Covid-19 : l’Église orthodoxe croise le fer avec le gouvernement grec au sujet des nouvelles restrictions

L’Église orthodoxe refuse de mettre en application les nouvelles restrictions de confinement tandis que la tension monte avec le gouvernement conservateur du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis. EPA-EFE/YANNIS KOLESIDIS [EPA-EFE/YANNIS KOLESIDIS]

En Grèce, l’Église orthodoxe refuse de mettre en application les nouvelles restrictions de confinement tandis que la tension monte avec le gouvernement conservateur du Premier ministre Kyriakos Mitsotakis qui, pour la première fois dans l’histoire politique grecque, a nommé un ministre homosexuel au sein de son cabinet.

Le parti au pouvoir en Grèce, Nouvelle Démocratie, a décidé d’imposer de nouvelles mesures de confinement plus strictes pendant une semaine afin d’éviter une résurgence du nombre de cas de contamination par le nouveau coronavirus à la suite des vacances d’hiver.

Les hôpitaux du pays frôlent toujours la saturation alors que la pandémie a coûté la vie à 4 000 personnes.

Toutefois, l’Église orthodoxe s’oppose à ces nouvelles règles, déclarant que ses portes resteront ouvertes à ceux souhaitant célébrer l’Épiphanie.

L’Église orthodoxe menace même de lancer une action supplémentaire si le gouvernement ne revoit pas ses mesures, et ce en interjetant appel devant le Conseil d’État.

En réponse, le gouvernement, généralement proche de l’Église, a indiqué que la loi sur les mesures visant à endiguer la propagation du SARS-Cov-2 ne s’appliquait pas ad libitum.

« Nous espérons que l’Église se rendra compte de l’état d’urgence auquel est confrontée la société, comme elle l’a fait jusqu’à présent. La mise en pratique de mesures préventives constitue non seulement une obligation, mais également un acte de solidarité et de responsabilité pour nous tous », a fait savoir le gouvernement dans un communiqué.

Si certains prêtres à travers le pays ont ouvertement remis en cause l’existence de la Covid-19 ou la sûreté des vaccins, d’autres ont appelé la population à respecter les mesures de confinement, soulignant les risques sanitaires posés par le virus.

Restructuration ministérielle

Parallèlement, Kyriakos Mitsotakis a décidé lundi (4 janvier) de revoir la composition de son cabinet.

Tous les technocrates ont ainsi été remplacés par des politiques appartenant majoritairement à la droite du parti conservateur au pouvoir.

L’opposition a alors accusé le leader grec de se tourner vers la droite, laissant entendre qu’il s’apprêtait à lancer des élections anticipées.

« Piégé dans son propre échec, M. Mitsotakis s’y enlise davantage en procédant à un fiasco structurel », a fait savoir Nasos Iliopoulos, porte-parole de la gauche Syriza, dans un communiqué, ajoutant que les ministres ayant mal géré la crise sanitaire restaient pourtant à leur poste.

Le parti socialiste Mouvement pour le changement a lui maintenu que le « remaniement » ministériel ne faisait en réalité que renforcer la faction de droite de la Nouvelle Démocratie.

« Il s’agit d’un exercice d’équilibre au sein du parti », a-t-il poursuivi.

En outre, au sein du nouveau cabinet, Nicholas Yatromanolakis, 44 ans, est le premier homme ouvertement homosexuel à être nommé ministre en Grèce. Il devient ministre adjoint à la Culture contemporaine.

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