Gouvernement, crise du Covid-19, reconfinement… Ce qu’il faut retenir de l’interview de Jean Castex

Le Premier ministre français, Jean Castex. [EPA-EFE/IAN LANGSDON]

Composition du gouvernement, épidémie de coronavirus, confinement, réforme des retraites et de l’assurance-chômage… Ce sont quelques-uns des sujets évoqués par Jean Castex ce mercredi matin. Le Premier ministre était l’invité de Jean-Jacques Bourdin, sur BFMTV et RMC. C’était sa deuxième interview depuis sa nomination, vendredi 3 juillet.

Darmanin à l’Intérieur : « J’assume totalement »

Jean Castex est d’abord revenu sur la composition de son premier gouvernement. Et deux nominations qui ont été beaucoup discutées : celle de Gérald Darmanin au ministère de l’Intérieur, et celle d’Éric Dupond-Moretti à la Justice.

Le Premier ministre a d’abord évoqué le nouveau garde des Sceaux. Un choix commun, au chef de l’État et du gouvernement, dit-il.

D’où est venu le nom de l’avocat, dont la nomination a beaucoup surpris ? Même si, en France, le Premier ministre propose, le Président dispose, dans le cas du très médiatique avocat, c’est Emmanuel Macron qui a eu l’idée. Je l’ai reçue. Et j’ai fait cette proposition.

Il a également décrypté certains des ressorts qui ont amené l’exécutif à choisir Éric Dupond-Moretti. Nous n’avons pas nommé un garde des Sceaux hauts en couleur, solide, costaud, pour s’en prendre aux magistrats. Mais pour défendre la Justice, dit-il. Le chef du gouvernement a donc promis une augmentation du budget de la Justice. « L’objectif de ce gouvernement c’est que le service public de la justice marche mieux », a-t-il ajouté.

Jean Castex a aussi évoqué le nouveau ministre de l’Intérieur, Gérald Darmanin, visé par une plainte pour viol. « J’assume totalement cette désignation, a-t-il tranché. Il a le droit, comme tout le monde, à la présomption d’innocence ».

Un plan de reconfinement est prêt

Autre grand axe de l’intervention de Jean Castex : la pandémie de Covid-19, et le confinement. Car avant d’être nommé Premier ministre, le maire de Prades (Pyrénées-Orientales) était le « monsieur déconfinement » du gouvernement. Jean Castex a donc été interrogé sur un éventuel retour des restrictions de déplacement : « Il a toujours été dit, prévu et envisagé qu’il convenait de se préparer à une deuxième vague de l’épidémie », a-t-il dit mercredi matin.

Il a également confirmé qu’un plan de reconfinement était prêt, lâchant, d’un ton calme, un « oui monsieur » à la question de Jean-Jacques Bourdin sur le sujet. Mais le confinement a des « conséquences terribles », a-t-il rappelé. Et il n’est donc pas favorable à un reconfinement généralisé.

Alors, il faudra trouver un équilibre, dont Jean Castex a tracé les grands axes : « J’ai bien la volonté de préparer la France à une deuxième vague mais en préservant au mieux la vie. La vie économique, la vie sociale ».

Le chef du gouvernement se rendra en Guyane, région durement touché par l’épidémie de coronavirus, ce dimanche.

Réforme des retraites : « Rouvrir le dialogue »

Parmi les grands dossiers des prochaines semaines et des prochains mois, il y a celui de la réforme des retraites. Sujet explosif et mis en sommeil par la crise du coronavirus. Dans ce contexte, « ma responsabilité, c’est de rouvrir le dialogue », a-t-il dit.

Il réunira les partenaires sociaux « avant le 20 juillet », pour évoquer notamment le dossier : Jean Castex souhaite « rouvrir les négociations » sur le volet universel de la réforme, se pencher sur le financement.

Quant à la réforme de l’assurance-chômage, le Premier ministre veut en « décaler la mise en œuvre ». Et s’il « approuvait » la réforme « faite au moment où la France avait […] engrangé la plus forte baisse » du chômage, la crise du coronavirus a rebattu beaucoup de cartes. Pour ne pas dire toutes. « Le fil conducteur, c’est la vie quotidienne des gens, donc on adapte nos outils aux réalités dans leur intérêt », a-t-il conclu.

Ségur de la Santé : « Je suis un homme de dialogue »

Toujours sur les questions sociales, Jean Castex est revenu sur le Ségur de la Santé, cette grande concertation visant à donner plus de moyens à l’hôpital public.

Mardi soir, le gouvernement a annoncé une enveloppe supplémentaire de 1,1 milliard d’euros pour augmenter les salaires personnels hospitaliers paramédicaux.

Et le Premier ministre « espère » que les négociations s’achèvent dans la semaine. Il a redit son attachement à la concertation : « Je suis un homme de dialogue », a-t-il une nouvelle fois souligné.

« Il faut recréer des outils de prospective »

Il a également été question de François Bayrou, lors de l’intervention de Jean Castex. Sera-t-il nommé haut-commissaire au Plan, comme il en a été question ces derniers jours dans certains médias ? « Je ne sais pas », a répondu le Premier ministre. Mais… « pourquoi pas ? », a-t-il encore glissé.

Seule certitude : Jean Castex souhaite qu’un commissaire au Plan soit nommé. Car « il faut recréer des outils de prospective et de planification » de l’économie, a dit celui qui s’est défini une nouvelle fois comme un « gaulliste social ». Objectif : « Rééclairer l’action publique d’une vision de long terme ».

Illustration de cette volonté ? La mise en place d’un « plan extrêmement concret », sur l’Écologie, promis par le chef du gouvernement mercredi matin. « On s’occupera de tout », a-t-il assuré. De la rénovation thermique des bâtiments aux pistes cyclables en passant par les circuits courts.

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