L’opposition grecque moque les compliments de la Commission

Andrus Ansip pris à partie par Nouvelle Démocratie à Athènes. [European Parliament]

Le principal parti d’opposition grec s’est étonné des compliments d’Andrus Ansip au gouvernement Tsipras quant à l’économie du pays.

La conclusion du deuxième examen du troisième renflouement du pays a entrainé une polémique houleuse à Athènes. Le gouvernement accuse Nouvelle Démocratie, le principal parti d’opposition, d’avoir tenté de saboter l’accord avec les créanciers, et de forcer des élections anticipées.

L’opposition estime quant à elle que le gouvernement de gauche a signé un nouvel accord sans obtenir davantage d’argent et en imposant davantage d’austérité.

Le 11 mai, Andrus Ansip, vice-président de la Commission européenne, s’est adressé au parlement grec et a félicité le gouvernement, assurant que « la Grèce a fait des progrès, et nous devons le reconnaître ».

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« Ça a été une période difficile pour la Grèce, qui a beaucoup avancé. Aujourd’hui, nous sommes témoins d’une tendance nette à la relance pour le pays, même s’il y a encore beaucoup à faire », a-t-il insisté, ajoutant que l’exécutif européen avait été aux côtés d’Athènes dans les moments éprouvants. « La Commission encourage le gouvernement à rester dans cet état d’esprit pour atteindre une croissance durable. »

Étonnement de Nouvelle Démocratie

Les compliments du commissaire ont irrité Anna Michel Asimakopoulou, députée Nouvelle Démocratie. « Nous sommes surpris par vos commentaires positifs vis-à-vis des performances de l’économie grecque. J’espère seulement que tant que vous êtes dans le pays vous aurez l’occasion de voir quelle est la situation réelle », a-t-elle répliqué.

Ses homologues de Syriza n’ont pas manqué de réagir, et Andrus Ansip a dû demander à ses assistants quel était le problème.

La députée a donc repris la parole en anglais, se félicitant d’avoir enfin l’attention du représentant de la Commission, qui, mal à l’aise, n’a pas répondu.

Anna Michel Asimakopoulou a poursuivi, estimant que le commissaire, qui est chargé du portefeuille du numérique, ne pouvait pas réellement « féliciter » le gouvernement à ce sujet. « Le pays est à la traîne […] il est au 26e rang de l’indice sur l’économie et la société numériques », a-t-elle fait remarquer.

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Andrus Ansip a répondu qu’Athènes avait connu une amélioration de 8,6 % l’an dernier, ce qui place la Grèce au 4e rang en termes de progrès accomplis.

La députée n’est cependant pas de cet avis. Lors d’une entrevue récente avec Euractiv Grèce, elle a assuré que le gouvernement n’avait pris aucune mesure liée à sa stratégie numérique et qu’il n’existait encore aucun projet assez finalisé pour être lancé.

« Il est hypocrite de la part de ceux qui ont mis le pays dans la situation actuelle [de briguer] le rôle du parti honorable », a répliqué Giannis Tafillis, responsable des politiques numériques au sein de Syriza.

Position claire de la Commission

Selon les sources d’Euractiv, la Commission a désormais l’intention d’adopter un ton positif, en reconnaissance des années d’efforts consenties par la Grèce et afin d’alimenter l’enthousiasme d’Athènes. Cette position est notamment défendue par le commissaire aux affaires économiques et financières, Pierre Moscovici.

« J’espère vraiment, et je crois vraiment à un accord à l’Eurogroupe le 22 mai. Nous avons dédié beaucoup d’énergie à la conclusion de cet accord [sur l’examen du renflouement grec]. Bien sûr, le climat des négociations a changé et je me félicite toujours de l’accord négocié par les équipes lors de la dernière visite de la mission à Athènes », a assuré le commissaire, qui a toujours cru en la Grèce et a toujours rejeté l’idée d’un Grexit.

« Le Grexit n’a pas eu lieu. Aujourd’hui, je suis confiant, nous allons passer à la prochaine étape, la finalisation de l’examen et un accord général, qui permettra de remettre l’économie sur le bon chemin et d’engranger une croissance solide et durable. C’est ce que le peuple grec attend, ce dont il a besoin et ce qu’il mérite, tout simplement », estime Pierre Moscovici.

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