A la tête du nouveau groupe de réflexion, créé par les dirigeants européens lors du sommet de décembre, l’ancien Premier ministre espagnol Felipe Gonzalez veut restaurer l’influence économique et géopolitique de l’Europe sur la scène internationale. Reste encore à déterminer si le groupe abordera la question de l’élargissement.
Dans un entretien au Financial Times publié le 15 janvier 2008, M. Gonzalez a déclaré qu’il souhaite que le rapport du groupe de réflexion, qui sera présenté en 2010, ait l’effet d’une piqûre de rappel.
L’ancien dirigeant espagnol a affirmé que l’UE perdait de l’influence dans la sphère géopolitique, ainsi qu’en termes économiques et technologiques. Par conséquent, l’Union devient également moins pertinente pour les citoyens et perd de la compétitivité et de la valeur. M. Gonzalez a ajouté qu’il souhaitait aborder la question de la dépendance énergétique de l’Europe afin que les dirigeants européens reconsidèrent leur position sur le nucléaire.
En décembre, les chefs d’Etat et de gouvernement ont trouvé un accord sur le mandat du groupe de réflexion, qui devrait faire des propositions sur l’avenir à long terme de l’UE, jusqu’en 2020-2030 (EURACTIV 17/12/07). Felipe Gonzalez a été nommé président du nouveau groupe, avec deux vice-présidents, Vaira Vike-Freiberga, l’ancienne présidente lettone, et Jorma Ollila, l’ancien PDG du groupe d’électronique finlandais Nokia. Les neuf autres membres n’ont pas encore été choisis.
A l’origine, l’idée de ce groupe avait été proposée par le président français Nicolas Sarkozy, qui souhaitait que le mandat mette l’accent sur la définition des frontières définitives de l’UE. Cette proposition avait été considérée comme une tentative visant à entraver les efforts de la Turquie pour rejoindre l’UE. Cependant, le mandat a été adapté pour représenter les pays européens plus favorables à la Turquie, comme le Royaume-Uni, qui souhaite que le groupe se concentre sur les futurs défis liés à l’économie, l’environnement et la sécurité.
Interrogé sur ce point, M. Gonzalez a éludé en déclarant que la question pertinente n’était pas ce qu’est l’Europe, mais plutôt de savoir si les citoyens sont prêts à partager le même projet.
Le groupe de réflexion doit présenter son rapport au Conseil européen en juin 2010.

