À Berlin, Conte rappelle que le temps presse pour l’adoption des mesures d’aide de l’UE

Le Président du Conseil italien, Giuseppe Conte, et la chancelière allemande, Angela Merkel. [EPA-EFE | Hayoung Jeon]

Cinq jours avant un sommet européen consacré au budget européen et au fonds de relance, le Premier ministre italien Giuseppe Conte a rencontré Angela Merkel à Berlin. Tous deux plaident pour qu’un accord soit conclu à la fin de la semaine. Un article d’Euractiv Allemagne.

Depuis des semaines, les dirigeants européens parcourent le continent en avion, se saluent à distance et donnent des conférences de presse communes.

La cause de ces déplacements est le Conseil européen qui se tiendra à Bruxelles les 17 et 18 juillet prochains, et dont l’issue pourrait être historique. Les 27 dirigeants se réuniront en personne pour la première fois depuis des mois afin de négocier et éventuellement d’adopter le prochain budget septennal de l’UE (le cadre financier pluriannuel ou CFP) et le fonds de relance « Next Generation EU ».

Bruxelles propose un plan de relance historique de 750 milliards d'euros

La Commission européenne a proposé un plan de relance budgétaire sans précédent de 750 milliards d’euros, constitué essentiellement de subventions non remboursables, afin de permettre à l’Union de surmonter la récession la plus grave de son histoire.

Le président du Conseil, Charles Michel, a présenté sa proposition vendredi 10 juillet, mais les avis continuent de diverger, et c’est là que les rencontres personnelles peuvent s’avérer utiles.

Giuseppe Conte est venu à Berlin pour s’entretenir en tête-à-tête avec la chancelière Angela Merkel de la manière de parvenir à un accord vendredi 17 juillet.

Le temps presse, surtout pour l’Italie, première victime européenne de la pandémie concernant le nombre d’infections, de décès et de dommages économiques. Alors qu’Angela Merkel déclarait avec une certaine décontraction qu’un accord ce week-end serait « assurément une bonne chose », Giuseppe Conte a souligné que la rapidité constituait un facteur capital.

« Nous devons agir rapidement. La meilleure réaction ne vaut pas grand-chose si elle arrive trop tard », a-t-il déclaré, car « si nous laissons la crise se poursuivre, elle détruira le marché intérieur ».

Ne pas se perdre dans les détails

Mais l’Italie ne va pas se contenter d’accepter telle quelle la proposition de Charles Michel, car selon Giuseppe Conte, celle-ci « contient également des points critiques », comme les conditionnalités liées à l’octroi des fonds d’aide.

Selon la proposition, les pays doivent soumettre leurs propres plans de relance, qui doivent s’inscrire dans la ligne des recommandations du Semestre européen pour la coordination des politiques économiques. Les feuilles de routes seront ensuite approuvées par la Commission et enfin par le Conseil, qui ne devra pas se prononcer à l’unanimité mais à la majorité. Cela signifie que les pays ne pourront pas bloquer l’accès aux fonds d’aide à titre individuel.

Giuseppe Conte a indiqué qu’il était « absolument d’accord pour que le Conseil ait son mot à dire ». Il est également favorable à un contrôle strict de la mise en œuvre des plans. Il estime toutefois qu’il n’appartient pas au Conseil de se perdre dans les « détails techniques » des plans.

L’Italie craint sans doute que les fonds européens ne soient liés à une politique d’austérité rigoureuse, comme ce fut le cas en Grèce lors de la crise précédente. Le principal moteur de cette approche à l’époque était l’Allemagne d’Angela Merkel.

Les quatre frugaux insistent pour une relance sous condition

Les chefs des gouvernements autrichien, suédois, danois et néerlandais ont écrit une lettre au Financial Times pour confirmer que leur position sur le plan de relance de 750 milliards d’euros n’avait pas changé. Un article d’Euractiv Italie.

La chancelière a en revanche salué la proposition de Charles Michel. L’idée d’imposer la majorité qualifiée pour la décision finale lui apparaît également comme une « bonne chose que je pourrais soutenir ».

À l’adresse des citoyens allemands, Angela Merkel a une nouvelle fois appelé à la solidarité pour surmonter la crise, également en termes financiers.

Selon la chancelière, la position de négociation de l’Italie ne représente « aucune difficulté » pour le projet. Dans le passé, Giuseppe Conte avait également prôné l’octroi de subventions, qui ne devraient pas être remboursées.

Des développements « préoccupants » à Hong Kong

Les deux dirigeants ont également abordé les relations UE-Chine lors de la conférence de presse. Angela Merkel a répété qu’il était important que l’UE parle d’une seule voix lorsqu’il s’agissait de la Chine. Elle a qualifié les développements à Hong Kong de « préoccupants », mais a ajouté qu’elle ne voyait « aucune raison de ne pas poursuivre les discussions avec la Chine ».

Les relations UE-Chine et les éventuelles réactions à l’introduction de la loi sur la sécurité à Hong Kong figuraient également à l’ordre du jour de la réunion des ministres des Affaires étrangères de l’UE qui a eu lieu lundi 13 juillet.

Les représentants des États membres ont déclaré qu’ils s’abstiendraient d’imposer des sanctions pour le moment mais ont convenu d’interdire l’exportation de gaz lacrymogène et de faciliter le droit de séjour des citoyens hongkongais au sein de l’UE.

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