Giscard : Les changements dans le Traité sont destinés à éviter les référendums [FR]

Valéry Giscard d’Estaing

Valery Giscard d’Estaing, le « père » de la constitution européenne rejetée par les électeurs français et les néerlandais en 2005, a déclaré que le projet de « traité réformateur » conclu lors du Sommet de juin 2007 n’avait fait qu’apporter des « changements cosmétiques » par rapport à la version précédente. Cette remarque confortera les critiques soutenant que le nouveau Traité est un moyen détourné de faire renaître la Constitution.

Au cours d’un débat sur le nouveau Traité européen organisé au Parlement en amont d’une conférence intergouvernementale (CIG) qui se tiendra le 23 juillet 2007, Valery Giscard d’Estaing a favorablement accueilli le fait que l’accord politique actuel conserve le coeur de la Constitution.

S’adressant à la commission des affaires constitutionnelles le 17 juillet 2007, l’ancien président de la Convention a déclaré : « En termes de contenu les propositions demeurent largement inchangées, elles sont justes présentées d’une façon différente ». Il a également ajouté : « La raison de ceci est que le nouveau texte ne devait pas ressembler trop au traité constitutionnel. Les gouvernements européens se sont ainsi mis d’accord sur des changements cosmétiques à la Constitution pour qu’elle soit plus facile à avaler ».

Sa remarque réanimera le débat sur l’organisation d’un référendum au Royaume-Uni. Les conservateurs britanniques soutiennent que le nouveau traité cherche à réintroduire le projet de constitution européenne par « la petite porte ». Le député européen conservateur, Timothy Kirkhope, a déclaré : « Le gouvernement britannique a déclaré que le nouveau Traité ne contient aucun élément constitutionnel; c’est une approche cynique ».

Il a ajouté : « Les commentaires tenus aujourd’hui par Valery Giscard d’Estaing ne font que renforcer ce que tous les autres dirigeants européens pensent du nouveau Traité, à savoir que la Constitution est de retour. Nous continuerons à exercer une pression sur Gordon Brown pour qu’il dise la vérité au peuple britannique et qu’il organise le référendum qui leur a été promis ». 

Le ministre portugais des affaires européennes, Louis Amado, a indiqué que la présidence ouvrirait une conférence intergouvernementale le 23 juillet 2007 et qu’elle cherchait à trouver un accord sur le nouveau Traité réformateur lors de la réunion informelle des chefs d’Etat et de gouvernement les 18 et 19 octobre 2007. 

Louis Amado a indiqué aux députés européens : « Je crois que nous avons un mandat clair et que nous arriverons à le faire passer dans le traité » et a ajouté : « Nous ne souhaitons pas rouvrir le mandat car nous risquerions de manquer notre but qui est d’avoir mis la dernière main à ce traité avant la fin de cette année ». 

Au cours d’un entretien avec EURACTIV, le député européen socialiste et président de la commission des affaires constitutionnelles, Jo Leinen, a déclaré que le Traité réformateur constituait « moins que ce qui est nécessaire », mais « un pas en avant considérable par rapport au statu quo » sous le régime du Traité de Nice. Il soutient que le Sommet européen de juin 2007 « a enterré le Traité constitutionnel ». 

Malgré l’euphorie qui a suivi le Sommet de juin, Jo Leinen se montre prudent sur l’issue de la CIG : « Rien ne sera acquis tant que le traité ne sera pas écrit, signé et ratifié. Je ne serais pas surpris si Lech Kazynski essayait de jouer avec les nerfs du reste de l’UE une fois de plus ».

Il a mis en garde : « Si le gouvernent tente une fois de plus de renégocier un compromis qui a déjà été trouvé, il recevra un « carton rouge » de la part de la présidence portugaise. S’il bloque le nouveau Traité, une Europe a deux vitesses devra se mettre en place ».

Pour lire l’entretien avec Jo Leinen dans son intégralité, veuillez cliquer ici.

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