Le Conseil européen hausse le ton face à la Turquie

La Grèce et Chypre ont soulevé le problème de « l’agressivité » de la Turquie dans la région et ont demandé à leurs partenaires européens de les soutenir. [EU2016 SK/Flickr]

Les conclusions du Conseil européen appelle Ankara à cesser de violer le droit international, selon Georgios Katrougalos, le ministre grec adjoint aux Affaires étrangères.

Les dirigeants européens vont condamner fermement les « actions illégales » de la Turquie en mer Égée et en Méditerranée orientale, selon un projet de conclusions du sommet, rédigé dans la nuit du 22 et 23 mars.

« Je ne peux m’empêcher de dire que le projet de conclusions du sommet qui, j’imagine, sera confirmé est le plus strict adopté par l’UE à l’encontre de la Turquie », estime Georgios Katrougalos, le ministre grec adjoint aux Affaires étrangères. « Il condamne explicitement les violations du droit international en mer Égée et en Méditerranée orientale. »

Les chefs d’État européens se réunissent le 22 et 23 mars autour d’un agenda surchargé, allant de l’empoisonnement à Salisbury aux relations avec la Turquie et les États-Unis, en passant par la réforme de la zone euro.

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Les chefs d’Etat européens se retrouvent jeudi et vendredi autour d’un agenda surchargé. Pour la France, la priorité reste la réforme de l’Union économique et monétaire, un thème qui ne réjouit guère les pays du Nord.

 

La Grèce et Chypre ont soulevé le problème de « l’agressivité » de la Turquie dans la région et ont demandé à leurs partenaires européens de les soutenir. De plus, Athènes demandera l’appui des autres États membres pour ses deux soldats qui, par inadvertance, ont traversé la frontière turque pour cause de mauvaises conditions climatiques, et ont été arrêtés en Turquie.

La Grèce avait déjà conseillé à la Turquie de ne pas politiser une situation qui, en temps normal, pourrait être résolue rapidement.

Les conclusions du sommet statuent que tous les citoyens européens détenus en Turquie devraient être libérés, a réagi Georgios Katrougalos, face à l’arrestation des deux soldats grecs.

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne, et Donald Tusk, le président du Conseil européen, ont « promis » de se pencher sur ce problème avec Recep Tayyip Erdoğan, le président turc, lors du sommet à Varna du 26 mars.

« Nous avons souligné à maintes reprises que nous voulions que les relations avec la Turquie soient claires dans le contexte de l’amélioration des relations bilatérales et d’une perspective européenne, tout en respectant le droit international et les relations de bon voisinage », a déclaré Georgios Katrougalos.

« Ankara devrait se rendre compte que la porte de l’Union lui est toujours ouverte à condition qu’elle respecte les valeurs européennes et le droit international », a conclu le ministre grec.

Une décision historique

Selon des sources diplomatiques, Athènes semble satisfaite des conclusions du sommet. C’est la première fois qu’un texte européen condamne aussi fermement les « activités illégales » de la Turquie en mer Égée et en Méditerranée orientale.

Les relations entre la Grèce et la Turquie se sont fortement détériorées ces dernières années. Ankara bloque aussi l’accès de Chypre aux gisements de gaz offshore dans la zone économique chypriote, tout en violant les frontières maritimes grecques de la mer Égée.

Empoisonnement à Salisbury

Pour ce qui est de l’empoisonnement de l’ex-espion russe à Salisbury, Alexis Tsipras, le Premier ministre grec, aurait exprimé sa solidarité envers son homologue britannique, en précisant que l’affaire devait être traitée calmement, afin de maintenir le dialogue « ouvert » avec la Russie. L’UE ne devrait « ni se taire ni s’emporter », estime le Premier ministre grec.

La Grèce, l’Italie, la Bulgarie et la Hongrie ont une attitude pacifique face à l’affaire.

May opte pour une réponse modérée face à la Russie

Lors du sommet européen, Theresa May informera ses homologues européens sur l’empoisonnement de Sergeï Skripal, mais ne demandera pas de sanctions supplémentaires à l’encontre de Moscou.

Réactions

« La déclaration publiée contient des commentaires inacceptables contre notre pays, qui servent les intérêts de la Grèce et des Chypriotes grecs », a déclaré Hami Aksoy, le porte-parole du ministère turc des Affaires étrangères, après la déclaration des dirigeants européens le 22 mars.

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