Politique étrangère de l’UE : Budapest rejette les critiques

Dans une déclaration publiée tard lundi (7 juin), le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a écrit que la gauche européenne, menée par la gauche allemande, attaquait la Hongrie « parce qu’elle a refusé de signer une déclaration commune sur Hong Kong sans poids ni sérieux politiques ». EPA-EFE/JOHANNA GERON / POOL [EPA-EFE/JOHANNA GERON]

Tensions entre la Hongrie et l’Allemagne à la suite d’une série de déclarations communes de politique étrangère bloquées par Budapest ayant poussé le ministre allemand des Affaires étrangères à déclarer que l’UE était « prise en otage » par des pays qui ne partageaient pas ses valeurs.

Dans une déclaration publiée tard lundi (7 juin), le Premier ministre hongrois, Viktor Orbán, a écrit que la gauche européenne, menée par la gauche allemande, attaquait la Hongrie « parce qu’elle a refusé de signer une déclaration commune sur Hong Kong sans poids ni sérieux politiques ».

Selon lui, il faut mettre fin à la pratique bruxelloise consistant à « fabriquer et à faire étalage de déclarations ».

« Nous comprenons qu’un État membre veuille présenter un document portant le logo de l’UE pour des raisons de politique intérieure. Mais, il y a aussi une limite », a déclaré M. Orbán dans la neuvième édition des messages « Samizdat » publiés sur le site web du Premier ministre, une référence aux documents censurés publiés clandestinement à l’époque soviétique.

« Nos huit déclarations conjointes ont été balayées jusqu’à présent […] La neuvième est également une moquerie. Nous ressemblons à de pathétiques tigres de papier, et le monde se moque de nous », a-t-il ajouté.

« Ces dernières années, cette politique étrangère commune motivée par la politique intérieure a conduit à ce que la politique étrangère de l’Union européenne devienne ridicule », a-t-il renchéri.

Plus tôt dans la journée de lundi (7 juin), le ministre allemand des Affaires étrangères Heiko Maas a fait valoir lors d’une conférence de presse à Berlin que « nous ne pouvons plus nous laisser prendre en otage par ceux qui paralysent la politique étrangère européenne avec leurs vetos. Ceux qui le font jouent, à plus ou moins long terme, avec la cohésion de l’Europe » – une référence à peine voilée à la Hongrie.

« Je le dis donc ouvertement : le veto doit disparaître, même si cela signifie que nous pouvons être mis en minorité », a expliqué le chef de la diplomatie.

Berlin appelle l'UE à supprimer la possibilité de veto des Etats membres

Les règles de l’Union européenne prévoient que certaines décisions, notamment en matière de fiscalité ou dans les questions de politique étrangère, requièrent l’unanimité des Etats membres.

D’après M. Orbán, il est grand temps « qu’au lieu des bureaucrates de la politique étrangère qui produisent des déclarations, les vrais dirigeants de l’Europe, les vrais façonneurs de la politique étrangère, c’est-à-dire les chefs d’État et de gouvernement, prennent en main les grandes questions stratégiques, comme ce fut le cas récemment avec la Russie au Conseil européen. »

« Nous exercerons nos droits garantis par les traités de l’Union européenne, agirons conformément au principe de coopération loyale et œuvrerons pour restaurer le poids et l’autorité de l’Europe en matière de politique étrangère. Nous soutenons les initiatives qui visent à façonner la souveraineté et l’autonomie stratégiques de l’Europe », a-t-il poursuivi.

En guise de conclusion, il soutient qu’il est nécessaire de mettre le holà à l’emballement de la gauche européenne.

Si Heiko Maas est resté diplomate dans ses propos, le secrétaire d’État des Affaires étrangères Miguel Berger, a explicitement critiqué la Hongrie vendredi (4 juin) pour avoir bloqué un certain nombre de mesures et a appelé à « un débat sérieux sur les moyens de gérer les dissidents. »

Ces derniers mois, la Hongrie a bloqué à plusieurs reprises les déclarations de politique étrangère de l’UE sur toute une série de questions, de la Chine à la Palestine.

Elle a également promis de mettre des bâtons dans les roues de l’accord de commerce et de développement Afrique-Pacifique de l’UE, compromettant ainsi des années de négociations sur les questions de migration.

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