Le risque sanitaire plane sur le camp de Moria en Grèce

Des enfants jouent en dehors de leurs tentes dans le camp de Moria, sur l'île grecque de Lesbos. [Orestis Panagiotou/EPA/EFE]

Le plus grand camp de migrants grec risque de fermer le mois prochain, si les autorités ne nettoient pas « l’incontrôlable quantité de déchets », estime le gouverneur de la région. Plus de 20 000 personnes sont enfermées dans les « hotspots » de l’UE.

Le «  hotspot » de Moria, sur l’île grecque de Lesbos, est depuis longtemps décrit par les Nations unies et autres organisations de protection des droits de l’Homme comme surpeuplé et invivable.

Situation «ingérable» dans les hotspots grecs

La crise des immigrés est hors de contrôle dans les îles grecques, constate une gouverneure grecque après des émeutes violentes le 19 septembre.

Plus de 8 300 réfugiés et migrants se trouvent actuellement dans un ancien camp militaire, abrités dans des tentes et des conteneurs. 8 300, c’est plus du double de la capacité du camp, selon les derniers chiffres du gouvernement.

Dans un avertissement publié le 10 septembre, Christiana Kalogirou, gouverneure de la région du nord de la Mer Égée, à laquelle Lesbos appartient, rapporte que les inspecteurs de la santé publique de l’île ont déclaré que Moria était « inadaptée et dangereux pour la santé publique et l’environnement ».

Selon elle, les inspecteurs ont trouvé des « quantités incommensurables de déchets », des conduits d’égouts cassés et des débordements de poubelles. Par ailleurs, les eaux stagnantes, la surpopulation et les mouches volant dans les toilettes font que le risque de transmission de maladie est très élevé.

« Nous donnons 30 jours de délai pour remédier à tous ces problèmes », avertit Christiana Kalogirou, en s’adressant au ministre de la Migration et au directeur du camp. « Une fois ce délai expiré, nous en interdirons l’exploitation ne serait-ce que pour l’un des problèmes susmentionnés. »

Le mois dernier, le HCR, le haut-commissariat des Nations-unies pour les réfugiés, a exhorté la Grèce à accélérer le transfert des demandeurs d’asile éligibles des îles de la mer Égée vers le continent. Selon l’agence, les conditions à Moria « atteignent un point de rupture ».

Les tensions avec la Turquie accroissent l’immigration via la Grèce

Le nombre de réfugiés traversant les frontières terrestres de la Grèce est reparti à la hausse. Une situation exacerbée par les tensions politiques avec la Turquie.

La Grèce a déplacé des demandeurs d’asile vers le continent au cours des derniers mois et selon un responsable du ministère des Migrations, le pays va redoubler d’efforts pour réduire le nombre de demandeurs d’asile dans les camps. « Nous espérons voir bientôt des résultats, » a-t-il déclaré, sous couvert d’anonymat.

C’est à Lesbos, non loin de la Turquie, que près d’un million de Syriens, d’Afghans et d’Irakiens sont entrés dans l’Union européenne en 2015. Quelques bateaux continuent d’y arriver.

Oxfam a averti lundi que le nombre de personnes prises au piège dans les conditions déplorables des « hotspots » de l’UE et d’autres camps des îles grecques atteignait le chiffre sans précédent de 20 110 personnes.

Marion Bouchetel, responsable du plaidoyer pour Oxfam en Grèce, a déclaré que la situation était particulièrement alarmante pour les femmes qui, selon elle, courent un risque accru de violence et d’abus sexuels.

« La politique de l’UE, soutenue par le gouvernement grec, vise à piéger les gens sur les îles de la mer Égée afin qu’ils puissent être envoyés en Turquie dans le cadre de l’accord UE-Turquie, plutôt que de leur permettre de demander l’asile en Europe », soutient-elle.

« Si l’UE poursuit ses projets de création de ‘centres contrôlés’ pour les demandeurs d’asile, de nombreuses autres personnes seront piégées dans des conditions épouvantables. Au lieu de créer davantage de camps, l’UE devrait réformer son système d’asile pour garantir que la responsabilité de la protection des migrants soit partagée entre les États membres pendant le traitement de leur demande d’asile. Personne ne devrait être contraint de vivre dans ces conditions épouvantables », a-t-elle déclaré.

Des «centres contrôlés» pour migrants pour ne pas dire hotspots

L’idée de centres contrôlés pour migrants proposée dans les conclusions du Conseil européen rappelle singulièrement les hotspots de 2015.

 

 

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