Une coalition entre les Verts, le SPD et la gauche se profile en Allemagne

Michael Mueller [Omer Messiger/ epa]

La perspective d’une alliance de gauche à Brème ravive le débat politique en Allemagne. Les socialistes et démocrates allemands, la gauche et les verts pourraient-ils bientôt former une coalition fédérale ? Un article de notre partenaire, Der Tagesspiegel.

Suite à la décision des Verts de Brème de négocier avec les sociaux-démocrates (SPD) et la gauche (Linspartei) pour un gouvernement régional, le débat sur une alliance rouge-rouge-verte (R2G) au niveau du gouvernement fédéral gagne du terrain.

Le bourgmestre-gouverneur de Berlin, Michael Müller (SPD), a appelé son parti à explorer la possibilité d’une telle alliance avec sérieux.

« Bien entendu, une coalition tripartite est toujours plus difficile qu’une coalition à deux partis. Surtout au niveau du gouvernement, une coalition R2G ne serait pas un succès garanti », a-t-il assuré au Tagesspiegel, avant d’ajouter : « après l’expérience des dernières années, nous devons enfin examiner cette option sérieusement ».

À Berlin, la coalition R2G montre qu’une bonne politique sociale pour tous peut être atteinte en mettant l’accent sur la science, l’investissement dans les infrastructures sociales, l’éducation gratuite, une mobilité propre, et une politique de logement active. « C’est l’objectif des politiques démocratiques et sociales », a ajouté le maire de Berlin.

En ce qui concerne Brème, la cheffe de file des Chrétiens-démocrates (CDU), Annegret Kramp-Karrenbauer, a toutefois mis en garde contre une telle alliance au gouvernement. « Ceux qui forment une coalition avec la gauche à Brème le feront aussi au gouvernement fédéral, pour ceux qui en douteraient », a-t-elle expliqué au journal Bild am Sonntag.

La situation à Brème montre « qu’en cas de doute, les verts se dirigent plutôt vers la gauche plutôt que vers les conservateurs ».

Le vice-président du groupe parlementaire du SPD, Karl Lauterbach, a appelé son parti à s’engager vers un objectif de coalition rouge-rouge-verte. « Les grandes solutions aux importants enjeux de fiscalité, logement, protection du climat ne sont possibles qu’avec une alliance R2G », a-t-il déclaré au Tagesspiegel. « Nous devons exprimer clairement nos préférences. Les électeurs veulent savoir ce que nous défendons. »

La gauche (Linkspartei) a également accueilli la nouvelle à Brème comme un signe pour la formation d’un gouvernement fédéral.

La dirigeante du parti, Sahra Wagenknecht, a souligné qu’un changement de cap du SPD serait une condition préalable à une telle alliance. L’Allemagne a besoin d’un gouvernement qui « vise à une plus grande égalité sociale », a-t-elle déclaré au journal régional Neue Osnabrücker Zeitung.

La gauche serait ainsi prête à participer à un tel gouvernement.

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La cheffe de file des Verts, Katrin Göring-Eckardt, ne voit pas forcément la décision de Brème comme un signal pour le gouvernement fédéral. Les associations régionales décident de manière indépendante, assure-t-elle.

Mais son collègue et ancien ministre de l’Environnement, Jürgen Trittin, de l’aile la plus à gauche du parti, est clairement en faveur de cette alliance.

« En termes de responsabilité sociale pour la communauté, les Verts, le SPD et la Gauche sont beaucoup plus proches que les Verts et la CDU, les Verts et la CSU ou encore les Verts et le FPD », soutient-il.

D’autre part, le ministre-président du Land de Brandebourg, Dietmar Woidke (SPD), s’est montré critique envers une participation de la Gauche au gouvernement fédéral. Pourtant, dans son Land, son parti gouverne à leurs côtés.

À la télévision, il a déclaré que le parti de gauche devrait « revoir son attitude sur les questions internationales », avant d’envisager qu’une alliance rouge-rouge-verte puisse devenir réalité. Il a rappelé que la gauche rejetait l’adhésion de l’Allemagne à l’OTAN et de nombreux aspects de l’adhésion du pays à l’UE.

« Tant que le parti ne change pas ses positions, il ne pourra pas faire partie du gouvernement fédéral », a conclu Dietmar Woidke.

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