Les cyberattaques se multiplient contre les gouvernements européens

Les services de sécurité allemands ont révélé que les réseaux gouvernementaux et militaires avaient été la cible d’une série de cyberattaques en novembre, soulevant ainsi des questions sur l’état de leur sécurité.

L’hebdomadaire Der Spiegel a rapporté le 29 novembre que le service de renseignements allemand, le BfV, avait identifié la date des cyberattaques au 14 novembre.

« Le BfV a détecté de nouvelles attaques dans le cadre d’une enquête sur la campagne de cyberattaques ‘Snake’ », ont déclaré les services de sécurité allemands à Der Spiegel. « Les cibles sont principalement gouvernementales et politiques », bien qu’aucune donnée n’aurait été volée.

Le groupe de pirates « Snake » est soupçonné d’être lié aux autorités russes. Il s’est fait connaître en 2014, quand les systèmes du gouvernement ukrainien ont été pris d’assaut par une arme informatique russe du même nom.

Les hackers auraient eu recours à une technologie dite d’Exploitation du réseau informatique (CNE), qui consiste à utiliser les réseaux informatiques pour infiltrer des ordinateurs et en extraire des données, et à des Attaques des réseaux informatiques (CNA).

L'Elysée s'inquiète du risque de cyberattaques

François Hollande a demandé un rapport circonstancié sur les menaces de cyberattaques pesant sur la présidentielle, alors que que le Kremlin, déjà soupçonné d’avoir perturbé l’élection américaine, a dû démentir des accusations d’ingérence dans la campagne d’Emmanuel Macron.

Une cyberattaque avait déjà été révélée en décembre 2017, questionnant ainsi la sécurité globale des infrastructures de réseaux allemandes.

La vulnérabilité des infrastructures nationales face à des attaques aussi sophistiquées a récemment été soulignée ailleurs en Europe, notamment au Royaume-Uni où le Comité conjoint de la Stratégie de sécurité nationale a publié un rapport accablant sur la sécurité du secteur public britannique.

Le rapport affirme que le gouvernement britannique ne parvient pas à agir avec « l’urgence et la fermeté requises dans cette situation » et que les infrastructures nationales sont « une cible évidente des grandes cyberattaques » à cause de leur importance pour l’économie et la vie quotidienne.

« Trop souvent par le passé, le Royaume-Uni a été mal préparé pour faire face aux risques émergents », a déclaré la présidente du comité, la députée Margaret Beckett, attirant ainsi l’attention sur certaines des cyberattaques les plus violentes ayant frappé le Royaume-Uni ces dernières années, comme le rançongiciel Wannacry en 2017.

Passe d’armes entre Londres et le Kremlin sur la cybersécurité

Le Royaume-Uni a pointé du doigt jeudi la responsabilité de Moscou dans la cyberattaque NotPetya qui avait affecté plusieurs milliers d’ordinateurs à travers le monde en juin 2017. Le Kremlin dément « catégoriquement ». Un article de notre partenaire Ouest-France

Europol a qualifié cette cyberattaque de « sans précédent » de par son échelle, puisqu’elle a réussi à infiltrer 200 000 ordinateurs à travers 150 pays.

Le rançongiciel a infesté les systèmes d’exploitation de Microsoft Windows et perturbé une série de services publics dans le monde entier tels que le Service de santé national du Royaume-Uni (NHS) et l’infrastructure ferroviaire allemande.

Subscribe to our newsletters

Subscribe