L’Allemand Seehofer affiche un optimisme prudent sur la réforme du système d’asile de l’UE

Le ministre allemand de l’Intérieur, Horst Seehofer. [EPA-EFE | Sean Gallup]

Pour leur première réunion sous les auspices de la présidence allemande, les ministres de l’Intérieur de l’UE ont évoqué la réforme du système d’asile européen. Pour Horst Seehofer, il devrait être possible de trouver un terrain d’entente. Un article d’Euractiv Allemagne.

La vidéoconférence informelle des ministres de l’Intérieur de l’UE, qui a eu lieu mardi 7 juillet, a principalement porté sur l’élargissement de la coopération policière et le sauvetage en mer. Selon Horst Seehofer (CSU), le ministre allemand de l’Intérieur, il s’agit là de l’un des « quatre grands » thèmes de la présidence allemande du Conseil, qui devra faire partie intérgante d’une réforme du régime d’asile européen commun (RAEC).

À l’issue de la réunion, la commissaire européenne aux affaires intérieures, Ylva Johansson, a évoqué un « excellent début de présidence ». En matière d’asile, il est devenu évident que tous les États membres sont « très intéressés par des solutions positives », a-t-elle ajouté. Host Seehofer a lui aussi salué les « discussions constructives » qui ont eu lieu durant la rencontre.

En Europe, la crise migratoire est passée, mais rien n’est réglé

Les flux migratoires ont largement baissé depuis 2015, au plus fort de la crise. Mais les États européens ne sont toujours pas parvenus à s’entendre sur une répartition équitable des migrants. Un article de notre partenaire Ouest-France.

Les ministres de l’Intérieur ont affiché une volonté unanime de renforcer la coopération policière, d’élargir les mandats d’Europol et de Frontex et d’augmenter leurs ressources financières.

Concernant la répartition des réfugiés, Horst Seehofer a déclaré qu’il avait « entendu des déclarations [qu’il] n’avait pas entendues au cours des années précédentes ». Il a ajouté que presque tous les États membres étaient « prêts à se montrer solidaires, de différentes manières ».

Ainsi, une douzaine d’États membres souhaitent prendre part à la répartition des personnes sauvées du naufrage aux frontières extérieures de l’UE, dans l’éventualité ou « un fardeau disproportionnée » pèserait sur certains États. D’autres pays ont fait savoir qu’ils voulaient mettre à disposition des navires de contrôle, des moyens financiers ou du personnel pour prévenir les activités des passeurs et endiguer la migration à travers la Méditerranée.

L’Italie ne figure plus dans le top 5 des pays d’accueil des migrants

Les demandes d’asile au sein de l’UE sont reparties à la hausse en 2019, une première depuis 2015. L’Italie ne fait cependant plus partie des principaux pays d’accueil. L’Allemagne, elle, conserve sa première place. Un article d’Euractiv Italie.

L’acte final de Horst Seehofer

Il s’agira probablement de la dernière tentative de Horst Seehofer de lancer la réforme du RAEC. En mai, il a annoncé son retrait complet de la politique à la fin de la législature, à l’automne 2021.

Il semble dès lors considérer la réforme du RAEC comme sa dernière grande mission. Horst Seehofer a souligné qu’il aborderait, à partir de la fin de l’été, la question des migrations « avec tous les moyens à [sa] disposition », ajoutant que les discussions du 7 juillet avaient « une fois de plus allumé un véritable feu » en lui. Afin de pouvoir se consacrer pleinement à cette tâche, il prévoit de laisser en grande partie la gestion des affaires courantes du ministère de l’Intérieur aux secrétaires d’État.

Ce glissement de priorités vers la scène européenne intervient à un moment où Horst Seehofer est vivement critiqué en Allemagne.

Alors que sa réaction face à une chronique controversée sur la police publiée dans le tageszeitung de Berlin a suscité des critiques, Horst Seehofer est maintenant accusé de dissimuler le racisme structurel dans la police. Le ministre a annoncé ce week-end que, contrairement à la recommandation de la Commission européenne contre le racisme et l’intolérance (ECRI), il ne commanderait pas d’étude sur le profilage racial dans les forces de police.

« Un pas ne suffit pas »

Au cours des derniers mois, Horst Seehofer a tenté à plusieurs reprises de mettre sur pied un mécanisme de répartition des migrants rescapés. À plusieurs reprises, il a accusé la Commission de laisser tomber les États membres en ne résolvant pas la question de l’asile.

« J’ai l’ambition de faire un grand saut. Un pas serait trop peu de chose durant notre présidence », a déclaré le ministre lors de la conférence de presse du 7 juillet. Mais cela dépendra en grande partie du moment que choisira la Commission pour présenter son pacte sur les migrations – un document très attendu -, car ce sont ses propositions qui serviront de base aux négociations sur la réforme du RAEC.

Comme l’a indiqué Ylva Johansson, la présentation du pacte est prévue pour le mois de septembre. Horst Seehofer disposera donc d’un peu moins de quatre mois pour faire passer les premières conclusions du Conseil. « Nous n’aurons pas le temps de légiférer », a-t-il relevé.

En attendant que la question soit résolue de manière permanente, le recours à des dispositifs ad hoc va se poursuivre.  Une « solution durable » devrait passer par une meilleure coopération avec les pays d’origine et de transit, comme les États membres en ont convenu mardi.

À cette fin, des « accords sur le rapatriement des réfugiés » doivent désormais être conclus avec les pays d’Afrique du Nord. Un premier pas dans cette direction sera effectué lundi 13 juillet, lors d’une conférence conjointe avec les dirigeants nord-africains.

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