Le commissaire grec dans la tourmente du scandale Novartis

Vue extérieure des bureaux Novartis, la société pharmaceutique suisse, à Athènes, Grèce, le 4 janvier 2017. [Alexandros Vlachos/EPA]

Le parlement grec a décidé de créer une commission d’enquête pour déterminer le rôle des hommes politiques, notamment le commissaire européen à la migration Dimitris Avramopoulos, dans le scandale Novartis.

Les noms de dix gros bonnets des partis d’opposition Nouvelle Démocratie ou Mouvement socialiste panhellénique apparaissent dans le scandale Novartis. Les députés grecs ont décidé de créer une commission d’enquête qui sera chargée de déterminer s’ils ont reçu des pots-de-vin de la société pharmaceutique suisse Novartis.

Les personnalités politiques impliquées incluent notamment Antonis Samaras, l’ancien Premier ministre, Yannis Stournaras, gouverneur actuel de la Banque de Grèce, et Dimitris Avramopoulos, commissaire européen à la migration.

Toutes ces personnes ont réfuté les accusations, prétendant qu’il s’agissait d’une stratégie du gouvernement grec contre ses rivaux politiques. Certains d’entre eux ont également poursuivi en justice les témoins protégés, les procureurs, ainsi qu’Alexis Tsipras, le Premier ministre actuel.

L’enquête Novartis a été lancée en décembre 2016, suite à des preuves de pots-de-vin versés à des milliers de fonctionnaires et médecins pour donner à Novartis une position favorable sur le marché. L’enquête grecque fait suite à une enquête menée par les autorités américaines sur les méthodes que Novartis aurait suivies pour s’imposer sur le marché.

Selon les estimations, le pays à court d’argent aurait perdu approximativement trois milliards d’euros à cause de ce scandale.

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Qui blâmer ?

Le Premier ministre de gauche, Alexis Tsipras, souligne que l’enquête poursuivra son cours et que justice sera faite. Nouvelle Démocratie, le principal parti d’opposition, s’est abstenue de voter pour la constitution de la commission d’enquête.

Kyriakos Mitsotakis, chef de file du parti Nouvelle Démocratie, admet que le scandale est réel et global, bien qu’il n’ait pas été dévoilé par le gouvernement mais par les autorités américaines.

« Nous devons connaitre la vérité, punir les coupables et réclamer de l’argent à la société pharmaceutique pour les dommages occasionnés. Mais vous ne pouvez pas faire ça, M. Tsipras […] vous servir de cette affaire pour nuire à vos rivaux politiques », a déclaré Kyriakos Mitsotakis.

Selon lui, il faut voir la situation avec une vision plus globale. « Le débat a lieu à une période politique qui n’est pas du tout neutre. Il s’agit d’un moment crucial. La stabilité du sud-est méditerranéen est en jeu. »

« Comment est-ce arrivé ? Qui peut-on blâmer ? La responsabilité est-elle politique dans ce scandale de mauvaise gestion qui a profondément touché l’État grec ? », s’interroge Alexis Tsipras, ajoutant qu’il est impossible qu’un scandale de cette ampleur se produise sans que des dirigeants politiques en soient conscients.

La société Novartis a déclaré qu’elle coopérait étroitement avec les autorités dans cette affaire. Dans une interview accordée au journal grec Kathimerini, Susanne Kohout, la directrice de Novartis Hellas, estime que les éléments de l’affaire qui ont fait l’objet d’une fuite « compromettent » l’enquête en cours.

Interrogée pour savoir si Konstantinos Frouzis, l’ancien vice-président de Novartis Hellas qui figure dans le dossier, a soudoyé des politiciens, elle a répondu : « Tout d’abord, je ne connais pas M. Frouzis. J’ai repris sa fonction en mai dernier, bien après son départ. Deuxièmement, si les éléments du dossier se révèlent vrais, cela va totalement à l’encontre du code de conduite de la compagnie. Troisièmement, dans la pratique, je ne sais pas d’où il pourrait tirer cet argent dans la société pour avoir fait ce dont il est accusé. Je serais donc surprise si ces choses ont vraiment eu lieu. »

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