours, en septembre.

Dénonçant en particulier la décision prise par Matteo Salvini de fermer les ports italiens aux navires ayant secouru des migrants, elle avait annoncé qu’une équipe se rendrait en Italie pour évaluer « la forte augmentation signalée des actes de violence et de racisme contre les migrants, les personnes d’origine africaine et les Roms ».

« Tout cela contribue au risque de détérioration des libertés civiles », estime le rapport de Economist Intelligence Unit.

Le classement annuel pointe aussi le fait que le gouvernement italien évoque de nouveaux dangers potentiels pour réduire les libertés des citoyens.

Ainsi, un nouveau décret-loi sécurité et immigration du ministre de l’Intérieur Matteo Salvini a été adopté en novembre. Sa principale mesure abolit les permis de séjour humanitaires jusqu’à présent accordés aux personnes vulnérables, familles ou femmes seules avec enfants.

La «haine du journalisme» menace les démocraties, selon RSF

La liberté de la presse s’est encore dégradée dans le monde l’an dernier, selon le rapport annuel de Reporters sans frontières. Le climat de haine à l’encontre des journalistes qui se développe notamment en Europe et aux États-Unis menace les démocraties, s’inquiète l’ONG.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.