Greenpeace propose de réduire la consommation de viande de 70 % d’ici 2030

shutterstock_334701605

3 burgers par semaine : c’est la quantité maximale de viande que les Européens devraient s’habituer à consommer, selon l’ONG Greenpeace qui s’est penchée sur les habitudes alimentaires du Vieux Continent.

Les Européens dévorent 1,58 kg de viande par semaine, soit cinq fois plus que ce que le thermomètre ne peut supporter.

Ce régime alimentaire nettement trop carnées par rapport aux objectifs climatiques place la France en 6ième position de la consommation de viande, avec 83 kilo par personne et par an, contre plus de 100 kilo pour l’Espagne, et seulement 58 kilo pour la Bulgarie.

La revue médicale de référence mondiale, The Lancet, recommande de son côté une consommation maximale de 300 grammes  de viande par semaine en 2050, autant pour des raisons de santé que de climat. « Un régime riche en plantes et en graines a de vrais bénéfices sur la santé et le climat » assure la revue, qui soutient qu’un régime principalement végétarien permettra aussi de nourrir 10 milliards d’êtres humains.

Les quotas de viande embarrassent la France dans les accords commerciaux

Alors que la France monte au créneau contre les quotas de viande prévus au sein de l’accord UE/Mercosur, elle programme dans le même temps la ratification du CETA, pourtant dénoncé par les producteurs de viande bovine.

Les Européens sont des gros consommateurs de lait et de viande, notamment par rapport à la moyenne mondiale. Ils en mangent deux fois plus que le reste du monde. Un régime alimentaire lourd de conséquences pour le climat, en raison des émissions de méthane des bovins, auxquelles doivent être ajoutées les émissions de CO2 liées aux céréales qu’ils consomment.

Lorsqu’il s’agit de soja importé d’Amérique du Sud, une céréale dont la culture est largement responsable de la dégradation de la forêt amazonienne, le bilan carbone des produits laitiers et de la viande grimpe en flèche

Or, dans la proposition de la stratégie « de la ferme à la fourchette » de la Commission actuellement en circulation, l’exécutif européen ne fait que reconnaître la surproduction et surconsommation de viande et de produits laitiers, mais ne propose pas de solutions concrète.

Selon un rapport publié la British Ecological Society le 8 mars, et soutenu par 36000 scientifiques, la PAC actuelle est utilisée en faveur d’une agriculture qui optimise les rendements, aux dépens de la biodiversité et de l’environnement, mais aussi du climat. Elle demande donc une refonte en profondeur du mécanisme, avec des objectifs de réduction d’émissions de CO2 transparents et plus clairs qu’ils ne sont actuellement, et réclame aussi une interruption dans le soutien à l’agriculture animale industrielle, en réduisant les subventions qui lui sont consacrés.

Actuellement, entre 28 à 32 milliards d’euros subventionnent chaque année l’élevage ou la production de fourrages et de céréales pour le bétail, soit plus de la moitié du budget dédié à l’agriculture européenne (58,4 milliards).

Greenpeace demande donc à la Commission européenne de prendre en compte ce sujet plus sérieusement, alors que les deux tiers de l’espace agricole européen sont actuellement accaparés par l’élevage, et contribuent à la pollution de l’eau.

La solution selon l’ONG : cibler une réduction de la consommation de viande et de produits laitiers de 70 % d’ici 2030, et de 80 % d’ici 2050.

En plein Paris, l'agriculture bio s'empare des parkings en jachère

À Paris comme dans beaucoup de villes européennes, le nombre de voitures recule, laissant vides d’immenses parkings souterrains. Cycloponics reconquiert ces territoires urbains à grand renfort de légumes bio.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.