Un G20 tendu pour relancer la coopération internationale

Rencontre entre Angela Merkel et Donald Trump, le 6 juillet 2017. [G20 German Presidency]

Les 20 premières puissances mondiales vont évoquer le commerce et la lutte contre le changement climatique, dans un contexte relations de plus en plus tendues.

Les dirigeants des pays du G20 se rencontrent à Hambourg pour tenter de restaurer la coopération internationale qui avait émergé suite à la crise de 2008.

L’attitude contreproductive de certains dirigeants est cependant en train de faire perdre en pertinence ce système multilatéral censé permettre la coopération sur des sujets comme le commerce international, le changement climatique et l’immigration.

En tant qu’hôte de la rencontre, la chancelière allemande, Angela Merkel, mènera les efforts en faveur d’une mondialisation ouverte et coopérative, dans l’intérêt de tous les citoyens et de tous les pays. Un objectif qui ne devrait pas se révéler facile, comme l’illustrent les différends sur le climat et le commerce, ainsi que les grandes manifestations antimondialisation qui ont été organisées à Hambourg ces derniers jours.

Après près de 12 ans au pouvoir, ce sommet pourrait bien être le plus difficile à gérer pour la chancelière, elle-même sous le feu des projecteurs avant les élections allemandes qui se dérouleront en septembre.

Le 6 juillet, Angela Merkel, qui préside le G20, a annoncé que sa priorité serait de construire un consensus entre les 20 pays présents, mais qu’elle représenterait les intérêts européens lors de ces discussions.

En ce qui concerne le commerce international, les Européens recherchent surtout l’instauration d’une concurrence équitable, notamment quant à l’accès des investisseurs étrangers aux marchés nationaux. Les chances de trouver un compromis à ce sujet durant les deux jours du G20 sont cependant très faibles.

Paris, Berlin et Rome isolés sur le contrôle des investissements étrangers

Soucieux de ne pas alimenter le protectionnisme, la majorité des États membres se sont opposés à la proposition de Paris, Berlin et Rome de renforcer le contrôle des investissements étrangers au niveau européen.

L’autre grand sujet de désaccord est la lutte contre le réchauffement climatique. Suite à la décision de Donald Trump de retirer les États-Unis de l’accord de Paris, les pays du G20 tentent de négocier une déclaration qui permettrait de soutenir leurs engagements.

Selon les représentants, il est néanmoins possible qu’un accord unanime ne soit pas viable et que la déclaration ne soit en réalité soutenue que par 19 pays. Les négociations pour un texte qui aille à la fois à Washington et aux autres pays sont encore en cours.

Le camp pro-climat américain se mobilise face à Trump

Après l’annonce du retrait des États-Unis de l’accord de Paris, les rangs des Américains décidés à redoubler d’efforts pour limiter le réchauffement ne cessent de grossir, et certains estiment que l’Amérique pourrait même dépasser ses objectifs en matière de clima

Angela Merkel a rencontré le président américain le soir du 6 juillet. Pendant une heure, ils ont discuté de « certains des sujets au programme du G20 » et de questions liées aux affaires étrangères, comme la Corée du Nord, la situation au Moyen-Orient et le conflit ukrainien, a indiqué un porte-parole allemand. Les ministres des Affaires étrangères allemand et américain, Sigmar Gabriel et Rex Tillerson, participaient également à l’échange.

Cette réunion a contribué à apaiser les tensions avant la rencontre à 20, après une série de remarques et d’accusations entre Berlin et Washington. Les deux dirigeants se sont comportés de manière moins tendue que lors de la visite d’Angela Merkel à la Maison-Blanche en mars dernier.

La rencontre Merkel-Trump bute sur la question migratoire

La chancelière allemande et le président des États-Unis n’ont pas trouvé un terrain d’entente sur la gestion de la crise des réfugiés, mais  se sont engagés à chercher un compromis en matière de relations commerciales.

Le président américain ne devrait toutefois pas être le seul trouble-fête de la rencontre. Les relations de l’UE avec d’autres grandes économies, comme la Chine, la Russie et la Turquie, ont également connu des ratés ces derniers mois.

Vladimir Poutine, le président russe, a ainsi intensifié ses campagnes d’obstruction des politiques européennes dans les Balkans et est accusé d’avoir interféré dans les élections françaises et américaines. Il doit rencontrer Donald Trump le 7 juillet et Angela Merkel et Emmanuel Macron le 8 juillet. Les discussions avec les dirigeants allemand et français devraient notamment porter sur le conflit en Ukraine.

L’UE tente de jouer les arbitres entre Poutine et Trump

Lors du sommet du G20, le 7 juillet, Vladimir Poutine et Donald Trump se rencontreront pour la première fois. L’UE peine à s’imposer entre la Russie et une administration américaine imprévisible.

Par ailleurs, les désaccords entre l’Europe et la Chine sur les questions commerciales, notamment en ce qui concerne les exportations chinoises, et le refus de l’UE de reconnaitre la Chine comme une économie de marché ont nui à la coopération sur d’autres sujets, comme le climat.

Le président turc, Recep Tayyip Erdoğan, devrait également donner du fil à retordre aux Européens, et particulièrement à Angela Merkel. Le tournant autocratique d’Ankara a en effet transformé la Turquie en partenaire difficile pour l’UE, mais son soutien sur les questions de l’immigration illégale et de la lutte contre Daesh reste essentiel.

La chancelière allemande a rencontré le président turc la veille de l’ouverture du sommet. Selon un porte-parole allemand, les deux dirigeants auraient parlé de l’accord UE-Turquie sur les réfugiés, ainsi que les « aspects litigieux et coopératifs des relations turco-allemandes actuelles ».

L’Allemagne piégée par l’accord UE-Turquie

Angela Merkel défend toujours l’accord sur les réfugiés, malgré une opposition croissante aux niveaux national et européen. Un article d’Euractiv Allemagne.

 

 

Contexte

Les présidents de la Commission et du Conseil européens, Jean-Claude Juncker et Donald Tusk, représentent l’UE au sommet du G20. Les chefs d’État et de gouvernements britannique, allemand, français, italien et espagnol participent également aux discussions.

Le G20 est composé de l’Afrique du Sud, de l’Allemagne, de l’Arabie Saoudite, de l’Argentine, de l’Australie, du Brésil, du Canada, de la Chine, de la Corée du Sud, des États-Unis, de la France, de l’Inde, de l’Indonésie, de l’Italie, du Japon, du Mexique, du Royaume-Uni, de la Russie, de la Turquie et de l’UE. L’Espagne est quant à elle devenue un invité permanent des sommets.

Ensemble, ces pays représentent environ 90 % du PIB mondial, 80 % du commerce international et les deux tiers de la population mondiale.

Prochaines étapes

  • 7 et 8 juillet 2017 : Sommet du G20 à Hambourg.

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